
Mobilisation des lycéens à Blois : 1 500 personnes dans la rue, une journée de revendications et de soutien à la jeunesse
- Nawel THABET
- 6 octobre 2026
- Centre Val de Loire, Société
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Environ 1 500 personnes ont participé, mardi 6 octobre à Blois, à une mobilisation organisée à l’appel notamment de la FSU 41, de la CGT 41 et de Sud Éducation 41. Lycéens, enseignants, parents et grands-parents ont défilé dans le calme pour dénoncer leurs conditions d’étude, le manque de moyens, les emplois du temps chargés, les heures de cours non remplacées, l’état des établissements et Parcoursup. Une délégation de lycéens a également été reçue par le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
La mobilisation lycéenne et éducative s’est poursuivie mardi 6 octobre à Blois. Environ 1 500 personnes ont défilé dans les rues de la ville, selon la FSU 41, répondant à l’appel de plusieurs organisations syndicales, dont la FSU 41, la CGT 41 et Sud Éducation 41. Dans le cortège, lycéens, enseignants, parents et grands-parents ont exprimé leur colère face au manque de moyens, aux absences non remplacées et à la dégradation des conditions d’étude.
Au terme de la manifestation, une délégation de lycéens a été reçue par le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet. Les élèves ont notamment porté leurs revendications sur les conditions d’accueil dans les établissements, la surcharge des emplois du temps et les difficultés liées à Parcoursup.
Une mobilisation largement encadrée à Blois
Dès le début de la matinée, des lycéennes et des lycéens se sont rassemblés devant les grilles des lycées Dessaignes et Sonia-Delaunay. Au mégaphone, certaines manifestantes appelaient leurs camarades encore en retrait à rejoindre le mouvement.
À 8 h 35, plusieurs groupes se sont dirigés vers le deuxième portail du lycée Robert-Badinter. Neuf bus se sont alors retrouvés bloqués pendant une trentaine de minutes au milieu de la foule.
Les passagers ont dû quitter les véhicules, laissant momentanément les bus vides. Des élèves ont collé des affiches sur le pare-brise du premier bus. Avec l’autorisation du chauffeur, des lycéens sont montés à bord de l’un des bus, le conducteur leur ayant ouvert les portes.
La police est rapidement intervenue afin d’éviter que la situation ne dégénère. Les lycéens ont finalement évacué le bus par la porte arrière, également ouverte par le chauffeur. Une fois la circulation rétablie, les neuf conducteurs ont pu reprendre leur trajet.
Quatre lycéennes sont ensuite revenues retirer les autocollants apposés sur le pare-brise, permettant au chauffeur de poursuivre sa route dans de bonnes conditions.
Des lycéens rassemblés devant la préfecture
Vers 9h35, les lycéens se sont retrouvés devant la préfecture de Loir-et-Cher. Dans une ambiance bon enfant, chants et danses ont accompagné le rassemblement.
À 10h08, le cortège s’est élancé en direction de la place de la Résistance, dans le centre-ville de Blois.
Dans les rues, les lycéens ont scandé leurs slogans et porté leurs principales revendications.
Emplois du temps, Parcoursup, professeurs : les mêmes revendications
Parmi les principales préoccupations exprimées figurent les journées de cours jugées trop longues, les nombreuses heures de « trous », le manque de professeurs, les classes chargées, Parcoursup, mais aussi l’état parfois dégradé des établissements et le manque de moyens.
Moustafa, élève de terminale au lycée Camille-Claudel, témoigne : « Globalement, il y a beaucoup de choses : les heures de 8 heures à 18 heures, plus 35 élèves dans la classe. Il fait froid l’hiver et chaud l’été. »
Pour Ylan, également en terminale à Camille-Claudel, la mobilisation concerne plus largement l’ensemble de la communauté éducative :
« Il y a beaucoup de problèmes. Aujourd’hui, on est là pour tout le monde : les professeurs, les AED, les salaires. Il faut que ça change. »
Le lycéen raconte également avoir été reçu avec des représentants des cinq lycées de Blois par le préfet Joseph Zimet : « on a exposé tous nos problèmes avec la présence du directeur des services départementaux de l’Education, DASEN. Il a tout noté. J’espère que ça va changer. »
Selon Ylan, les lycéens ont également échangé avec le maire de Blois, rencontré aux jardins de l’Évêché :
« Il nous a entendus et on a échangé nos contacts avec ses services. Il nous a dit que ses portes restent ouvertes pour écouter les revendications des lycéens. »
Parents et enseignants aux côtés des élèves
La mobilisation a également rassemblé des parents, des grands-parents et des enseignants venus apporter leur soutien aux jeunes.
Liliane, grand-mère présente devant la préfecture, explique :
« Je ne suis pas uniquement là pour mes petits-enfants, mais pour tous les lycéens. Je trouve inadmissible que nos enfants soient violentés par la police comme on le voit à la télévision. Je suis là pour les soutenir. »

