Blois : les 120 ans de la loi de 1905 expliqués aux collégiens à travers la laïcité et le sport
- Nawel THABET
- 9 décembre 2025
- Centre Val de Loire
- #Préfecture de Blois, éducation à la laïcité, jeunes et laïcité, laïcité, loi 1905, séparation Église État, slider
Le 9 décembre 2025, à l’occasion des 120 ans de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, la préfecture de Loir-et-Cher à Blois a accueilli ce mardi des collégiens pour une journée d’éducation à la laïcité. Ateliers, podcats, échanges autour du sport, de la citoyenneté et des valeurs républicaines ont permis aux jeunes de mieux comprendre ce principe au cœur de la République et du système éducatif.
Par Nawel THABET / Medianawplus
Ce mardi 9 décembre 2025 marque les 120 ans de la loi de 1905 qui organise la séparation des Églises et de l’État et consacre la liberté de conscience et la liberté religieuse. Cette loi est considérée comme le texte fondateur de la laïcité à la française, principe régulièrement au cœur des débats mais indispensable au fonctionnement de l’école publique et des services publics. À Blois, cet anniversaire a été l’occasion d’en faire un véritable temps pédagogique à destination des jeunes.
Des collégiens de Blois à la préfecture pour « définir la laïcité »
Deux classes de 3e du collège des Provinces de Blois accompagnés de leurs professeures ont été invitées à la préfecture pour travailler sur la notion de laïcité, sous la coordination de la ligue de l’enseignement et de Luc Terrières, référent laïcité et vivre-ensemble à la préfecture. Les élèves ont été amenés à réfléchir concrètement à ce principe, à en comprendre l’histoire et l’esprit, à travers des échanges, des mises en situation et des exemples tirés de leur quotidien. L’objectif : sortir des polémiques pour revenir au cadre républicain qui permet à tous de vivre ensemble dans le respect de chacun.
Pour leurs professeures accompagnatrices en histoire-géographie, français et sport – Isaline Vasselin, Hélène Dupont, Julie Boitard et Alexandrine Grepilloux –, cette participation s’inscrit dans le cadre de leur projet de « pavés de mémoire Stolpersteine » en l’honneur de la famille Strassburger.
La Ligue de l’enseignement mobilisée : podcasts, concours et soirée citoyenne
La déléguée générale de la Ligue de l’enseignement de Loir-et-Cher, Anaïs Saillau, rappelle que la journée s’inscrit dans une programmation plus large. Le matin, des podcasts sur la laïcité réalisés par des élèves du collège François-Rabelais et par des personnes détenues à la maison d’arrêt ont été présentés. « Près d’une centaine d’élèves ont investi la préfecture pour comprendre ce que signifie la laïcité », souligne-t-elle.
Toutes les écoles du 1er degré du département ont, par ailleurs, participé à un concours sur la laïcité. Le soir, à l’auditorium Abbé-Grégoire, la Ligue propose une écoute de podcasts, une exposition des travaux d’élèves, une conférence de Renaud Rochette sur « La laïcité, une exception française ? » et la projection du film « Les trois vies du Chevalier ».
La laïcité au prisme du sport : un terrain concret pour les jeunes
L’après-midi, les collégiens ont travaillé sur « laïcité et sport » avec Maxence Léon-Leverd, inspecteur de la Jeunesse et des Sports au SDJES. À partir du guide de la laïcité dans le sport, il a présenté le rôle du sport comme espace de fraternité et de vivre ensemble, puis mis les élèves en situation sur des cas pratiques : voiles dans une salle privée, turban sikh pour un arbitre, prière collective dans un vestiaire municipal, repas confessionnels à l’INSEP. Ces exemples ont permis de montrer où s’applique la neutralité, ce qui relève de la liberté individuelle, et comment concilier respect des convictions et règles communes.

Exemples concrets
Voile dans une salle privée: Interdiction ? Non. Un établissement privé ne peut invoquer la laïcité pour interdire un signe religieux.
Arbitre portant un turban sikh: Autorisé ? Non. L’arbitre est soumis à un devoir strict de neutralité.
Prière collective dans un vestiaire municipal: Problème ? Oui, si elle exclut, dérange ou privatise un espace public.
Demande de menus halal ou casher à l’INSEP: Obligation ? Non. Le service public n’a pas à proposer des repas ritualisés.
Le CDOS 41 : « faire du sport une école de citoyenneté »
Le représentant du Comité Départemental Olympique et Sportif (CDOS 41),Julien Audébert, a insisté sur la dimension citoyenne du sport. Fraternité, vivre ensemble, valeurs républicaines : il rappelle que, bien appliquées, les règles permettent au sport de rester un lieu d’inclusion et de respect. Il a présenté les actions du CDOS contre les violences dans le sport et les outils mis à disposition des clubs pour prévenir les dérives. Objectif 2026 : renforcer l’accompagnement du mouvement sportif et des collectivités, notamment à travers la commission « Sport sans violence ».

Associations de terrain : laïcité, quartiers et jeunesse
La journée a aussi donné la parole aux associations qui font vivre au quotidien la laïcité dans les quartiers. Hasna Fraisse, présidente de l’association « Fête des habitants d’ici et d’ailleurs », est revenue sur le rôle des activités sportives et culturelles auprès des familles et des mamans dans les cités. Isabelle Bourges, présidente de « Fête le Mur », a présenté les actions de son association autour du tennis, comme la « Journée du P’tit Fêtemurien », qui mêle pratique sportive et éducation alimentaire. Ces initiatives montrent que la laïcité se vit concrètement par la rencontre, le partage et la mixité dans les activités.
Bruno Genini, directeur de la Maison de la BD, a présenté deux bandes dessinées traitant de la laïcité :
« Comment la loi de 1905 fut votée », d’Arnaud Bureau (scénariste) et Alexandre Franc (dessinateur), éd. Delcourt, 2025.
Cet album illustre la laïcité à travers des exemples concrets, comme la neutralité et l’équité : l’enseignant transmet des connaissances scientifiques sans jugement ni influence, permettant à chacun de réfléchir en toute liberté de conscience.
« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »

Une laïcité à faire vivre au quotidien
Pour les organisateurs comme pour les élus, cette journée du 9 décembre rappelle que la laïcité n’est pas qu’un principe juridique, mais une réalité à faire vivre au quotidien. Elle garantit à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire, tout en assurant la neutralité de l’État et des services publics.La chargée de mission à l’intégration républicaine, aux droits des femmes et à la mémoire rappelle que cette journée du 9 décembre montre combien la laïcité doit se vivre chaque jour, afin de renforcer le vivre-ensemble.
En mobilisant arts, culture, sport et éducation, la Ligue de l’enseignement et ses partenaires veulent montrer que la laïcité est un levier pour lutter contre les discriminations, respecter les différences et renforcer la cohésion sociale.

