
Hommage à la victime du féminicide de Suèvres : émotion et appel à l’action lors du rassemblement devant la préfecture
- Nawel THABET
- 15 juin 2026
- Société, Femme
- Blois, féminicide Suèvres, Rassemblement Loir -et -Cher, slider
Une minute de silence a été observée ce lundi 15 juin devant la préfecture de Loir-et-Cher, à Blois, en hommage à la femme tuée par son conjoint dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 juin à Suèvres, près de Blois.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à l’appel des associations engagées contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
L’émotion était particulièrement vive lorsque Corinne Kibongui-Saminou-Oumba, maire-adjointe déléguée à l’égalité femmes-hommes, aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations, a pris la parole aux côtés du fils de la victime.
La voix grave, les larmes retenues et le regard tourné vers le jeune homme, elle a rendu un hommage poignant à cette mère de famille, 40 ans tuée par son conjoint. « Aujourd’hui, ce recueillement restera pour nous, et pour tous ceux qui t’ont connue, la marque que tu as voulu nous laisser. Au-delà de tes souffrances, tu as toujours eu à cœur de montrer l’image d’une femme joyeuse et positive. »
L’élue a également dénoncé une violence qui touche encore trop de femmes et d’enfants : « C’est injuste et personne ne mérite cela. La prise de conscience collective qui grandit aujourd’hui dans le cœur de chacun et chacune doit permettre que cela ne se reproduise jamais. »
Elle a plaidé pour l’adoption d’une loi-cadre globale contre les violences faites aux femmes : « Nous parlerons de l’écriture d’une loi intégrale, une loi nécessaire pour que chacune et chacun puisse vivre sereinement, sans la crainte de voir des vies brisées. »
S’adressant directement au fils de la victime, présent à ses côtés, Corinne Kibongui-Saminou-Oumba a conclu avec émotion : « Je vous présente son fils. Lorsque vous le croiserez, dites-vous que sa mère était une femme profondément gentille, qui a tant fait pour les autres. J’aimerais vraiment que nous prenions tous soin de ses enfants. »
« La justice aurait dû mieux protéger ma mère »
À son tour, Emmanuel, 24 ans, fils de la victime et désormais chargé de veiller sur ses trois frères et sœurs, a pris la parole devant les participants.
Avec dignité et courage, il a remercié les personnes présentes avant de livrer un témoignage bouleversant :
« Aujourd’hui, ce n’est pas facile au quotidien pour mes frères, mes sœurs et moi. Je vous remercie d’être mobilisés pour soutenir ma famille. »
Le jeune homme a également exprimé son incompréhension face à un drame qu’il estime aurait pu être évité :
« Malheureusement, ce genre de situation arrive trop souvent en France. Lorsque ma mère avait porté plainte contre son ex-mari, la justice n’a pas su l’éloigner d’elle. »
Avant de conclure : « Ce sont des situations qui doivent être prises très au sérieux. »
Un message fort lancé devant la préfecture de Loir-et-Cher, dans un contexte où les féminicides continuent de susciter une vive émotion et de nombreuses interrogations sur la protection des victimes de violences
conjugales.

