À LFI, Mélenchon se projette vers 2027 et promet de censurer le budget Lecornu

En clôture des universités d’été de La France insoumise, dimanche 23 août dans la Drôme, Jean-Luc Mélenchon a affirmé qu’une victoire était possible en 2027. Il a présenté LFI comme une force « prête à gouverner », promis de censurer le budget du gouvernement Lecornu et défendu la création d’une « France des écorégions ».

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Jean-Luc Mélenchon a donné le ton de la rentrée politique de La France insoumise. En clôture des universités d’été de son mouvement, ce dimanche 23 août 2026 à Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, le leader insoumis a assuré qu’une victoire à l’élection présidentielle de 2027 était possible.

« La victoire est possible », a-t-il lancé devant les militants, en présentant La France insoumise comme une formation prête à exercer le pouvoir dès 2027. Le discours a largement porté sur le changement climatique, la transformation de l’État et la préparation des prochaines échéances électorales.

Une charge contre le budget Lecornu

Jean-Luc Mélenchon a également annoncé que les députés insoumis censureraient le projet de budget 2027 du gouvernement de Sébastien Lecornu.

Dénonçant un budget de « coupes rases », il a accusé le Premier ministre de préparer des mesures susceptibles d’aggraver les difficultés économiques et sociales du pays. « Une fois de plus, nous le censurerons », a-t-il déclaré, alors que le projet de loi de finances doit être présenté à l’automne.

Cette position place d’emblée LFI dans une opposition frontale au gouvernement, avant même que le contenu définitif du budget ne soit connu.

« Il est vital de tout changer » face au climat

Le changement climatique a occupé une place centrale dans le discours de Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, les canicules, les incendies et les dérèglements environnementaux imposent une transformation profonde des modes de vie, de production et d’échange.

« Il est vital de tout changer », a-t-il affirmé, en appelant à la création d’un État écologique capable d’organiser la réponse aux crises climatiques. Il a notamment critiqué la gestion des dernières catastrophes et mis en cause la responsabilité des gouvernements dirigés par Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Gabriel Attal.

Pour les pompiers, le responsable de LFI a estimé que les hommages ne suffisaient plus. Il a promis un renforcement des moyens consacrés à la sécurité civile, la relance de certains métiers liés à la forêt et la création de bombardiers d’eau français.

Le projet d’une France des « écorégions »

Jean-Luc Mélenchon a également défendu son projet de réorganisation territoriale autour d’« écorégions ».

Ces nouvelles entités seraient définies à partir des bassins versants des cours d’eau plutôt que des limites administratives actuelles. Elles auraient notamment la responsabilité de l’eau, de l’air, des forêts, des sols, des mobilités, de l’économie circulaire et de la santé environnementale.

L’objectif affiché est de mieux coordonner les politiques publiques face au dérèglement climatique et de rapprocher les décisions des réalités écologiques des territoires. LFI envisage également de donner à ces écorégions un pouvoir normatif dans plusieurs de ces domaines.

LFI veut apparaître comme une force de gouvernement

À huit mois de l’élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon a voulu présenter son mouvement comme une alternative prête à gouverner.

Il a opposé son projet d’« État écologique » à ce qu’il décrit comme l’inaction des gouvernements précédents. La France insoumise entend désormais structurer sa campagne autour de la planification écologique, de la transformation institutionnelle et de la rupture avec les politiques économiques actuelles.

Ce discours de rentrée intervient alors que les débats sur l’union de la gauche et la stratégie présidentielle commencent à s’intensifier. Jean-Luc Mélenchon a choisi de mettre en avant l’autonomie de LFI, en défendant une ligne de rupture et en affirmant que son mouvement dispose déjà d’un projet pour 2027.