Marche pour le climat à Blois : 500 personnes mobilisées pour le vivant, la paix et la justice sociale

Environ 500 personnes ont défilé samedi 26 septembre 2026 dans les quartiers nord et le centre-ville de Blois, à l’occasion de la marche nationale pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Citoyens, syndicats, associations, agriculteurs et formations politiques ont appelé à des mesures concrètes face au changement climatique et à ses conséquences sur la santé, l’école, l’agriculture et la biodiversité.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Une mobilisation organisée en trois semaines. Le rendez-vous avait été fixé place Lorjou. Le cortège devait ensuite rejoindre le square Victor-Hugo, puis la place de la Résistance, où plusieurs prises de parole étaient prévues.

À pied, à vélo ou en tracteur, les manifestants ont traversé les quartiers nord et le centre-ville avec des pancartes et des slogans appelant à renforcer l’action publique face au dérèglement climatique.

La mobilisation a été organisée en seulement trois semaines par Philippe Mauclair et le Collectif citoyen du 41, créé pour répondre à l’appel national du 26 septembre. Le soutien de syndicats et d’associations a permis de relayer l’appel sur les réseaux sociaux et de produire puis diffuser les affiches de la marche.

Des citoyens, syndicats et agriculteurs réunis
Le cortège a rassemblé des participants issus de différents horizons : citoyens, familles, groupes d’amis, syndicats, associations, agriculteurs et représentants de formations politiques.

Certaines pancartes mettaient en avant la question des générations futures, avec notamment le slogan : « Les enfants pour le climat ».

Après un été marqué par de fortes chaleurs, les manifestants demandent des mesures à la hauteur des enjeux climatiques. La marche s’inscrivait dans une mobilisation nationale autour de quatre thèmes : le climat, le vivant, la paix et la justice sociale.

« On a peur pour nos enfants »
Dans le cortège, l’inquiétude face au changement climatique revenait dans plusieurs témoignages.

« C’est au gouvernement de prendre des décisions et c’est à lui de bouger. On a peur pour nos enfants. J’en ai trois et cela fait plus de 30 ans que le Giec nous alerte. Mais les gouvernements ne bougent pas et ce sont nos enfants qui paieront demain, vu l’été qu’on vient de passer », témoigne Simon, venu manifester avec son épouse et leurs trois enfants.

Simon, venu manifester avec son épouse et leurs trois enfants, ce samedi 26 septembre 2026. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus 

Les participants demandent notamment des mesures d’adaptation aux épisodes de chaleur, mais aussi des politiques capables de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

« L’environnement s’invite dans le débat politique »
Margot, participante à la marche, regrette la place qu’occupe selon elle l’environnement dans le débat politique.

« C’est un traitement qui est quand même trop minoritaire, surtout par rapport à des sujets qui prennent toute l’ampleur du débat », estime-t-elle.

Elle considère toutefois que les événements climatiques de l’été ont contraint les responsables politiques à se positionner davantage.

« On a bien vu que cet été, les différents représentants ont été obligés de se positionner sur les questions de climat et d’environnement au sens large. Ce n’était pas forcément toujours bien fait, mais le débat a peut-être recommencé à vivre. On espère que cela va pouvoir repartir fort », poursuit-elle.

Environ 500 personnes ont défilé samedi 26 septembre 2026 dans les quartiers nord et le centre-ville de Blois, à l’occasion de la marche nationale pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus 

Un avertissement en vue de la présidentielle
Pour le collectif et les organisations présentes dans le cortège, cette mobilisation doit également servir d’avertissement aux futurs candidats à l’élection présidentielle.

Les manifestants demandent notamment la mise en place de mesures d’adaptation au changement climatique et de politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Ils insistent également sur le lien entre transition écologique et justice sociale. Les changements nécessaires en matière de transport, de logement ou de consommation doivent, selon eux, être accompagnés afin de ne pas pénaliser les ménages les plus modestes.

Un plan d’adaptation et un plan d’atténuation
Lors de son intervention au square Victor-Hugo, Philippe Mauclair a rappelé que le collectif a été constitué trois semaines auparavant, pour répondre à l’appel national.

Il appelle les gouvernants et les futurs candidats à mettre en œuvre une « planification de mesures sérieuses », plutôt que des décisions ponctuelles ou symboliques.

Parmi les revendications portées figurent : le rétablissement du Fonds vert ; la rénovation énergétique des logements ; la protection et la restauration des forêts ; la replantation des haies ; la protection des rivières et des nappes phréatiques ; un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le collectif estime que les initiatives individuelles ne peuvent pas, à elles seules, répondre à l’ampleur de la crise climatique.

Taxer les superprofits pour financer la transition
Sur le volet financier, la mobilisation du 26 septembre porte également plusieurs propositions.

Le mouvement demande notamment la taxation des superprofits liés aux énergies fossiles dès la loi de finances 2027, celle des superprofits de l’armement ainsi que la création d’un impôt climatique sur le patrimoine des plus riches.

Ces revendications s’inscrivent dans les demandes nationales portées par les organisateurs de la marche.

« La maison brûle, arrêtons de regarder ailleurs », a conclu le collectif, qui considère cette mobilisation comme une première étape vers de nouveaux rassemblements.

