Blois : des éleveurs en colère contre les abattages massifs liés à la maladie DNC
- Nawel THABET
- 10 décembre 2025
- Centre Val de Loire
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Ce mercredi 10 décembre 2025, une dizaine d’éleveurs de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne ont mené une action coup de poing devant la préfecture de Loir-et-Cher à Blois, bloquant la circulation. Ils dénoncent la décision de l’État d’ordonner l’abattage massif des troupeaux dès qu’un cas de maladie DNC est détecté chez les bovins, une mesure jugée disproportionnée et déconnectée du terrain.
Par Nawel THABET / Medianawplus
Partout en France, la colère des éleveurs monte face aux abattages systématiques de bovins dès qu’un cas de maladie DNC est détecté dans un troupeau. À Blois, en Loir-et-Cher, ce mercredi 10 décembre, la Coordination rurale et la Confédération paysanne ont décidé de se mobiliser ensemble devant la préfecture pour dénoncer une politique sanitaire qu’ils estiment injuste et destructrice pour leurs exploitations. La mobilisation de ces deux syndicats, souvent opposés sur d’autres sujets, illustre l’ampleur de la colère dans le monde agricole.
Abattages massifs : une décision jugée disproportionnée
Les éleveurs rappellent que, dans certains départements, les chiffres sont déjà lourds : 83 vaches abattues dans le Doubs la semaine précédente, et 208 prévues en Ariège après la détection d’un seul cas de DNC dans un troupeau. Pour eux, ces décisions prises au nom du principe de précaution ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité du terrain ni de l’impact économique et moral pour les exploitations.
« On manque de références scientifiques »
Pour Axel Masson, secrétaire général de la Coordination rurale de Loir-et-Cher, le problème dépasse largement le cadre départemental : il concerne tous les éleveurs de France. Il se félicite qu’aucun cas de DNC n’ait été détecté à ce jour dans le Loir-et-Cher, mais veut anticiper :
« Heureusement que nous n’avons détecté aucun cas en Loir-et-Cher, mais on se projette vers l’avenir pour s’opposer à cette décision de l’État. Nous proposons de mettre les bovins sous quarantaine, sachant bien que chaque élevage a son vétérinaire qui surveille, sans abattre tout le troupeau, surtout que ce n’est pas transmissible à l’homme. Aujourd’hui, on manque de références scientifiques pour savoir ce qu’est vraiment ce virus. »
Il regrette par ailleurs l’absence des autres syndicats agricoles et cite l’exemple du Cher où une intersyndicale a été mise en place pour avancer ensemble.
Quarantaine plutôt que massacre : ce que demandent les éleveurs
Les syndicats présents défendent une autre approche :
Mise sous quarantaine des bovins concernés.
Suivi vétérinaire renforcé au sein de chaque élevage.
Fin de la logique d’abattage systématique de troupeaux entiers.
Selon eux, la maladie DNC n’étant pas transmissible à l’être humain, des mesures graduées et encadrées suffiraient à protéger les élevages sans détruire des années de travail.
Et maintenant ? Un rendez-vous avec le préfet
Un rendez-vous est d’ores et déjà prévu la semaine prochaine à la préfecture de Loir-et-Cher avec le préfet Joseph Zimet. Les représentants de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne espèrent y obtenir des réponses et l’ouverture d’une réflexion nationale sur la gestion de la DNC. Mais tous le rappellent : le dossier dépasse les frontières du département et appelle une décision au niveau de l’État.

