
Féminicide de Suèvres : le mari mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire
- Nawel Thabet
- 19 juin 2026
- Société, Centre Val de Loire
- Féminicide de Suèvres, Procureur de la République
Une semaine après le drame qui a coûté la vie à une mère de famille à Suèvres, le parquet de Blois a annoncé ce vendredi 19 juin une avancée majeure dans l’enquête.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Le procureur de la République de Blois, Stéphane Javet, indique que l’auteur présumé du féminicide, hospitalisé depuis les faits, a été déclaré sortant de l’hôpital jeudi 18 juin. Il a alors pu être placé en garde à vue, entendu par les enquêteurs puis présenté dans l’après-midi à un juge d’instruction.
À l’issue de cette présentation, l’homme a été mis en examen du chef de meurtre sur conjoint. Conformément aux réquisitions du parquet, le juge des libertés et de la détention a ordonné son placement en détention provisoire.
Le suspect évoque une altercation violente
Lors de ses auditions en garde à vue puis devant le juge d’instruction, le mis en examen a reconnu l’existence d’une violente altercation au sein du couple.
Selon le procureur de la République, il a admis que des coups de couteau avaient pu être portés au cours de cette dispute. Il affirme toutefois que l’arme utilisée n’était pas initialement en sa possession et soutient que son épouse serait à l’origine de l’altercation.
Les investigations se poursuivent désormais afin d’établir avec précision le déroulement des faits.
L’autopsie confirme plusieurs blessures par arme blanche
Les résultats de l’autopsie permettent d’apporter de premiers éléments sur les circonstances du décès.
Selon le parquet, la victime est décédée des suites d’une plaie pénétrante au niveau du thorax gauche ayant atteint le cœur et provoqué une hémorragie massive.
L’examen médico-légal a également révélé l’existence d’autres plaies pénétrantes. Des prélèvements complémentaires ont été effectués afin de permettre la réalisation d’expertises supplémentaires.
Les enfants physiquement indemnes
Le procureur précise également que les quatre enfants présents au domicile au moment des faits ne présentaient aucune trace de blessure physique.
Une information particulièrement attendue alors que l’émotion demeure vive dans le département depuis ce drame survenu dans la nuit du 11 au 12 juin.
Le fils aîné désigné tiers digne de confiance
Concernant la situation des enfants, le parquet a autorisé, après une évaluation réalisée par les services de l’Aide sociale à l’enfance, la désignation du fils aîné de la victime, âgé de 23 ans et issu d’une précédente union, comme tiers digne de confiance.
Cette mesure provisoire restera en vigueur jusqu’à l’audience devant le juge des enfants, qui devra statuer sur leur situation.
Quelques jours plus tôt, lors du rassemblement organisé devant la préfecture de Loir-et-Cher en hommage à sa mère, le jeune homme avait pris publiquement la parole pour dénoncer les violences conjugales et appeler à une meilleure protection des victimes.
L’enquête judiciaire se poursuit désormais sous l’autorité du juge d’instruction afin de déterminer l’ensemble des circonstances de ce féminicide qui a profondément marqué le Loir-et-Cher.

