La grève des médecins libéraux en Loir-et-Cher : une manifestation « sous contrôle », mais la tension monte
- Nawel THABET
- 9 janvier 2026
- Centre Val de Loire, Santé, Société
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En marge du lancement du réseau « France Santé » à Blois ce vendredi 9 janvier, la CPAM, l’ARS et le département, affirment que la grève nationale des médecins libéraux du 5 au 15 janvier ne perturbe pas encore les soins en Loir-et-Cher, alors que plusieurs milliers de praticiens manifestaient à Paris contre la « dérive autoritaire » du gouvernement.
Par Nawel THABET / Medianawplus
Réunis ce vendredi 9 janvier au Conseil départemental de Blois, en marge de la présentation du dispositif « France Santé », la CPAM, l’ARS et le Département assurent que la grève des médecins libéraux ne désorganise pas, pour l’heure, les soins primaires en Loir-et-Cher, même si la colère de la profession et les manifestations nationales font planer un climat d’inquiétude.
Les acteurs locaux de la santé ont dressé un premier état des lieux de la grève des médecins libéraux, qui concerne généralistes et spécialistes entre le 5 et le 15 janvier 2026.
Une grève jugée « sous contrôle » en Loir-et-Cher
« Pour le moment, au niveau de l’Assurance maladie, on n’observe pas de difficulté sur notre territoire, mais cela peut évoluer », indique Sébastien Martine, directeur de la Caisse primaire d’assurance maladie de Loir-et-Cher, qui estime que le mouvement ne désorganise pas encore la prise en charge des populations.
L’ARS vigilante, mais sans chiffres précis
La directrice départementale de l’ARS en Loir-et-Cher, Caroline Janvier, rappelle que les médecins n’ont pas l’obligation de se déclarer en grève dès lors qu’ils assurent leurs gardes et la continuité des soins urgents. Elle souligne qu’il n’existe pas, à ce stade, de chiffre précis du nombre de médecins grévistes dans le département, ce qui complique la mesure fine de l’impact, même si les services restent attentifs à d’éventuelles tensions dans l’accès aux soins primaires.
Le département met en avant un dialogue en amont
Le président du conseil départemental, Philippe Gouet, affirme que des réponses ont été apportées en amont aux médecins du territoire, dans la mesure des compétences locales, afin de tenter de désamorcer une partie du mécontentement.
Il insiste sur l’importance du dialogue avec les professionnels de santé, alors que le département reste confronté à une démographie médicale fragile et à la montée des attentes de la population en matière d’accès aux soins.
À l’échelle nationale, une colère profonde des médecins
Au niveau national, le syndicat des jeunes médecins a appelé à une grève illimitée contre les politiques de santé du gouvernement, dans un contexte de forte défiance à l’égard de l’exécutif.
Samedi 10 janvier, plusieurs milliers de médecins libéraux, en grève depuis le 5 janvier, ont manifesté à Paris contre ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » menaçant leur « liberté d’exercice », appelant le Premier ministre Sébastien Lecornu à « faire des propositions », après avoir refusé la veille l’invitation de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, pour discuter de leurs revendications.
Des mesures qui cristallisent la contestation
Parmi les mesures qui mettent tout le monde d’accord contre elles figure le durcissement autour des arrêts de travail, avec une prescription plus encadrée et un contrôle accru par l’Assurance maladie.
Une autre disposition, votée dans le budget de la Sécurité sociale en décembre, fait particulièrement bondir la profession : la possibilité pour le gouvernement de fixer unilatéralement certains tarifs, sans accord avec les syndicats médicaux, alors que plusieurs spécialités dénoncent l’absence de revalorisation depuis des années.

