L’agression de Chloé à Blois : le procès de l’ex-compagnon s’ouvre sous le choc et l’émotion
- Nawel THABET
- 15 janvier 2026
- Centre Val de Loire, Société
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Au palais de justice de Blois, ce jeudi 15 janvier, Chloé, 27 ans, grièvement agressée par son ex-compagnon en 2022, a affronté son bourreau aux assises, tandis que sa mère et un policier ont livré des témoignages bouleversants sur une relation toxique, une plainte non prise en compte et une tentative d’homicide aggravée passible de la perpétuité.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
À la barre, la mère de Chloé livre un témoignage bouleversant, confiant se sentir « un peu coupable » d’avoir laissé partir sa fille alors qu’elle la sentait en danger et était restée au téléphone avec elle.
La présidente de la cour tente de la déculpabiliser, lui rappelant que Chloé était revenue le 13 décembre pour reprendre le travail le 14, insistant sur le fait qu’elle n’est en rien responsable de ce qui s’est passé.
« Je me sens peut-être un peu coupable de l’avoir laissée partir », témoigne Alexandra, la maman de Chloé.
« Non madame, vous n’y êtes pour rien, votre fille est revenue le 13 décembre pour reprendre le travail le 14 », tente de la déculpabiliser la présidente de l’audience.
Une relation toxique faite de violences et de contrôle
La mère décrit une relation « toxique », faite de violences verbales et physiques, marquée par un étranglement pendant le sommeil, un coup de poing sur un parking et même une menace de jeter Chloé d’un pont, avant que des bouquets de fleurs ne viennent masquer les coups.
En deux mois, sa fille change complètement : elle ne se maquille plus, ne va plus chez la coiffeuse, ne s’habille plus comme elle veut, ses vêtements sont déchirés et jetés à la poubelle, signe d’un contrôle total et d’un isolement progressif.
La veille du drame : une plainte refusée au commissariat
Le 13 décembre 2022, en fin d’après-midi, Chloé est retrouvée gisant devant la porte de son appartement, laissée pour morte après avoir été frappée à coups de pied au visage et à coups de poing par son ex-compagnon.
Quelques minutes plus tôt, terrorisée et menacée, elle s’était pourtant rendue au commissariat pour déposer plainte, mais l’officier de permanence lui avait demandé de revenir le lendemain et l’avait renvoyée chez elle.
Le policier reconnaît « une erreur », l’accusé nie vouloir tuer
À la barre comme témoin, ce policier de 54 ans au moment des faits reconnaît « certainement » avoir commis « une erreur » et dit avoir « mal interprété » la situation, rappelant être « humain » et évoquant la masse de travail, avant d’indiquer qu’il a été mis à la retraite d’office par sa hiérarchie.
Dans le box, l’accusé, au lourd passé judiciaire, notamment pour des violences sur d’autres compagnes, nie avoir voulu tuer Chloé, alors qu’il encourt aujourd’hui la réclusion criminelle à perpétuité pour tentative d’homicide aggravée.
Une jeune femme brisée, mais debout face à la cour
Miraculeusement survivante après deux mois de coma, amnésique, ayant perdu l’usage d’un œil et conservant des séquelles irréversibles, elle prend place au premier rang de la salle d’audience, entre son père et sa mère, tandis que sa famille réclame un procès exemplaire et une sanction « réellement à la hauteur » des violences subies.

