Gaza : RSF dénonce l’assassinat de six journalistes et appelle à une réunion d’urgence de l’ONU

La rédaction de la chaîne Al Jazeera paie un lourd tribut à la guerre à Gaza. Le dimanche 10 août, une frappe israélienne a tué six professionnels des médias, dont cinq travaillant ou ayant travaillé pour Al Jazeera, ainsi qu’un journaliste indépendant. Cette attaque, revendiquée par l’armée israélienne, visait le reporter Anas al-Sharif, accusé d’« appartenance terroriste » sans preuves solides.

Par Nawel THABET / Medianawplus

L’attaque a eu lieu près de l’hôpital al-Shifa, dans une tente où se trouvaient plusieurs journalistes. Parmi les victimes figurent Mohammed Qraiqea, Ibrahim al-Thaher, Mohamed Nofal, Moamen Aliwa et Mohammed al-Khaldi. Trois autres reporters indépendants ont été blessés. RSF rappelle que plus de 200 journalistes ont été tués depuis le début de la guerre.

« RSF dénonce avec force et colère le meurtre de six professionnels des médias par l’armée israélienne, perpétré sous couvert, une fois encore, d’accusations de terrorisme contre un journaliste », a déclaré Thibaut Bruttin, directeur général de RSF.
L’organisation y voit une stratégie visant à « masquer les crimes de guerre » et appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à se réunir d’urgence sur la base de la résolution 2222 de 2015 pour stopper « ce carnage ».

Précédents et alertes ignorées

Ce modus operandi a déjà été observé, notamment le 31 juillet 2024, avec l’assassinat des reporters Ismail al-Ghoul et Rami al-Rifi. RSF avait averti dès octobre 2024 d’un risque imminent contre Anas al-Sharif, sans que la communauté internationale ne réagisse.

Actions en cours

Depuis octobre 2023, RSF a déposé quatre plaintes auprès de la Cour pénale internationale pour enquêter sur ce qu’elle considère comme des crimes de guerre visant les journalistes à Gaza.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.