Blois : le préfet en visite aux urgences de l’hôpital Simone-Veil pour une nuit de Saint-Sylvestre sous tension

Dans la continuité de sa tournée des services de garde pour la nuit du réveillon, le préfet du Loir‑et‑Cher, Joseph Zimet, s’est rendu ce mercredi 31 décembre 2025 au service des Urgences du centre hospitalier Simone‑Veil de Blois, puis au centre SIAO–115. Objectif : saluer les équipes qui assurent la continuité des soins et de l’hébergement d’urgence pendant la nuit de la Saint‑Sylvestre. Il était accompagné du maire de Blois Marc Gricourt et de la présidente de l’Agence régionale de santé du département, Caroline Janvier.

Par Nawel THABET / Medianawplus

Aux urgences de l’hôpital, le préfet rencontre médecins urgentistes, internes, étudiants en médecine, infirmières, cadres infirmiers et les deux équipes du SMUR 41 mobilisées pour la garde du 31 décembre. Le chef de service, le docteur Akli Chekroun, rappelle que le principal problème reste le manque de médecins : pour cette nuit de la Saint‑Sylvestre, le service fonctionne avec trois urgentistes, deux internes et deux étudiants en début de soirée, mais « à partir de minuit, un seul médecin assure la nuit tout seul aux côtés d’un interne, avec bien sûr une équipe d’infirmières ».

Il alerte aussi sur les outils : le logiciel de régulation téléphonique du 15, montre ses limites et il souhaite passer à une nouvelle version, ainsi qu’à « zéro papier » pour numériser le service. Le SAS (Service d’accès aux soins) a, cette année, exploré l’interface entre le 18 et le 15, mais les moyens humains restent insuffisants.

La médecin régulatrice, Christine Roblot, décrit une réalité très concrète : « Aujourd’hui, je suis toute seule à réguler avec une interne, je fais une garde de 24 heures. On gère 30 dossiers par heure, cela veut dire un dossier toutes les deux minutes, et parfois on se retrouve seules pour assumer tous les appels. S’il n’y a qu’une seule voie de péage, on ne va pas augmenter le débit : c’est trivial, mais c’est l’image de la réalité médicale. »

La docteure Christine Roblot , médecin régulatrice au SAS des Urgences de l’hôpital de Blois expose le manque des médecins régulateurs à la directrice de départementale de l’ARS en Loir-et-Cher Caroline Janvier ce mercredi 31 décembre 2025. Crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

Le Chef des urgences, Akli Chekroun donne quelques chiffres qui parlent d’eux‑mêmes : les 18 personnes mobilisées au SAS reçoivent 200 000 appels par an, dont 64 000 dossiers régulés par un médecin, avec 394 sorties SMUR par an. Le service des urgences de Blois enregistre environ 49 000 passages annuels, soit près de 110 passages par jour.

Pour le médecin urgentiste et smuriste Benjamin Turpin, la journée du 31 décembre a été « relativement calme » jusqu’à 18 h, avec six sorties sur accidents et deux arrêts cardiaques pris en charge. Une accalmie relative avant une nuit toujours imprévisible.

Le préfet du Loir-et-Cher Joseph Zimet salue le médecin urgentiste du SMUR41 Benjamin Trupin mobilisé pour la nuit de la saint Sylvestre. Crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

Le préfet rassure les équipes sur le projet de nouvel hôpital : « Construire un hôpital du XXIᵉ siècle est un objectif qui avance. C’est le premier dossier que le maire m’a présenté à mon arrivée à la préfecture», souligne Joseph Zimet.
La cadre des infirmières attire, elle, l’attention sur un phénomène préoccupant : la consommation détournée de protoxyde d’azote, notamment chez les jeunes. Ce gaz dit « hilarant », inhalé pour ses effets euphorisants et vendu sous forme de cartouches ou de bonbonnes, peut entraîner des atteintes neurologiques graves, parfois irréversibles. Une équipe pluridisciplinaire de l’hôpital tire la sonnette d’alarme.

Le maire de Blois, Marc Gricourt, rappelle que la ville a ramassé l’an passé près de 100 tonnes de ces bonbonnes sur les bords de route. Face à cette situation, le préfet Joseph Zimet indique travailler à la recherche d’un cadre juridique adapté pour prendre un arrêté restreignant, voire interdisant, la vente de ces bonbonnes de protoxyde d’azote sur le territoire.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.