Loir-et-Cher : dix structures labellisées “France Santé” pour lutter contre les déserts médicaux

Dix structures de santé du Loir-et-Cher rejoignent, ce vendredi 9 janvier 2026, le réseau national France Santé, avec la promesse pour les habitants d’obtenir un rendez-vous médical en moins de 30 minutes de chez eux et sous 48 heures.

Par Nawel THABET / Medianawplus

Ce vendredi 9 janvier, Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher, Philippe Gouet, président du département de Loir-et-Cher, et Caroline Janvier, directrice départementale de l’Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire, ont dévoilé la liste des dix structures labellisées « France Santé » sur le territoire.
Il s’agit des maisons de santé pluriprofessionnelles de Vendôme, Saint-Aignan, Lamotte-Beuvron, La Chaussée-Saint-Victor, Noyers-sur-Cher et Rabelais à Blois, de la maison médicale de Veuzain-sur-Loire, ainsi que des centres de santé de Suèvres, Lamotte-Beuvron et Beauce-la-Romaine.

Au niveau national, le gouvernement vise 2 000 structures labellisées d’ici l’été 2026 et 5 000 à l’horizon 2027.

Un dispositif d’organisation, pas de création de médecins

France santé s’inscrit dans la continuité de la logique France services : mieux organiser, flécher et rendre visibles des ressources déjà existantes, en particulier dans les territoires en tension médicale.
En Loir-et-Cher, le réseau repose sur la labellisation de structures déjà en place (MSP, centres de santé, maisons médicales), avec des engagements de délais de rendez-vous et d’accessibilité, mais il ne crée pas, à lui seul, de nouveaux médecins ou infirmiers.

« Une réponse pragmatique aux déserts médicaux »

Pour le préfet Joseph Zimet, ce label matérialise l’engagement de l’État contre les inégalités territoriales de santé : « Le label France Santé concrétise l’engagement de l’État pour garantir à chaque citoyen l’égalité d’accès aux soins partout sur le territoire. La labellisation de dix structures en Loir-et-Cher apporte une réponse pragmatique aux enjeux de désertification médicale. »
Il insiste sur une solution « simple et rapide : un rendez-vous dans les 48 h et à moins de 30 minutes. La santé est le sujet primordial pour la population », tout en rappelant avec prudence que « les préfets ne savent pas tout faire ».

Le département veut accélérer sans construire de nouveaux murs

Philippe Gouet, président du conseil départemental, rappelle que l’accès aux soins est une priorité ancienne de la collectivité : « Offrir un accès aux soins toujours plus simple, rapide et efficace est, depuis plusieurs années, une priorité du conseil départemental de Loir-et-Cher. La labellisation de dix structures du territoire au sein du réseau France Santé vient soutenir cette démarche et accélérer son développement. »
Il reconnaît avoir été « un petit peu frileux » au départ, mais explique avoir « fait pas mal de forcing pour inciter [ses] collègues à rentrer dans le dispositif sans construire de nouveaux bâtiments ». Il souligne aussi la présence de professionnels de santé : 15 médecins généralistes et 5 spécialistes installés dans le Loir-et-Cher.

Ce vendredi 9 janvier, Joseph Zimet, préfet de Loir-et-Cher, Philippe Gouet, président du Département, et Caroline Janvier, directrice départementale de l’Agence régionale de santé (ARS) Centre-Val de Loire, ont dévoilé la liste des dix structures labellisées « France Santé » sur le territoire. Crédit photo Nawel THABET / Medianawplus

ARS : rendre visible l’existant et préparer l’avenir

Pour Caroline Janvier, directrice départementale de l’ARS, l’accès aux soins est « un sujet de préoccupation quotidien » pour les Loir-et-Chériens. L’ARS travaille avec les professionnels pour renforcer l’offre dans un contexte démographique difficile :

26 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP)

7 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)

19 centres de santé avec médecins salariés, dont 12 dentaires

Elle rappelle que le nombre de médecins généralistes libéraux s’élève à environ 210 fin 2024, mais que ces chiffres masquent de fortes disparités infra-départementales, notamment dans le Perche et la Sologne, identifiés en « zones rouges » dans le plan national contre les déserts médicaux.

Elle souligne l’importance de ces maisons de santé pluriprofessionnelles, des communautés professionnelles territoriales de santé et des centres de santé, ainsi que les dispositifs de soutien comme le nouveau zonage médical, les aides à l’installation et le pacte contre les déserts médicaux, qui doivent être renforcés par l’arrivée de 19 nouveaux médecins cette année. Ils seront formés grâce à campus santé 19 médecins seront accueillis en loir et cher en novembre 2026.

Un label de soutien pour des soins de proximité

France Santé est présenté comme un outil de soutien aux structures de soins plutôt qu’un dispositif de contrôle.
Le label repose sur la présence d’un médecin généraliste avec une patientèle médecin traitant, d’un infirmier au sein ou à proximité de la structure, sur une ouverture au moins cinq jours par semaine et sur l’application de tarifs opposables sans dépassement d’honoraires, avec la capacité de proposer un rendez-vous dans les 48 heures en cas de nécessité médicale, à moins de 30 minutes du patient, ce qui peut inclure la participation au Service d’accès aux soins ou à la Permanence départementale des soins ambulatoires, tandis que les aides à la première installation restent fixées à 50 000 euros.

France Santé, un réseau pour des soins rapides

Annoncé le 30 octobre 2025 par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le réseau France Santé vise à garantir à chaque citoyen un accès simple, rapide et efficace à une structure de soins, en particulier dans les territoires sous-dotés.
Soutenu et financé par l’État, ce dispositif repose sur la labellisation de structures de proximité.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.