Quatre enseignantes de français, de mathématiques et de philosophie des lycées Camille-Claudel et Dessaignes ont également participé au rassemblement.
Elles expliquent être présentes « par solidarité » et pour soutenir leurs élèves, dont elles disent être « fières ». Elles soulignent également le caractère calme de la mobilisation à Blois.

« On est le futur »
Place de la Résistance, une autre lycéenne a pris la parole devant le cortège, « c’est la France elle-même qui a besoin qu’on bouge et qu’on fasse quelque chose. On est le futur, on est la génération et la jeunesse qui va faire construire le monde. »
Les pancartes brandies tout au long du cortège résumaient également les revendications des jeunes :
« Un prof ne peut pas enseigner 15 matières mais un élève doit en maîtriser 15 »
« On veut le bac, mais pas la bac »
« Touche pas à nos gosses »
“Etudiants en colère”
” Pas de futur sans culture “
” On se bat pour nos droits “
« 35 par classe, mais le problème c’est le téléphone »
« Lycéens mobilisés, parents à leurs côtés »

Emmanuel Mercier : « Les revendications des lycéens rejoignent celles des personnels »
Depuis la place de la Résistance, Emmanuel Mercier, secrétaire général de la FSU 41, a également pris la parole.
Le responsable syndical a dénoncé plusieurs années de politiques budgétaires qu’il juge défavorables à l’Éducation nationale, citant notamment les suppressions de postes, la dévalorisation salariale et les réformes du lycée et du baccalauréat, ainsi que Parcoursup.
Selon lui, l’Éducation nationale serait aujourd’hui à « un point de bascule » et les revendications des lycéens rejoindraient celles des personnels.
Il réclame notamment davantage de moyens pour les remplacements, les établissements scolaires, les emplois du temps et l’accompagnement des élèves, ainsi que des créations de postes.
La FSU 41 demande également l’annulation des 1 588 suppressions de postes d’enseignants annoncées pour la rentrée prochaine, ainsi que la création de postes d’infirmières, d’assistantes sociales et de psychologues de l’Éducation nationale. Cette revendication figure également dans les appels syndicaux à la mobilisation du 6 octobre.

Une mobilisation dans le calme sous la présence des forces de l’ordre
Tout au long de la matinée, la mobilisation a été fortement encadrée, avec une présence importante des forces de l’ordre autour des établissements scolaires et de la préfecture.
Syndicalistes, enseignants, parents et grands-parents étaient également présents aux côtés des lycéens.
La journée s’est déroulée dans le calme à Blois, alors que le mouvement lycéen se poursuit depuis plusieurs jours. Les organisations syndicales avaient appelé les personnels de l’Éducation nationale à rejoindre la mobilisation du 6 octobre, notamment autour des conditions d’études, du manque de personnels, du bâti scolaire et des effectifs par classe.
Après le défilé, qui s’est achevé vers 12h15, plusieurs lycéens sont restés mobilisés jusqu’en fin d’après-midi.
