26 fermetures de classes envisagées en Loir-et-Cher : syndicats et enseignants dénoncent une “logique comptable”

Une délégation de 10 syndicalistes a rencontré la directrice académique Solène Berrivin, ce mardi 31 mars à Blois, de 14h à 19h36 pendant le CSA-SD. Résultat : aucune modification du projet (9 ouvertures, 26 fermetures en Loir-et-Cher). Nouvelle réunion prévue mardi 7 avril.

Par Nawel Thabet / Medaianwplus

Pendant que les manifestants se mobilisaient devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), ce mardi 31 mars à Blois,  une délégation de dix représentants syndicaux était reçue par la directrice académique, Solène Berrivin, de 14h à 19h36.

Au cœur des discussions : le projet de carte scolaire 2026.Dans le Loir-et-Cher, il prévoit 9 ouvertures de classes pour 26 fermetures.Des conditions de travail qui se dégradent, les syndicats alertent sur une réalité de terrain de plus en plus tendue :classes à triple ou quadruple niveau, effectifs dépassant 20 élèves, multiplication des dispositifs (PAP, PPRE, GEVASCO), hausse des risques psychosociaux.
« Les enseignants s’épuisent dans la gestion de l’hétérogénéité », souligne la FSU.
Le constat est clair : « Notre école a besoin d’aide. La prévention est un mot oublié depuis 20 ans. »
Des besoins largement sous-estimés
Selon la co-secrétaire FSU41 Aline Pasnon, le département aurait besoin d’au moins 30 postes supplémentaires.
Or, non seulement 8 postes doivent être supprimés, mais 8 autres sont mobilisés pour les nouveaux Pôles d’appui à la scolarité (PAS). Résultat :« Ce sont 16 moyens en moins pour les classes », dénoncent-ils.

Pour Emmanuel Mercier, co-secrétaire départemental de la FSU41 : « La baisse démographique existe, mais elle ne justifie pas les suppressions de postes. » Il dénonce une orientation budgétaire claire :
« Le gouvernement n’a pour boussole que les économies. L’Éducation nationale doit rendre 1 891 postes. »
Et insiste :« Il y a une réflexion purement comptable : moins d’élèves = moins de moyens. Mais il faudrait au contraire donner plus de moyens pour mieux accompagner les élèves. »

« La baisse démographique existe, mais relative. Le second degré perdrait 10 000 postes ! C’est une réflexion comptable. Conserver les 87 postes retirés permettrait d’ouvrir des classes, créer des RASED pour la prévention oubliée depuis 20 ans, ou des Plus de Maîtres que de Classes partout. »
Une réunion sans avancée concrète
À l’issue de plus de cinq heures de discussions, la déception domine.
Pour Aline Pasnon : « Nous avons défendu les dossiers un par un, mais la directrice académique n’a pas voulu faire évoluer son projet. »

Aline Pasnon, co -secrétaire FSU41, déplore ce mardi 31 mars l’absence d’évolution du projet de carte scolaire après plus de cinq heures de réunion et annonce que les syndicats continueront de défendre chaque dossier lors de la prochaine instance. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Elle prévient : « Rien n’est acté. Nous redéfendrons tous les dossiers lors de la prochaine instance mardi 7 avril. » Et conclut : « La baisse démographique doit être une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage, pas pour supprimer des postes. »