
Mobilisation des lycéens à Blois : 500 manifestants dans la rue pour réclamer davantage de moyens pour l’École
- Nawel THABET
- 13 octobre 2026
- Société
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Ce mardi 13 octobre 2026, environ 500 manifestants, selon la FSU 41, ont défilé dans les rues de Blois pour défendre les conditions d’études des lycéens. Moins nombreux que lors de la mobilisation du 6 octobre, les manifestants ont pu compter sur la présence d’étudiants, de syndicats, de parents d’élèves et d’enseignants venus soutenir le mouvement lycéen.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Ils se sont rassemblés devant la préfecture de Loir-et-Cher avant de rejoindre l’escalier Denis-Papin, puis la place de la Résistance. Pour ce cinquième acte de la mobilisation nationale des lycéens, le cortège était moins fourni que lors de la précédente journée de mobilisation, le 6 octobre.
En cause, notamment, la présence moins importante des lycéens, freinés par la pression scolaire, les évaluations et la crainte que les absences soient prises en compte dans leurs dossiers Parcoursup.
Selon la FSU 41, environ 500 personnes ont participé à la manifestation. Si le nombre de participants était en baisse, le cortège restait compact, rythmé par les slogans et les pancartes dénonçant le manque de moyens dans l’enseignement public.
« Les lycéens, les étudiants ont la classe », « Tous ensemble, on est fort », « Nos pancartes sont en carton, nos revendications sont en béton » ou encore « L’argent, on en veut pour les lycées de banlieue » : les slogans ont donné le ton d’une mobilisation placée sous le signe de la solidarité entre lycéens, étudiants et personnels de l’Éducation nationale.
Les étudiants de Blois aux côtés des lycéens
Parmi les manifestants, plusieurs dizaines d’étudiants de l’INSA Centre-Val de Loire et de l’École nationale supérieure de paysage de Blois ont rejoint le cortège.
À la tête de la mobilisation, Marie, étudiante, défend les revendications des lycéens et dénonce également les difficultés rencontrées dans l’enseignement supérieur.
Léo, étudiant à l’École nationale supérieure de paysage, explique que la mobilisation dépasse les seules questions liées aux conditions d’études dans les lycées.
« Nous sommes en grève depuis vendredi avec les écoles nationales du paysage de France, Versailles, Bordeaux, Lille et Marseille, illimitée, jusqu’à la décision de l’AG. On veut une réflexion sur les partenaires financiers comme Vinci, Eiffage et Thales de l’école qui détruisent le paysage que nous, on promeut. Nous exigeons des subventions publiques. »
Les étudiants entendent ainsi défendre les moyens de l’enseignement supérieur public et questionner les partenariats financiers de leurs établissements.

