Lait infantile contaminé : seuil de la toxine céréulide abaissé en urgence, de nouveaux rappels attendus

Le scandale du lait infantile potentiellement contaminé à la toxine céréulide continue de susciter l’angoisse des parents depuis le début du mois de janvier. Tandis que Foodwatch dépose une plainte contre X au nom des familles, les autorités sanitaires françaises abaissent en urgence le seuil de cette toxine et préviennent que de nouveaux rappels de laits pour bébés sont à prévoir dans les prochains jours, selon un courrier du Centre des crises sanitaires de la direction générale de la Santé DGS, ce samedi 31 janvier 2026.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Dans un courrier adressé aux professionnels de santé ce samedi 31 janvier, le Centre de crise sanitaire de la Direction générale de la santé (DGS) a annoncé de nouvelles mesures.
Le ministère de l’Agriculture impose désormais à l’ensemble des fabricants français de laits infantiles un seuil limite plus strict concernant la céréulide : 0,014 μg par kilogramme de masse corporelle, contre 0,03 micro gramme (μg/kg ) auparavant.

Ce nouveau seuil anticipe les recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), dont l’avis est attendu le 2 février 2026, et vise à renforcer la protection des nourrissons avec un niveau de sécurité accru.

Des rappels amenés à s’élargir et des consignes renforcées

Cet abaissement du seuil est susceptible d’entraîner de nouveaux retraits et rappels dans les jours à venir, tous les fabricants de laits infantiles présents sur le marché français devront s’y conformer sans délai.

Les autorités invitent les familles à consulter régulièrement le site RappelConso pour vérifier si le lait consommé par leur enfant fait partie des produits rappelés et à cesser immédiatement d’utiliser les lots concernés, même en l’absence de symptômes.

Quels symptômes surveiller chez les nourrissons ?

Les signes d’une possible intoxication à la toxine céréulide sont ceux d’une toxi-infection alimentaire : vomissements précoces et répétés, parfois accompagnés de diarrhée et de fièvre modérée à élevée, apparaissant dans les 1 à 12 heures après l’ingestion du lait contaminé.

Chez le nourrisson, le principal risque est la déshydratation aiguë (bouche sèche, peu ou pas d’urines, yeux creux, absence de larmes, perte de poids), qui nécessite une consultation médicale urgente, en particulier chez les bébés de moins de 3 mois ou en cas de signes de gravité.

Prise en charge : priorité à la réhydratation

En l’absence de critère de gravité, la prise en charge reste symptomatique et repose sur la réhydratation par solution de réhydratation orale (SRO), proposée en petites quantités répétées, même si l’enfant vomit.

Les autorités sanitaires déconseillent les boissons sucrées ou les sodas et recommandent de reprendre une alimentation adaptée à l’âge dès que possible, sans jeûne prolongé, tandis que les cas graves doivent être adressés aux urgences et signalés à l’Agence régionale de santé.

Foodwatch porte plainte et dénonce une réaction « au compte-gouttes »

Jeudi 29 janvier, l’association Foodwatch a déposé une plainte contre X au tribunal judiciaire de Paris pour défendre les familles dont les nourrissons ont consommé des laits infantiles rappelés pour suspicion de contamination à la toxine céréulide.

L’ONG fustige des rappels « au compte-gouttes » et une réaction tardive des fabricants, alors que deux enquêtes pénales ont déjà été ouvertes après le décès de deux bébés à Angers et à Bordeaux ayant consommé un lait concerné par un rappel.

Un fournisseur chinois au cœur de la chaîne : l’huile ARA mise en cause

Les investigations ont mis en lumière un ingrédient commun : une huile riche en acide arachidonique (huile ARA), utilisée dans de nombreux laits infantiles et susceptible d’être contaminée par la toxine céréulide.

Plusieurs fabricants de laits pour bébés s’approvisionnent auprès d’un même fournisseur chinois basé à Wuhan, Cabio Biotech, l’un des principaux producteurs mondiaux d’acide arachidonique, ce qui explique l’ampleur internationale des rappels.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.