Hôpital de Blois : le ministre de la Santé Yannick Neuder accélère le projet, des mesures contre les déserts médicaux annoncées

À cinq  jours d’un vote crucial à l’Assemblée national, le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a réaffirmé ce vendredi 5 septembre à Blois son engagement pour le futur hôpital : validation du projet en novembre 2025, pose de la première pierre fin 2026. Une annonce qui se veut rassurante pour les soignants et les élus locaux.

Par Nawel THABET / Medianawplus

Entouré des élus, de la présidente de l’Agence régionale de santé ( ARS ) et du personnel médical, le ministre de la Santé Yannick Neuder a dévoilé ce vendredi 5 septembre, un calendrier concerté, accompagné de mesures ciblées pour lutter contre les déserts médicaux dans le Loir-et-Cher et renforcer l’attractivité du territoire. Le ministre s’engage sur un calendrier malgré l’incertitude politique

Un projet hospitalier qui « doit aller vite »

Le ministre de la Santé Yannick Neuder a insisté sur la « bonne dynamique » du projet hospitalier et l’enjeu de doter Blois d’un centre hospitalier universitaire. “Plus de 100 internes en médecine sont à l’hôpital Simon Veil de Blois pour soutenir l’offre de soins”. Le ministre assure : « Je souhaite aller assez vite, ce projet est un vecteur fort d’accès aux soins et renforcera l’attractivité avec un volet universitaire. » La validation finale interviendra en novembre, pour une concrétisation dès fin 2026.Le budget global est estimé à 270 millions d’euros, dont 110 millions financés par l’État.

Un projet validé malgré la crise politique

« La continuité républicaine doit s’appliquer, quel que soit le prochain gouvernement », a précisé Yannick Neuder, qui pourrait vivre ses dernières heures au ministère de la Santé à l’approche du vote de confiance du 8 septembre.

Lutte contre les déserts médicaux : un dispositif renforcé

Pour répondre aux besoins du Loir-et-Cher, 21 docteurs juniors seront mobilisés chaque année, en lien avec les maisons médicales, l’Ordre des médecins, la faculté et l’ARS. La rémunération pour la solidarité territoriale peut atteindre 200 €/jour, favorisant une meilleure couverture dans les zones identifiées comme « zone rouge du désert médical ».

Blois accueille déjà plus de 100 internes. Le ministre a confirmé l’arrivée de 21 docteurs juniors supplémentaires chaque année dans le Loir-et-Cher, en coordination avec l’ARS, la faculté de médecine et le Conseil de l’ordre des médecins.
Une nouvelle grille de rémunération a été négociée après huit mois de concertation : 3 000 € pour les maîtres de stage, jusqu’à 4 500 € pour les médecins en zones désertiques. Des dispositifs de solidarité territoriale permettront également de mobiliser des médecins avec une rémunération de 200 € par jour, pouvant aller jusqu’à 400 € dans les zones les plus fragiles.
Le ministre précise : « Les financements ont été concertés avec les professionnels de terrain.
Trois zones rouges ont été identifiées dans le département. Selon Yannick Neuder, ces renforts permettront d’éviter une désorganisation des soins et de fluidifier l’accès aux consultations.
« C’est un projet gagnant-gagnant pour les soignants et pour l’hôpital de demain », a affirmé le ministre, insistant sur la nécessité de mieux articuler médecine de ville et hôpital.

Une mobilisation unanime des élus

Le maire de Blois, Marc Gricourt, et le président du Conseil départemental, Philippe Gouet, ont salué une « bonne nouvelle » pour l’égalité d’accès aux soins.
« un projet qui fait l’unanimité politique et qui dépasse les clivages, au service de l’intérêt public », a souligné Marc Gricourt.

Modernisation, ambulatoire et perspectives pour 2034

Le futur hôpital, doté d’un budget de 270 millions d’euros, sera largement orienté vers l’ambulatoire et s’étendra sur deux étages. Il comprendra des blocs opératoires modernisés, une extension pour l’hospitalisation et la réhabilitation de la tour actuelle.
L’ambition est claire : développer la chirurgie courte, la chimiothérapie à domicile et renforcer l’hospitalisation à domicile. Un campus hospitalo-universitaire, en lien avec la région, doit également voir le jour en 2026 pour former sur place de futurs médecins.
Le directeur de l’établissement, Bruneau Francis, se réjouit d’une visite « rassurante pour toute la communauté soignante », confirmant l’engagement républicain du projet.

Les syndicats vigilants

À l’entrée de l’hôpital , des syndicats ont exprimé leurs doutes. Véronique, représentante syndicale, s’est dite « rassurée mais dubitative » :
« Le ministre nous a confirmé l’engagement de l’État à hauteur de 110 millions d’euros sur les 270 prévus. Mais la vraie question reste le calendrier. Quand ce projet deviendra-t-il concret ? »
Dès son arrivée à l’hôpital, le ministre est allé au contact des syndicats, devant l’entrée du centre hospitalier, leur donnant la parole :
« Je viens toujours voir les organisations syndicales. J’ai été 25 ans maire et 25 ans médecin à l’hôpital. L’hôpital ne peut évoluer sans discuter avec les syndicats », a-t-il déclaré.

 

Échanges dans le hall de l’hôpital : le ministre de la Santé Yannick Neuder, rencontre les représentantes syndicales de la CFDT et de la CGT.Crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

Une visite symbolique

Le ministre a échangé avec le personnel médical, notamment en médecine interne polyvalente. « Nous n’avons jamais refusé personne », a rappelé le docteur Bertrand Lioger en présentant son service.
Yannick Neuder a également évoqué l’usage de l’intelligence artificielle en santé, invitant à « l’utiliser mais avec prudence », notamment dans le cadre des diagnostics complexes.

Le ministre s’est par ailleurs entretenu avec la direction de l’hôpital, l’ARS et les élus locaux sur les détails du projet à huis clos. Il est ensuite allé au contact des syndicats, devant l’entrée du centre hospitalier, leur donnant la parole :
« Je viens toujours voir les organisations syndicales. J’ai été 25 ans maire et 25 ans médecin à l’hôpital. L’hôpital ne peut évoluer sans discuter avec les syndicats », a-t-il déclaré.

Réunion à huis clos autour du projet du nouvel hôpital de Blois : le ministre de la Santé Yannick Neuder, aux côtés du préfet de Loir-et-Cher, de la présidente de l’ARS, du député, du maire de Blois, du président du Conseil départemental et de la direction de l’établissement.Crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

Une promesse à tenir

La mobilisation collective et la continuité républicaine s’imposent : « La parole de l’État doit s’appliquer quel que soit le prochain gouvernement .. Je m’engage particulièrement sur le calendrier avec les services de la préfecture et l’ARS pour une pose de première pierre fin 2026 », a conclu le ministre.
Un message destiné à rassurer soignants et habitants, mais qui laisse en suspens une question essentielle : le projet du nouvel hôpital de Blois survivra-t-il à l’instabilité politique actuelle ?

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.