Des témoignages sur les conséquences de la chaleur
Une dizaine de prises de parole ont ponctué le cortège à différentes étapes de la marche. Dès la place Lorjou, plusieurs intervenants ont témoigné des conséquences concrètes du changement climatique dans leur quotidien et leur secteur d’activité.

Des classes parfois à plus de 34 °C

Alain Cheffer, directeur de l’école Joséphine-Marchais, anciennement école Bel-Air, a alerté sur les conditions dans lesquelles les élèves et les enseignants doivent parfois travailler pendant les épisodes de fortes chaleurs.

Il a évoqué des salles équipées de grandes baies vitrées où la température peut dépasser 34 °C. Fermer l’école n’est pas possible, mais maintenir les élèves dans des pièces surchauffées pose également des difficultés.

Son témoignage a illustré les conséquences très concrètes des vagues de chaleur sur les conditions d’accueil des enfants dans les établissements scolaires.

La CGT Santé alerte sur les hôpitaux

Barbara, représentante de la CGT Santé locale, a également pris la parole pour dénoncer la dégradation des conditions de travail dans les établissements hospitaliers et le manque de moyens.

Elle a évoqué la prise en charge des patients pendant les épisodes de canicule, en indiquant que certaines chambres pouvaient dépasser 30 °C. Ces températures font peser des risques supplémentaires sur les personnes les plus fragiles.

La question d’une éventuelle hausse de la mortalité pendant les épisodes caniculaires a également été abordée.

« Toutes les filières agricoles sont impactées »

Bertrand Monier, représentant de la Confédération paysanne, a témoigné des conséquences des fortes chaleurs sur le monde agricole.

« En Bretagne, 2,5 millions de volailles sont mortes de chaleur », a-t-il rappelé, évoquant également la perte de volailles dans le Loir-et-Cher après une panne électrique.

Face au manque de pluie, les agriculteurs sont confrontés à des difficultés croissantes. « Il ne pleut pas et on ne sait pas comment faire. Toutes les filières sont impactées », a-t-il déclaré.

La Confédération paysanne a également évoqué les aides annoncées pour le secteur agricole, estimant que leur montant reste insuffisant au regard des difficultés rencontrées.

« Cette crise climatique nous impacte tous », a conclu son représentant.

LFI alerte sur un réchauffement de plus de 4 °C

Une prise de parole de La France insoumise a porté sur les conséquences d’un réchauffement climatique important et sur les moyens consacrés à l’adaptation.

« Comment peut-on imaginer vivre dans un monde avec plus de 4 degrés de réchauffement global, avec des suppressions du Fonds vert et des gens que l’on laisse mourir de chaud l’été et de froid l’hiver ? », a lancé le représentant de LFI.

Les interventions ont ainsi abordé plusieurs secteurs directement concernés : l’éducation, la santé, l’agriculture et les conditions de vie.

Le NPA alerte sur l’exposition des travailleurs

Le NPA a évoqué les conséquences sanitaires et professionnelles des conditions environnementales et de travail.

La représentante du parti a notamment abordé l’exposition à l’amiante et les pathologies qui peuvent en découler, en alertant sur le fait que certains travailleurs développent des maladies graves plusieurs années après leur exposition.

Solidaires : « Les travailleurs et les travailleuses subissent »

Le syndicat Solidaires a insisté sur les conséquences des fortes chaleurs pour les salariés, aussi bien sur leur lieu de travail que dans leur logement.

« Les travailleurs et les travailleuses subissent de plein fouet les fortes chaleurs au travail et dans leur logement », a déclaré la représentante du syndicat.

Elle a également souligné que les agents des services départementaux d’incendie et de secours, des hôpitaux, de l’Éducation nationale et des collectivités territoriales, ainsi que les bénévoles, se retrouvent en première ligne face aux conséquences des épisodes climatiques extrêmes.

Solidaires a également alerté sur la situation du monde agricole, fragilisé par les incendies et les sécheresses, et sur le risque de disparition de certaines exploitations.

Mathieu Marquaille : « Je m’engage pour limiter la perte »
Mathieu Marquaille, conseiller municipal écologiste et vice-président d’Agglopolys, a également pris la parole devant les manifestants.

« Plus de 250 marches ont lieu aujourd’hui en France et nous sommes 500 à Blois », a-t-il déclaré, avant d’énumérer plusieurs conséquences du changement climatique observées localement.

« En 2026, nous subissons des canicules, des classes transformées en fournaises, la sécheresse et l’explosion du prix des fruits et légumes », a-t-il poursuivi.

L’élu a aussi évoqué la mortalité piscicole observée dans le Loir-et-Cher au début du mois d’août, indiquant que deux millions de poissons seraient morts.

Pour Mathieu Marquaille, la préservation de l’eau constitue désormais un enjeu majeur pour le vivant et la biodiversité.

« Il faut préserver l’eau pour le vivant et pour la biodiversité. Je m’engage pour limiter la perte, ralentir l’eau, renaturer et préserver les paysages », a-t-il déclaré, en alertant également sur la disparition de nombreux arbres.

À Blois, cette marche a donc élargi le débat aux conditions de travail, à la santé, à l’agriculture, à l’eau et à la biodiversité. Pour les participants, ces sujets doivent désormais être placés au cœur des politiques publiques d’adaptation au changement climatique.