Crise agricole : le préfet de Loir-et-Cher veut traiter “les causes profondes du mal-être économique” des agriculteurs
- Nawel THABET
- 13 janvier 2026
- Centre Val de Loire
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En marge de ses vœux à la presse, ce mardi 13 janvier, le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, a longuement détaillé sa vision de la crise agricole qui secoue le département depuis décembre, assurant maintenir un “dialogue constant” avec tous les syndicats et se disant “paradoxalement assez optimiste” quant à la reprise du travail collectif avec le monde agricole.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, assure mener un dialogue “constant” avec l’ensemble des syndicats agricoles du département et se dit “paradoxalement assez optimiste” sur la capacité collective à “se remettre au travail” pour répondre au désespoir du monde paysan.
Joseph Zimet reconnaît d’emblée l’ampleur de la crise : “Nos agriculteurs sont en colère, ils manifestent depuis le mois de décembre.” Il affirme mener “un dialogue étroit” avec les agriculteurs de Loir-et-Cher, en recevant “toutes les sensibilités” : Coordination rurale, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, FNSEA.
Le préfet insiste sur la nécessité de garder le lien ouvert : “J’ai essayé de garder un dialogue constant avec eux”, alors que la colère gagne de nombreuses filières et que la mobilisation s’installe dans la durée.
Protocole DNC, filières, trésorerie : des causes “profondes” de la crise
Pour le représentant de l’État, la crise agricole ne se résume pas à un seul dossier : “Les causes de la crise agricole sont profondes, il y a eu le protocole sanitaire de la DNC. Le monde agricole est lui-même divisé quant à l’application de ce protocole.”
Il évoque également le mal-être agricole, la trésorerie des exploitations et les dégâts de gibier, autant de sujets qui alimentent le désespoir dans les campagnes du Loir-et-Cher et plus largement du Centre-Val de Loire.
Groupes de travail et “feuille de route” pour le Loir-et-Cher
Le préfet explique travailler “quotidiennement” avec les services de l’État, la DDT et les collectivités locales pour avancer “filière par filière, sujet par sujet, acteur par acteur, au sein de la chambre d’agriculture”, afin de dégager des compromis.
“J’ai créé beaucoup de groupes de travail sur le mal-être agricole, sur les dégâts du gibier, sur les filières, sur la question de trésorerie, pour essayer de construire une feuille de route spécifique au Loir-et-Cher, accordée à la réalité régionale.” Il rappelle que le département est souvent présenté comme un résumé de la “ferme France”.
Entre PAC, Mercosur et calendrier du Salon de l’agriculture
Joseph Zimet situe ce travail dans un calendrier politique dense : celui du Salon de l’agriculture et des échanges en cours “au plus haut niveau”, avec le Premier ministre et la ministre de l’Agriculture.
Il évoque “beaucoup de discussions” et “beaucoup de propositions du gouvernement déjà sur la table, au-delà de la PAC, au-delà de l’accord Mercosur”, estimant qu’il faut désormais “rebondir sur un agenda d’action pour remettre de la confiance entre les acteurs, entre l’État, les Français et les agriculteurs”.
“Nous avons besoin des agriculteurs, ils ont besoin d’être soutenus”
Le préfet insiste enfin sur l’interdépendance entre société et monde paysan : “Nous avons besoin des agriculteurs, les agriculteurs ont besoin d’être soutenus et accompagnés.”
Malgré la colère, il conclut sur une note positive : “Je suis paradoxalement assez optimiste quant à notre capacité à nous remettre au travail la semaine prochaine avec l’ensemble du monde agricole.”

