Loir-et-Cher : un bouclier numérique contre les feux de forêts en Sologne

Face à la menace croissante des incendies, la Sologne, vaste massif forestier du Centre-Val de Loire, se dote d’un système de surveillance innovant et automatisé, déployé sur trois départements : Loir-et-Cher, Loiret et Cher. Ce projet d’envergure, fruit d’une coopération entre Préfectures, SDIS et conseils départementaux, vise à mieux protéger les 500 000 hectares de forêts, une biodiversité remarquable et 122 communes, dans un contexte de sécheresses récurrentes et de changement climatique.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

C’est un projet ambitieux et unique en France, à la hauteur des enjeux environnementaux actuels. La Sologne, vaste territoire forestier de 500 000 hectares répartis entre le Loir-et-Cher, le Loiret et le Cher, est désormais au cœur d’un programme de surveillance automatisée des feux de forêts, piloté par les Préfectures, les Conseils départementaux et les SDIS des trois départements.
Constituée à 92 % de forêts privées, morcelées et difficiles d’accès, la Sologne est particulièrement vulnérable aux incendies. L’essor des résineux, la hausse de la fréquentation et l’allongement de la saison des feux accentuent la pression sur ce territoire classé Natura 2000, deuxième plus grand massif forestier de France après les Landes.
L’incendie de Souesmes en 2020, qui avait ravagé 40 hectares et nécessité l’intervention de 570 pompiers et deux avions Dash, a marqué un tournant. Il a révélé les limites de la surveillance terrestre et enclenché une dynamique collective en faveur d’un outil plus performant.

Un système intelligent et automatisé

Ce “bouclier intelligent”, reposant sur 14 points hauts, principalement des châteaux d’eau, équipés de caméras de surveillance dotées d’algorithmes d’intelligence artificielle, vise à détecter précocement les départs de feu — dès qu’un panache de fumée atteint trois mètres au-dessus de la canopée.
Les caméras sont également installées sur d’autres points  stratégiques, assurant une surveillance 24 h/24, 365 jours par an.
Une double détection permet une triangulation précise, transmise aux secours en moins de cinq minutes au centre de traitement concerné. Le système fonctionne 24h/24, toute l’année, offrant une surveillance continue et automatisée du massif.. La promesse : une réactivité accrue, pour limiter les dégâts humains, naturels et matériels.

Une coopération inédite

Piloté par le préfet de Loir-et-Cher, Xavier Pelletier, et en partenariat avec les services du SDIS 41, du Cher et du Loiret, le projet s’appuie sur une coopération étroite entre les trois départements. Les études préalables ont été menées dès 2023 par le Conseil départemental du Loiret, avec l’appui de la société Azuria, avant que SCC France (intégrateur numérique) et Midgard (spécialiste IA) ne remportent le marché.

Un projet collectif et ambitieux

Piloté par le SDIS 41, en partenariat avec les SDIS du Cher et du Loiret, le projet a été attribué à la société SCC France, avec l’expertise de Midgard pour l’intelligence artificielle. Le Conseil départemental du Loiret et la société Azuria ont mené les études préalables. Le coût total s’élève à 1,5 million d’euros, financé à 80 % par l’État et le Fonds Vert, le reste étant assuré par les collectivités locales.

Une réponse à l’urgence climatique

Ce dispositif inédit place la Sologne à la pointe de la transition numérique. Il marque une étape majeure dans la protection de cet écosystème précieux et de ses habitants, tout en modernisant la gestion des crises liées aux feux de forêt. Il illustre l’engagement des autorités locales à anticiper les effets du changement climatique et à préserver ce patrimoine naturel exceptionnel pour les générations futures.
Une phase de tests grandeur nature débutera dès juillet 2025, ouvrant la voie à une surveillance renforcée et à une meilleure réactivité face aux incendies.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.