Blois : des manifestants dénoncent « l’enlèvement » de Nicolás Maduro et l’impérialisme américain
- Nawel THABET
- 5 janvier 2026
- Centre Val de Loire, Société
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Des dizaines de militants syndicaux, politiques et associatifs se sont rassemblés à Blois, ce lundi 5 janvier 2026, pour dénoncer la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis et exprimer leur solidarité avec le peuple vénézuélien.
Par Nawel THABET / Medianawplus
Des dizaines de personnes se sont réunies lundi 5 janvier 2026, place de la Résistance à Blois, à l’appel de syndicats, de partis de gauche et d’associations, pour dénoncer la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis et alerter sur les risques que cette situation ferait peser sur la paix mondiale. Entre slogans contre « l’impérialisme américain » et critiques de la position d’Emmanuel Macron, les manifestants ont affiché leur solidarité avec le peuple vénézuélien.
Place de la Résistance, une colère contre Washington
« L’impérialisme, c’est la guerre. En Palestine comme au Venezuela, défendons le droit des peuples à l’autodétermination », peut-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants. Dans le froid de ce lundi 5 janvier, les slogans résonnent place de la Résistance, à Blois.
Ils sont plusieurs dizaines — militants de La France insoumise, du NPA, de la CGT 41, de la FSU 41, de Solidaires 41 et de l’association France Palestine Solidarité 41 — à avoir répondu à l’appel. Tous dénoncent l’opération militaire américaine et la capture, samedi, du président vénézuélien Nicolás Maduro, transféré pour être jugé à New York ce lundi.
« Cette invasion remet en cause la paix dans toute la région et dans le monde », scande Claudio Serenelli, porte-parole de La France insoumise. Le mouvement dénonce une intervention « illégale et illégitime », accusant les États-Unis de violer le droit international et de chercher à imposer un changement de régime au Venezuela.
« Ce n’est pas à Washington de décider de l’avenir du Venezuela », poursuit au mégaphone un représentant du Nouveau Parti anticapitaliste. La France insoumise appelle par ailleurs le gouvernement français à condamner clairement cette intervention et à défendre la souveraineté du pays, estimant que la situation fait peser de graves risques sur la paix régionale et mondiale.

Témoignage vénézuélien : “J’ai une peur bleue pour l’avenir de mon pays”
Dans la foule, Noélia, Vénézuélienne installée à Blois, fait part de sa sidération. Elle se dit « choquée et indignée » par ce qu’elle qualifie d’« enlèvement » et fustige la « réaction légère » du chef de l’État français, qui n’aurait pas, selon elle, dénoncé clairement le non-respect du droit international.
« J’ai une peur bleue pour l’avenir du Venezuela », confie-t-elle, inquiète des conséquences politiques et humaines de cette intervention.
« À qui le tour ? » : droit international et risques d’embrasement
Pour Frédéric, cette opération américaine s’inscrit dans une logique plus large : « Les États-Unis considèrent ce continent comme le leur. On a l’impression que les grandes puissances — la Chine, la Russie et les États-Unis — cherchent à se partager le monde. Le peuple vénézuélien est le seul à pouvoir décider de son avenir. »
Il déplore un « droit international bafoué » et s’interroge : « Que fait l’ONU ? Où est l’OTAN ? Et à qui le tour ? » Jean-Louis, membre de Solidaires, élargit encore le champ des inquiétudes : « Je suis inquiet pour le Groenland, le Canada, l’Ukraine, la Palestine : tous ces pays que les États-Unis ont abandonnés. »

Aline, militante FSU41, s’interroge quant à elle sur les limites de Donald Trump : « On se demande où est la limite de Trump. Il s’arroge un pouvoir comme s’il était un empereur. C’est un pas dramatique que de capturer le président d’un État, notamment pour mettre la main sur des ressources pétrolières. »
Macron vivement critiqué pour sa réaction
Les manifestants n’ont pas oublié la première réaction d’Emmanuel Macron, qui a salué « la fin de la dictature Maduro » avant d’appeler à « une transition pacifique et démocratique au Venezuela ». Pour Emmanuel Mercier, de la FSU 41, il est nécessaire de faire pression sur le gouvernement français : « Avec sa déclaration, Macron légitime cette agression et bafoue le droit international. Il y a deux poids deux mesures : ce que l’on demande pour l’Ukraine afin que la guerre cesse devrait être exigé aujourd’hui pour le Venezuela et pour la Palestine. »

En fin de rassemblement, l’association France Palestine Solidarité 41 a également tenu à « marquer sa solidarité avec le peuple vénézuélien comme avec le peuple palestinien », établissant un lien entre les luttes de différents peuples face aux interventions étrangères et aux logiques de puissance.

