8 mars à Blois : des dizaines de manifestantes en grève féministe contre inégalités, violences et extrême droite

Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées ce dimanche 8 mars à Blois à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. À l’appel d’organisations syndicales, associatives et féministes, le cortège s’est élancé depuis la préfecture avant de rejoindre l’escalier Denis-Papin pour dénoncer les inégalités salariales et les violences faites aux femmes.

Par Nawel Thabet / Medianawplus 

Le rassemblement s’est tenu ce dimanche devant la préfecture, avant que le cortège ne rejoigne le pied de l’escalier Denis-Papin, où plusieurs prises de parole ont été organisées par Cristelle Béronger de la FSU41, Gina Mariano du Collectif des droits des femmes, Mélodie Dorient du Planning familial, Christine Bariaud, Co-SG de la CGT 41 et Dominique Hussaud de Solidaires.

Plusieurs prises de parole ont ponctué la mobilisation ce dimanche 8 mars à Blois, notamment celles de Cristelle Béronger (FSU 41), Gina Mariano (Collectif des droits des femmes), Mélodie Dorient (Planning familial), Christine Bariaud, co-secrétaire générale de la CGT 41, et Dominique Hussaud (Solidaires). Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

À l’appel de la CGT, de la FSU, de Solidaires, du Planning familial, du Collectif des droits des femmes et du mouvement Nous Toutes, les manifestantes et manifestants ont dénoncé les inégalités salariales, les violences sexistes et sexuelles, ainsi que les politiques jugées défavorables aux droits des femmes.
Plusieurs formations politiques de gauche étaient également présentes, parmi lesquelles le Parti socialiste, le Nouveau Parti anticapitaliste, le Parti communiste et La France insoumise. Des candidats aux prochaines élections municipales de 2026 à Blois ont aussi participé au rassemblement.
Malgré le contexte festif du carnaval de Blois, les organisateurs ont finalement obtenu l’autorisation de défiler avant le début des festivités.

« Nous sommes en grève avec nos sœurs du monde entier »

Face aux « impérialismes, droites et extrêmes droites partout dans le monde », les organisatrices appellent à la grève du travail et des tâches domestiques : « Sans les femmes, tout s’arrête ». Solidarité exprimée avec les femmes d’Iran, Afghanistan, Palestine, Soudan, Rojava, Venezuela, Ukraine et Groenland, luttant contre guerres, génocides et multinationales. Slogans : « Nous sommes en grève avec nos sœurs du monde entier », « Nous sommes tous des enfants de Gaza », drapeaux palestiniens et libanais.

Des slogans de solidarité internationale, dont « Nous sommes en grève avec nos sœurs du monde entier » et « Nous sommes tous des enfants de Gaza », ont été scandés dans le cortège, où flottaient également des drapeaux palestiniens et libanais. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Lors des prises de parole, les intervenantes ont insisté sur la dimension internationale de la mobilisation.
« Nous sommes en grève avec nos sœurs du monde entier », ont déclaré plusieurs militantes, évoquant la solidarité avec les femmes confrontées aux conflits, aux régimes autoritaires ou aux discriminations dans de nombreuses régions du monde.
Des slogans tels que « Solidarité avec les peuples du monde entier », « Du fric pour les services publics » ou encore « Siamo tutti antifascisti » ont été scandés par les manifestants. Des drapeaux palestiniens et libanais étaient également visibles dans le cortège.

Inégalités et violences au cœur des revendications

Les organisations féministes ont rappelé plusieurs chiffres marquants pour dénoncer les inégalités persistantes : près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie, selon l’OMS ; 20 % des femmes déclarent avoir subi du harcèlement sexuel au travail ;
les femmes perçoivent en moyenne un salaire inférieur de 25 % à celui des hommes et des retraites plus faibles de 40 %.

Les manifestantes ont également dénoncé la répartition inégale des tâches domestiques, rappelant que 80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour aux tâches ménagères ou à la cuisine, contre 36 % des hommes. 62% des salariés au SMIC sont des femmes ; 70% des bénéficiaires des banques alimentaires. 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, plus d’une famille monoparentale sur 3 ; 300 000 sans-abri, dont 3 000 enfants.

Revendications : hausse des salaires, minima sociaux, logements sociaux, retraite à 60 ans, services publics renforcés, égalité salariale, 32h/semaine, abrogation loi immigration.

Stop aux violences sexistes et sexuelles

une femme sur trois victime de violences conjugales/sexuelles (OMS) ; 20% de harcèlement sexuel au travail. Exigence d’une loi-cadre intégrale, 3 milliards € pour victimes, éducation non sexiste au consentement dès l’école, moyens pour associations. Dénonciation des subventions à des structures « prétendument féministes » comme Familya à Orléans.

Un appel à amplifier la mobilisation

Au-delà de la journée du 8 mars, les organisations participantes ont appelé à poursuivre la mobilisation contre les violences sexistes et les inégalités économiques.
Elles demandent notamment : l’égalité salariale, la revalorisation des métiers majoritairement féminins,
davantage de moyens pour les associations d’aide aux victimes, ainsi que le renforcement des services publics, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la petite enfance.
Pour les organisateurs, cette mobilisation constitue aussi un signal politique à l’approche des élections municipales, avec la volonté de construire une opposition large face à la progression de l’extrême droite.

Anticiper les municipales 2026

Avec les élections municipales en mars, appel à une « opposition unie et radicale antifasciste » contre l’extrême droite. Présence de candidats de gauche : Marc Gricourt (PS), Nicolas Orgelet, Michel Vila. Le 8 mars marque le début d’une mobilisation antifasciste locale.