Loir-et-Cher : les agriculteurs bloquent l’accès à l’A10 pour dire non aux abattages massifs liés à la DNC
- Nawel THABET
- 17 décembre 2025
- Centre Val de Loire
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En pleine heure de pointe à Blois, la circulation est fortement perturbée : voie rapide saturée, axes stratégiques bouchés et accès à l’A10 bloqué au niveau de Cap’Ciné. À l’appel de la Coordination rurale 41 et de la Confédération paysanne 41, des agriculteurs ont installé un point de blocage pour protester contre le protocole sanitaire jugé « impitoyable » face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui impose l’abattage total des troupeaux dès le premier cas.
Par Nawel THABET / Medianawplus
Blois paralysée au nord, les agriculteurs installés « pour la nuit »
À l’heure de la débauche, la situation est tendue sur les routes de Blois : la voie rapide est saturée, l’avenue de Châteaudun fortement ralentie, et tout le secteur nord est perturbé. Au rond-point de Cap’Ciné, des agriculteurs ont installé un barrage, bloquant l’accès vers l’autoroute A10 et compliquant fortement la circulation.
Les manifestants annoncent leur intention de rester sur place au moins pour la nuit, voire au‑delà, et évoquent déjà d’autres actions à venir pour maintenir la pression sur le gouvernement.
Un protocole DNC jugé « impitoyable »
la Coordination rurale 41 (CR 41) et la Confédération paysanne 41 (CP 41) dénoncent le protocole sanitaire appliqué en cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui impose l’abattage total de l’ensemble d’un troupeau dès le premier animal malade.
Selon eux, ce protocole « impitoyable » nie la souffrance et le travail des éleveurs, et aurait pour véritable objectif de préserver les partenariats de libre‑échange, plus que la santé animale. Après six mois d’application, ils estiment que la situation sanitaire continue de se dégrader, sans que ces abattages massifs ne prouvent leur efficacité.
« Nos vies et nos bêtes ne seront pas sacrifiées sur l’autel du libre-échange »
Les deux syndicats rappellent qu’ils représentent, à eux deux, une large part du monde agricole, et qu’ils portent depuis des mois des alternatives auprès de l’État. Ils s’appuient sur des travaux de l’EFSA et des propositions validées par la fédération européenne des vétérinaires pour défendre d’autres solutions.
Ils dénoncent l’attitude des autorités, qu’ils accusent de « faire la sourde oreille » et de recourir à la force pour tenter de les faire plier. Pour eux, les éleveurs, déjà fragilisés, ne peuvent plus accepter des mesures qui détruisent leurs troupeaux sans garantir une réelle amélioration sanitaire : « Sans éleveurs, sans bovins, aucune structure ne peut continuer à fonctionner. Nos vies et nos bêtes ne seront pas sacrifiées sur l’autel du libre‑échange. »
Ce que demandent CR 41 et CP 41 à la ministre de l’Agriculture
La Coordination rurale 41 (CR 41) et la Confédération paysanne 41 (CP 41)appellent directement la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, à revoir d’urgence sa copie. Ils réclament : l’arrêt des abattages totaux ;une stratégie sanitaire basée sur une surveillance renforcée ; un abattage ciblé des seuls animaux positifs à la DNC ; un élargissement de la vaccination.
Un dialogue sous tension avec le préfet de Loir-et-Cher
Souhaitant éviter l’escalade, le préfet de Loir‑et‑Cher, Joseph Zimet, et la directrice de la DDT, Sandrine Reverchon‑Salle, se sont de nouveau rendus sur le site de Cap’Ciné en fin d’après‑midi. Le préfet a rappelé qu’il échange avec les organisations syndicales depuis plusieurs semaines et reçoit régulièrement l’ensemble des représentants agricoles.
Trois sujets concentrent aujourd’hui le « ras‑le‑bol généralisé » : l’indemnisation des éleveurs en cas de DNC, l’application de la PAC et les accords commerciaux comme le Mercosur. Le préfet discute avec eux des modalités d’application du protocole DNC, « au cas où la maladie atteindrait le département », tout en essayant de maintenir le dialogue dans un contexte de tension croissante sur le terrain.

