Crise agricole : ponts sous haute surveillance à Blois, les agriculteurs promettent de « tout bloquer » s’ils ne peuvent rejoindre Paris

Les ponts de Blois ont été placés sous contrôle policier renforcé, voire fermés, pour empêcher, ce mercredi 7 janvier 2026,  des tracteurs de la Coordination rurale de rejoindre la manifestation nationale prévue à Paris, tandis que les agriculteurs menacent de nouvelles actions locales.

Par Nawel THABET / Medianawplus

Dans la nuit de mardi à mercredi, les trois ponts de Blois ont fait l’objet d’une surveillance policière renforcée, avec notamment la fermeture du pont Jacques‑Gabriel à la circulation, afin d’empêcher des agriculteurs de la Coordination rurale de rejoindre Paris.
Les agriculteurs ont relancé leur mobilisation ce mercredi 7 janvier contre l’accord de libre‑échange avec les pays du Mercosur, la Politique agricole commune (PAC) européenne et la stratégie gouvernementale de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

À Blois, la police nationale a bloqué l’accès à quatre tracteurs qui voulaient monter à la capitale pour participer à la manifestation nationale.

Bras de fer au pont François-Mitterrand

Bloqués au pont François‑Mitterrand, les agriculteurs ont décidé de bloquer à leur tour l’ouvrage. L’impact sur le trafic est resté limité, la circulation étant déjà réduite par la météo hivernale et un épisode neigeux sur le département.

Bloqués au pont François‑Mitterrand, les agriculteurs de la Coordination rurale ont décidé de bloquer à leur tour l’ouvrage. crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

« Nous avons passé cinq tracteurs mardi soir au nord de la Loire, et nous avons quatre tracteurs qui n’ont pas pu passer parce que la police nationale de Blois nous a bloqué la route. L’arrêté préfectoral s’arrête à minuit et à minuit une on part à Paris », explique James Boucher, déterminé avec les manifestants à contourner les restrictions.

Quotas d’eau, coûts et menace de blocages élargis

Au-delà du déplacement vers Paris, les agriculteurs dénoncent aussi la question du prélèvement et de la répartition des quotas d’eau. « Ils veulent réduire nos quotas d’eau. Quand on n’arrose pas une plante, elle meurt », caricature James Boucher, secrétaire général départemental de la Coordination rurale en Loir‑et‑Cher.
Selon lui, l’accumulation de contraintes fait exploser les coûts et menace la compétitivité des exploitations : « Tout ça a un coût et on ne peut plus être concurrentiel. Si on ne passe pas la Loire, on va bloquer tous les ponts, d’Amboise à Mer, Beaugency, Chaumont‑sur‑Loire : on bloque tout et tout sera bloqué. »

les agriculteurs de la Coordination rurale 41 déterminés à contourner les restrictions. crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

« Il y a toujours un plan B » et un dialogue maintenu

Axel Masson, représentant de la filière des éleveurs en Loir‑et‑Cher, confirme qu’« il y a toujours un plan B » pour se faire entendre : « On va investir le pont Charles‑De‑Gaulle », prévient‑il, laissant entendre que d’autres actions locales pourraient suivre si les tracteurs restent empêchés de rejoindre Paris.
Le préfet de Loir‑et‑Cher, Joseph Zimet, a tenu à rappeler, à nos confrères de La Nouvelle République, qu’il maintient un « dialogue fluide » avec les agriculteurs de la Coordination rurale 41, malgré les tensions autour des blocages.

Une mobilisation nationale en ligne de mire

Pour mémoire, la Coordination rurale nationale a appelé à une grande manifestation ce jeudi 8 janvier à Paris, avec l’objectif affiché de « bloquer la capitale » pour exprimer la colère et le mécontentement du monde agricole.
Entre contraintes locales sur les ponts de Blois et enjeu national autour de la PAC, du Mercosur, de la DNC et des quotas d’eau, les agriculteurs loir‑et‑chériens entendent bien rester visibles, que ce soit à Paris ou sur les axes stratégiques du département.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.