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Réforme des retraites : Emmanuel Macron tente de se projeter vers le « jour d’après »

Au moment où son projet de loi est contesté, le chef de l’Etat promet l’ouverture d’un nouveau cycle axé sur la santé, l’éducation ou la transition écologique. Une manière d’enjamber les retraites et de donner de la lisibilité à son second quinquennat.

La vie politique française s’est longtemps laissée aller au fantasme des cent jours. Souvenir d’une lointaine cavalcade – le retour au pouvoir de Napoléon Ier en 1815 avant sa seconde abdication –, cette règle non écrite voudrait qu’un chef de l’Etat profite de ses trois premiers mois pour transformer en profondeur le pays et lancer des projets structurants. Réélu après une campagne atone qui ne lui a pas offert d’état de grâce, entravé par une majorité relative, Emmanuel Macron préfère, lui, miser sur le « jour d’après ».

Au milieu du tumulte sur la réforme des retraites, les proches du président de la République font passer le message qu’après l’adoption de ce projet de loi contesté, une période nouvelle s’ouvrira, celle d’une refondation de la France « pour la préparer aux défis du XXIe siècle », selon les mots de ces conseillers. Une projection dans le futur qui lui permet à la fois d’enjamber la réforme des retraites et de donner un peu plus de lisibilité à son second quinquennat. « L’urgence ne doit pas nous faire oublier le long terme. Notre responsabilité, c’est de préparer l’avenir de notre pays », a souligné Elisabeth Borne, lors de ses vœux à la presse, le 23 janvier.

Les mois défilant, l’Elysée tente ainsi de tisser un « fil rouge » à ce mandat encore un peu flou où le chef de l’Etat n’a pas la totale maîtrise de l’agenda. Au cœur de l’été 2022, Emmanuel Macron aurait aimé se débarrasser plus vite de la réforme impopulaire des retraites. Il a dû gérer l’urgence de l’inflation et passer les longues semaines de l’automne à se pencher sur la tactique parlementaire. Et, pour ne pas rester dans l’imaginaire des Français comme un gestionnaire des crises et des équilibres financiers, il relance, à bas bruit pour le moment, ses idées plus ambitieuses. « Quant à nous, soyons cette génération de bâtisseurs », avait-il déclaré lors de ses vœux, le 31 décembre 2022. Des mots très convenus que son communicant Frédéric Michel avait pourtant pris bien soin de souligner auprès des conseillers de l’exécutif.

Elargir le débat
Ses proches résument donc la suite du quinquennat à plusieurs chantiers immenses : la santé, l’éducation nationale, la rénovation des services publics, la transition écologique et la réforme des institutions. Plusieurs réunions ont eu lieu à l’Elysée au début de l’année sur les deux premières thématiques, les dossiers les plus avancés du Conseil national de la refondation. Alors qu’il redoute de voir Marine Le Pen lui succéder, le chef de l’Etat voudrait laisser une France plus « sereine » à son départ en tentant de résorber la défiance démocratique par un renforcement de la « souveraineté populaire », selon une expression employée en privé par M. Macron. Ces projets paraissent encore assez nébuleux, le président de la République ne voulant fermer aucune porte, alors que son entourage avance plusieurs pistes sur les institutions : une nouvelle forme de décentralisation en supprimant un échelon de collectivités, la proportionnelle et la réduction du nombre de parlementaires, et surtout la nécessité d’une respiration démocratique au cours d’un quinquennat. Ce qui peut vouloir dire découpler les élections législatives de l’élection présidentielle, et alimente les rumeurs sur une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale.

admettent que l’année 2024 sera un nouveau tournant : après les Jeux olympiques et les élections européennes, les prémices de la guerre de succession pourraient apparaître et provoqueraient des tensions dans la majorité, ce qui entravera la capacité de mouvement de l’Elysée. « La gestion du temps est primordiale et Emmanuel Macron a encore la maîtrise des mois à venir, résume l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Lors d’un second quinquennat, la première moitié du mandat repose sur les engagements de la campagne présidentielle et sur l’agenda décidé par l’Elysée. Ensuite, les débats portent souvent sur les propositions et les ambitions des successeurs. » Une autre façon de dire que les cent derniers jours sont souvent inutiles.

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