Discothèques fermées à Blois : travail dissimulé et graves manquements à la sécurité, le préfet et le procureur haussent le ton

« Rien ne justifie que les clients jeunes soient mis en danger à cause de manquements. Mettez-vous en conformité sinon vous fermez. ». Ces mots du préfet de Loir-et-Cher Joseph Zimet résument la fermeté affichée après la fermeture ce week-end des deux discothèques KB9 Club et Elite Club à Blois. 

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Dans une conférence de presse conjointe avec le procureur Stéphane Javet, ce lundi 9 février au tribunal judiciaire de Blois, les deux autorités entourés des représentants du CODAF.ont dévoilé les résultats d’un contrôle ordonné dans la nuit du 7 au 8 février, ayant entraîné deux arrêtés municipaux de fermeture immédiate.

Une opération préparée depuis plusieurs semaines sous l’autorité du CODAF

L’intervention s’est déroulée entre 1 h 30 et 4 h du matin, mobilisant près de 60 agents (dont 40 policiers, renforts d’Indre-et-Loire inclus) issus de multiples services : parquet, administrations fiscales, sociales,  douanières, préfectorales et police .

Cette opération du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF), ne vise pas à empêcher l’accès aux lieux festifs, mais à garantir la sécurité du public et l’équité économique :
« Trois finalités guident notre action : la préservation du modèle social, la lutte contre la concurrence déloyale et la lutte contre l’économie souterraine », rappelle le préfet.

Fermeture immédiate des discothèques KB9 Club et Elite Club à Blois, annoncée lors d’une conférence de presse conjointe tenue ce lundi 9 février au tribunal judiciaire, par le préfet et le procureur de la République Stéphane Javet, en présence des représentants du CODAF.Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Sécurité incendie : des manquements graves, écho à Crans-Montana

Le préfet évoque « l’émoi international » du drame de Crans-Montana en Suisse (31 décembre 2025), qui a « doublé la vigilance » sur les établissements hybrides. Les maires ont été sensibilisés pour multiplier les contrôles.

Manquements constatés au KB9 Club et l’Elite club:

Le préfet a détaillé les non-conformités majeures relevées dans les deux établissements : absence de vérifications techniques obligatoires, absence de registre de sécurité, dégagements non conformes, public fumant à l’intérieur, branchement d’un chauffage électrique  apparent dans la salle DJ
KB9 :
issues de secours neutralisées et transformées en fumoir
toile installée au plafond, présentant un risque élevé d’incendie
Elite Club :
travaux réalisés sans autorisation
issues de secours verrouillées
dysfonctionnement de l’éclairage de sécurité
stockage obstruant les sorties de secours
Ces constats ont conduit à deux arrêtés municipaux de fermeture immédiate.
Une stratégie assumée de contrôles renforcés
Le préfet rappelle que ces contrôles ne visent pas à empêcher l’accès aux lieux festifs, mais à garantir la sécurité du public et l’équité économique :

Travail dissimulé : 11 salariés irréguliers identifiés

Le procureur détaille les infractions graves constatées dans la nuit du 7 au 8 février : « Au terme de ces premières vérifications sur place, j’ai suffisamment de matière pour ouvrir une enquête pénale concernant les établissements en personne morale et les gérants pour : exécution d’un travail dissimulé connu (7 salariés au KB9, 4 à l’Elite), dissimulation d’activité, absence de déclaration fiscale et sociale obligatoire. »

Des sanctions pénales lourdes en vue

Pour ces infractions de travail dissimulé, les personnes physiques encourent jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende, tandis que les personnes morales risquent 375 000 € d’amende et la fermeture de l’établissement.

Mais le procureur va plus loin : « Au regard des conclusions accablantes de la sécurité de l’arrondissement de Blois, j’ai demandé ce matin à la police d’élargir les deux enquêtes à l’infraction de mise en danger de la vie d’autrui par violation délibérée d’une obligation de prudence et de sécurité, exposant à un risque immédiat de mort ou de blessure grave. »
Les peines encourues : 1 an de prison, 15 000 € d’amende et interdiction d’exercer pour les personnes physiques, et dissolution possible pour les entreprises.

Une vague de contrôles sans précédent

Le préfet rappelle l’ampleur de l’action en 2025 : 320 contrôles, 34 établissements fermés. En janvier 2026 : 6 discothèques contrôlées, 4 avec avis défavorable. Actuellement, 53 lieux sous avis défavorable, tous types de public inclus (pas seulement discothèques).

CODAF : 60 agents mobilisés, vague de contrôles sans précédent
L’opération, préparée plusieurs semaines sous l’autorité du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF), a mobilisé 60 agents entre 1h30 et 4h : 40 policiers (dont 6 Officiers de police judiciaire OPJ), 9 inspecteurs URSSAF, 5 agents des Finances publiques DDFIP, 2 DGCCRF, 2 douanes, parquet et préfecture.

Bilan 2025-2026 : 320 contrôles en 2025 (34 fermetures), 6 discothèques contrôlées en janvier 2026 (4 avis défavorables), 53 lieux actuellement sous avis défavorable (tous publics inclus).

Cette opération marque une tolérance zéro sur la sécurité des établissements recevant du public en Loir-et-Cher, avec des fermetures immédiates et des enquêtes pénales lourdes en perspective.

Un message clair aux exploitants
La fermeture du KB9 et de l’Elite Club marque ainsi un durcissement clair du ton des autorités en Loir-et-Cher, en particulier à l’égard des établissements nocturnes dits ” hybrides” présentant des risques pour le public. Le message adressé aux exploitants est sans ambiguïté : la sécurité, la légalité et la conformité aux règles ne sont pas négociables.

 

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.