Loir-et-Cher : un budget 2026 offensif sur l’investissement, la santé et les solidarités malgré un contexte tendu
- Nawel THABET
- 5 février 2026
- Centre Val de Loire
- attractivité médicale Loir-et-Cher médecins, budget 2026 Loir-et-Cher, conseil départemental 41 budget primitif, culture sport vie associative Loir-et-Cher., investissement département 41 éducation collèges, Philippe Gouet budget départemental, Plan 41 de bonne santé, SDIS 41 nouvelles casernes, slider, solidarités Loir-et-Cher 283 millions, soutien communes DDSR DDAD DDMA
Le conseil départemental de Loir-et-Cher a adopté, ce jeudi 5 février, son budget primitif 2026, quelques jours après l’adoption du budget de l’État via l’article 49.3. Dans un contexte national de fortes tensions sur les finances publiques, la majorité départementale revendique un choix « politique fort et volontariste » : maintenir un niveau d’investissement élevé tout en conservant une gestion jugée « saine » et en réaffirmant la priorité aux solidarités.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Le budget 2026 s’élève à 455,4 millions d’euros, équilibrés en dépenses et en recettes.
La section de fonctionnement représente 387,2 M€, tandis que l’investissement atteint 68,2 M€, dont 58 M€ hors remboursement du capital de la dette. Les recettes se montent à 405,6 M€ en fonctionnement et 49,8 M€ en investissement.
Un budget de 455,4 M€ et une épargne encore fragile
L’épargne brute dégagée par le fonctionnement permet de couvrir 10,2 M€ de remboursement du capital de la dette et d’auto-financer 8,2 M€ d’investissements. Si l’épargne nette progresse par rapport à 2025 (elle était de 2 M€), son niveau reste jugé préoccupant et illustre, selon l’exécutif, les limites du modèle de financement actuel des départements.
À la veille du vote, le président Philippe Gouet a insisté sur la ligne de conduite budgétaire : « Grâce à une gestion saine et rigoureuse, nous maintenons, via Départements de France, la pression pour obtenir l’application stricte de la juste compensation : chaque compétence transférée doit être intégralement financée par l’État. » Une manière de rappeler le poids croissant des charges imposées sans ressources suffisantes.
Les solidarités, premier poste de dépenses
Comme chaque année, les solidarités demeurent le cœur du budget avec 283 M€, soit 62% des dépenses globales, masse salariale incluse.
Sont notamment consacrés :
72 M€ à l’insertion et au logement
65 M€ aux personnes handicapées
74 M€ à l’autonomie des personnes âgées
72 M€ à l’enfance, à la famille et à la santé.
Entre 2020 et 2026, l’effort en faveur des solidarités a augmenté de près de 44 M€. Près de la moitié de cette hausse (47%) a profité au secteur de l’enfance, et 17,7% à celui de l’autonomie. Mais le déficit persistant de compensation des allocations individuelles de solidarité par l’État continue de peser lourdement sur les finances départementales.
Investissement : éducation, communes, routes, sport et culture au rendez-vous
L’exécutif revendique un « standard haut » en matière d’investissement, tout en affichant la volonté de limiter le recours à l’emprunt. Contrairement à de nombreux départements, le Loir-et-Cher maintient en 2026 ses grands programmes de soutien aux communes (DDSR, DDAD, DDMA) à hauteur de 7,5 M€, sur une enveloppe globale de 19 M€ dédiée au développement durable, à l’aménagement et à la promotion du territoire.
Les priorités sont clairement affichées :
Éducation et collèges : 33 M€ sont consacrés à l’éducation, à la jeunesse et aux collèges (équipements et rénovations), soit 10 M€ de plus que l’an dernier, dans un contexte où certains territoires réduisent leurs efforts.
Réseau routier et patrimoine bâti : 57 M€ iront aux routes, aux ponts et aux bâtiments départementaux.
Communes et équipements de proximité : le département maintient les subventions de dotation aux communes, en particulier pour l’entretien des équipements, le maintien du dernier commerce, le soutien au matériel sportif ou encore la rénovation des terrains de sport et gymnases, un dispositif jugé « très apprécié » par les maires.
Pour la sécurité civile, une enveloppe supplémentaire de 2 M€ est prévue au bénéfice du SDIS 41 pour de nouvelles casernes, dans un cadre global de soutien de 22 M€ au service départemental d’incendie et de secours.
Culture, sport et festivals : un maintien jugé « rare » dans ce contexte
Alors que nombre de collectivités sont contraintes de réduire la voilure, le Loir-et-Cher fait le choix de maintenir son effort en faveur de la culture, du sport et de la vie associative.
Au total, 11 M€ y sont consacrés, permettant de préserver les activités, les équipements et l’accompagnement des nombreux festivals et événements culturels du territoire.
L’exécutif revendique ce maintien comme un marqueur politique, dans un contexte où « 40% des autres départements ont déjà diminué leurs dépenses » sur ce type de politiques, là où le Loir-et-Cher affirme au contraire stabiliser ses engagements.
Santé : le « Plan 41 de bonne santé » et l’attractivité médicale
Autre pilier mis en avant : la santé et l’accès aux soins, à travers le Plan 41 de bonne santé. Ce dispositif, porté avec l’agence d’attractivité du territoire, vise à améliorer à la fois l’offre de soins et la prévention.
Selon le président Philippe Gouet, ce plan a déjà permis l’implantation d’environ 130 professionnels de santé, toutes spécialités confondues, en deux ans. Il se félicite que le Loir-et-Cher soit « le seul département à avoir réussi à faire venir autant de médecins sur son territoire » sur cette période.
Pour maintenir cette dynamique, plusieurs mesures sont annoncées ou confirmées :
la mise en place d’un guichet unique pour faciliter l’installation des professionnels de santé et l’accueil des étudiants en stage ; un financement supplémentaire destiné aux maisons de santé ; le déploiement de la télémédecine, afin de pallier les difficultés de déplacement et de renforcer l’accès aux consultations spécialisées dans les zones les plus fragiles.
Une stratégie assumée : « de la responsabilité à la discipline »
En conclusion des débats, Philippe Gouet a salué « le caractère particulièrement ambitieux » de la programmation d’investissement, estimant que maintenir un tel niveau d’équipements malgré les faibles marges de manœuvre en fonctionnement relève d’un « choix politique fort » au service direct des habitants et de l’attractivité du territoire.
La rapporteure du budget, Claire Foucher-Maupetit, a résumé la philosophie de l’exécutif en ces termes : « Nous passons de la responsabilité à la discipline, pour transformer l’équilibrisme en audace. Sans nos arbitrages mesurés, nous serions aujourd’hui dans la même impasse financière que beaucoup d’autres départements. Cette discipline est ce qui nous permet de rester en mouvement, d’innover et de déployer nos politiques publiques au moment même où le système national vacille. »
Un budget présenté comme un pari : investir et soutenir les solidarités sans rompre l’équilibre, dans un contexte où la question du financement des départements reste plus que jamais posée.

