Blois : les hommes, acteurs clés de la lutte contre les violences faites aux femmes — un mois de mobilisation en Loir-et-Cher
- Nawel THABET
- 17 novembre 2025
- Centre Val de Loire
- #Loir-et-Cher, #Préfet 41, Blois, DDETSPP 41., slider, Violences faites aux femmes
À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Loir-et-Cher met l’accent sur le rôle des hommes dans la prévention et la lutte contre le sexisme. Tables rondes, signatures de conventions et actions innovantes jalonneront un mois de mobilisation marquée par l’engagement des institutions, associations et partenaires locaux.
Par Nawel THABET / Medianawplus
À Blois, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes se traduit cette année par une programmation inédite portée par le thème : « Quel rôle pour les hommes dans la prévention et la lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes ? ».
Ces enjeux seront au cœur d’un mois d’actions, de tables rondes et de rencontres organisées du 3 novembre au 19 décembre 2025 par la préfecture et la DDETSPP 41.
Une mobilisation exceptionnelle 2025
Ce lundi 17 novembre, Daniel Ramelet, directeur départemental de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP 41), et Séverine Luj, déléguée départementale aux droits des femmes, ont présenté les nouveautés du programme 2025, qualifié de « plus dense et plus innovant depuis la création de cette mobilisation départementale en 2012 ».
Au-delà des actions habituelles, une journée forte est annoncée le mardi 25 novembre en préfecture, sous l’égide du préfet Joseph Zimet, avec des prises de parole institutionnelles et deux tables rondes rassemblant l’ensemble des professionnels concernés.
« 94 % des Français pensent que les hommes ont un rôle à jouer »
Pour Séverine Luj, l’orientation choisie cette année n’a rien d’anodin : « On a souhaité entrer par cet angle, en lien avec le dernier rapport de 2024 : 94 % des Français considèrent que les hommes ont un rôle à jouer dans la prévention et la lutte contre le sexisme dans la société. »
Elle insiste sur une mobilisation inédite : « On observe une belle implication de tous les partenaires, et même de nouveaux, comme la Banque de France. »
Parmi les actions nouvelles, elle cite la projection-débat “Violences conjugales”, cofinancée par la Direction des droits des femmes 41 et le ministère de la Justice.
Une lutte qui doit aussi cibler les auteurs : “la clé”
Pour la DDETSPP 41, il ne s’agit plus seulement de protéger les victimes :« La prise en charge des auteurs est vraiment la clé pour favoriser la lutte contre la violence », souligne Séverine Luj.
La gendarmerie départementale lance cette année le hashtag #MobilisésPourElles, destiné à rassembler tous les partenaires autour d’une communication commune.
« Déposer plainte n’est plus un sujet individuel : c’est devenu l’affaire de tous »
Daniel Ramelet rappelle que la mobilisation doit être collective : « La question d’aller déposer plainte pour les victimes n’est aujourd’hui ni sociale, ni territoriale : elle est devenue l’affaire de tous. »
Il insiste également sur la continuité des moyens financiers : « Contrairement à d’autres secteurs, la politique des droits des femmes n’a pas un budget à la baisse. En 2025, les subventions ont même été revues à la hausse. Ce n’est pas énorme, mais c’est une bonne surprise. »
Nouveauté 2025 : faciliter l’accès à l’emploi et au transport pour les victimes
Séverine Luj rappelle l’importance de l’autonomie économique :« L’indépendance économique des victimes commence par un élément simple : pouvoir se déplacer. »
Deux conventions seront signées le 25 novembre :
Le matin, après les discours institutionnels, deux nouvelles conventions seront signées : l’une pour faciliter les déplacements des femmes victimes de violences grâce au dispositif « Bons Taxi », l’autre pour renforcer l’accompagnement vers l’emploi, portée par l’État, France Travail et le CIDFF41. « La prise en charge des auteurs est vraiment la clé pour favoriser la lutte contre la violence », insiste Séverine Luj, déléguée départementale aux droits des femmes et à l’égalité, qui rappelle également : « Il existe une véritable mobilisation collective de tous les partenaires, et même de nouveaux venus comme la Banque de France. »
Ce même 25 novembre, l’après-midi sera consacrée à une table ronde sur le rôle déterminant des hommes dans la lutte contre le sexisme, avec présentation du baromètre 2024 du Haut Conseil à l’Égalité. Un chiffre-clé en ressort : 94 % des Français considèrent que les hommes ont un rôle majeur à jouer dans la prévention du sexisme. Pour Séverine Luj, « cette année marque un tournant, puisque l’indépendance économique des victimes et leur accompagnement dans tous les aspects de leur vie sont mis à l’honneur, y compris le soutien au transport, la prise en charge des frais de déplacement, et l’aide au retour à l’emploi ».
Pourquoi cette thématique en 2025 ?
Le Baromètre du sexisme 2024, publié en janvier 2025, dresse un constat alarmant : le sexisme structurel persiste malgré une prise de parole croissante, les violences sexistes et sexuelles restent massives et l’“affaire Pélicot” a rappelé que l’homme violent n’est pas un “autre”, mais peut être un homme ordinaire.
C’est ce qui a motivé le choix du thème : interroger le rôle des hommes, non seulement dans les violences, mais aussi dans les solutions.
Un réseau qui tient grâce à la solidarité
L’édition 2025 met aussi en avant la solidarité du réseau associatif :« Le travail du réseau reste essentiel. Ce n’est pas seulement une question de budget : beaucoup repose sur la solidarité naturelle et l’élan collectif des acteurs. », se réjouit Daniel Ramelet de la force du maillage territorial.
Une journée du 25 novembre centrée sur l’action
La préfecture accueillera : des prises de parole officielles (préfet, police, gendarmerie, justice),
des signatures de conventions, une table ronde sur la place des hommes dans la lutte contre le sexisme, animée par Daniel Ramelet.
En France, la situation reste alarmante : 272 382 victimes de violences conjugales et 122 600 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées en 2024, la très grande majorité étant des femmes. Les initiatives portées cette année dans le Loir-et-Cher illustrent l’engagement croissant pour faire évoluer les mentalités, associer tous les citoyens et multiplier les solutions concrètes pour protéger et accompagner les femmes victimes de violences.

