Blois : taxis et agriculteurs unis dans la colère — une nouvelle mobilisation prévue en décembre
- Nawel THABET
- 24 novembre 2025
- Centre Val de Loire, Société
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La journée de mobilisation des taxis et des agriculteurs s’est achevée, ce lundi 24, novembre 2025, par un rassemblement devant la préfecture de Loir-et-Cher, à Blois. Après douze heures d’actions et d’opérations escargot sur les routes du département, une troisième journée de mobilisation en décembre se profile, après celles du 19 mai et du 24 novembre.
Par Nawel THABET / Medianawplus
Une mobilisation d’ampleur : Dès 7 h du matin, plus de 30 tracteurs et 50 taxis se sont rassemblés sous la bannière de la Coordination rurale (CR) et de l’Union nationale des taxis (UNT 41). Leur objectif : interpeller le gouvernement sur la baisse de leurs revenus, conséquence selon eux de décisions nationales qui fragilisent leurs professions.
La colère du monde rural a rythmé cette journée du 24 novembre, en Loir-et-Cher.Une centaine de véhicules a paralysé plusieurs axes routiers majeurs autour de Blois : RN10, A10, rond-points, rue Louis-Armand, la Patte-d’Oie, La Chapelle-Vendômoise et Saint-Amand-Longpré. L’opération, ponctuée par un rassemblement devant la préfecture, symbolise l’union inédite d’agriculteurs et de taxis pour interpeller le gouvernement.
Des agriculteurs sous pression : « Nos revenus baissent, nos charges explosent »
Pour les agriculteurs, la situation est alarmante.« Nos revenus sont en baisse et nos charges s’envolent », alerte Frédéric Prégeant, président de la CR 41. Il pointe une baisse de 20 % des aides de la PAC et l’impact des accords de libre-échange, notamment avec le Mercosur.
« Le marché est grand ouvert et on nous inonde de produits à bas coût, comme le poulet ou le blé ukrainien », dénonce-t-il.
Il met également en garde : « Si rien ne change, on va perdre la moitié de nos agriculteurs : de 400.000 aujourd’hui, ils seront 200.000 d’ici trois ou quatre ans. »
Dans l’après-midi, Frédéric Prégeant a échangé avec le préfet Joseph Zimet, qui a assuré « comprendre la situation », tout en rappelant que les décisions relèvent du niveau national.
Les taxis face au déremboursement : « Une baisse de chiffre d’affaires jusqu’à 40 % »
Les taxis protestent contre la réforme entrée en vigueur le 1er novembre, qui prévoit le déréférencement de certaines courses sanitaires.
« L’accès aux soins doit être le même pour tous, mais avec les nouveaux tarifs, nous ne pouvons plus transporter nos clients comme avant », explique Pierre Bouffart, président de l’UNT 41.
La réforme provoque pour la profession une chute brutale d’activité :« Jusqu’à 40 % de chiffre d’affaires en moins, c’est intenable. » et « nos clients sont les premiers pénalisés. On est dans une impasse.»
Reçus par le directeur de la CPAM 41, Sébastien Martine, et sa sous-directrice Lembakoali-Barthel Chantal, les représentants des taxis affirment que la réponse reste la même :
« Ils attendent les décisions nationales. »
Une troisième journée de mobilisation en préparation
Des ralentissements majeurs ont ponctué la journée, tandis que forces de sécurité et services de l’État sont restés mobilisés pour accompagner ce mouvement.
Face à l’absence de réponses concrètes, taxis et agriculteurs annoncent déjà une nouvelle action en décembre.« Si rien n’avance, nous reviendrons en décembre », promettent les responsables syndicaux.
La colère ne faiblit pas, et les deux professions entendent maintenir la pression sur le gouvernement.