« On n’a pas de temps libre, comment voulez-vous qu’on découvre le monde ? »
Au cœur du cortège, les lycéens ont pris la parole pour raconter leur quotidien et expliquer les raisons de leur mobilisation.
Moustafa, élève au lycée Camille-Claudel, dénonce des journées de cours trop longues et un rythme scolaire qui ne leur laisse que peu de place pour leur vie personnelle.
« On n’a pas le temps de manger, l’emploi du temps est chargé, on n’a pas de vie, on est fatigué, on se réveille avant 6 heures du matin et on commence les cours à 8 heures et on termine à 18 heures, on rentre tard à la maison et il faut qu’on fasse nos devoirs, on n’a pas de temps libre, on est des jeunes, comment voulez-vous qu’on découvre le monde », lance Moustafa.
Pour Asma, élève au lycée Augustin-Thierry, les revendications portent également sur le manque de moyens humains et la pression scolaire.
« On parle aussi du manque de moyens, du manque de professeurs, et des conditions de travail et aussi de la pression scolaire qu’on subit au quotidien, aujourd’hui nous sommes des élèves mais nous sommes aussi des personnes qui ont le droit d’être entendues. »
« On a froid l’hiver et chaud l’été » : les bâtiments scolaires dénoncés
Araceli, élève au lycée Dessaigne, réclame une amélioration des conditions d’apprentissage et une rénovation des établissements scolaires.
« On demande juste de meilleures conditions de travail, un meilleur budget de l’Éducation nationale et l’État d’une manière générale, on veut de la rénovation de certains bâtiments. »
Elle dénonce notamment les températures dans les salles de classe et les effectifs trop élevés.
« On a froid l’hiver et chaud l’été, ce n’est pas normal, on est 35 par classe, les professeurs n’arrivent pas à nous expliquer les cours correctement, on est des enfants, on arrive au lycée à l’âge de 14 ans. Depuis quelques semaines, la police nous a gazés, nous a frappés, nous a poussés, alors que nous sommes des enfants, je rappelle. »
Ylan, lui aussi élève au lycée Camille-Claudel, insiste sur les difficultés rencontrées par les enseignants et les personnels qui accompagnent les élèves.
« Il faut penser aux professeurs aussi, les AESH, AED, le métier intéresse de moins en moins, les professeurs ne peuvent pas enseigner dans des classes délabrées avec 35 élèves. »
Parcoursup et les absences : pourquoi certains lycéens restent à l’écart
Si des lycéens ont rejoint la manifestation, d’autres n’ont pas pu y participer. La pression scolaire et les conséquences possibles des absences sur leurs dossiers d’orientation constituent un frein important à la mobilisation.
Une lycéenne explique être présente parce que son professeur est en grève, tout en soulignant les difficultés rencontrées par ses camarades.
« Je suis là parce que mon professeur fait grève, mais j’ai des camarades qui ont fait blocus jeudi, vendredi, n’ont pas pu venir parce que les absences comptent dans Parcoursup, ça compte dans nos dossiers, entre les parents et les écoles, c’est compliqué d’avoir beaucoup d’absences », confie-t-elle.
Cette inquiétude illustre l’une des contradictions du mouvement : les lycéens souhaitent faire entendre leurs revendications, mais redoutent que leur engagement ait des conséquences sur leur parcours scolaire et leur orientation.

La FSU 41 dénonce « trois semaines » sans réponse du gouvernement
Lors de sa prise de parole, Emmanuel Mercier, pour la FSU 41, a dénoncé l’absence de réponses jugées satisfaisantes du gouvernement après plusieurs semaines de mobilisation.
Il a d’abord exprimé sa solidarité envers les personnels blessés lors d’une attaque par arme à feu dans un collège d’Aubagne, avant de rappeler les revendications portées par les personnels et les lycéens.
Le représentant syndical critique les réponses gouvernementales, notamment les mesures annoncées concernant la démocratie lycéenne et le remplacement des enseignants absents.
Pour lui, la priorité reste le recrutement de personnels qualifiés et la création de postes nécessaires au bon fonctionnement des établissements.
« Pour remplacer une personne qualifiée, faut une autre personne qualifiée. Et pour cela, il n’y a pas de miracle : il faut recruter et créer les postes nécessaires », défend-il.
La FSU 41 réclame notamment l’annulation des suppressions d’emplois prévues dans les universités et l’Éducation nationale, une baisse du nombre d’élèves par classe, un plan de financement de la rénovation du bâti scolaire à hauteur de cinq milliards d’euros par an pendant dix ans, ainsi que l’abrogation de Parcoursup et l’ouverture de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur.
Le syndicat demande également davantage de personnels accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et la création d’un statut de catégorie B.

À l’université de Tours, les personnels alertent sur le manque de moyens
Béatrice Markhoff, qui s’est exprimée au nom de l’antenne de Blois de l’université de Tours et des écoles d’ingénieurs de Tours, a également apporté son soutien aux lycéens mobilisés.
Elle a notamment alerté sur les difficultés financières rencontrées par les universités publiques, qui, selon elle, fragilisent les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des étudiants.
Elle souligne que les établissements peinent à remplacer les fonctionnaires titulaires partant à la retraite ou quittant leurs fonctions, ce qui entraîne un recours accru aux personnels contractuels et vacataires.
Pour la représentante, le financement de l’enseignement supérieur relève de choix politiques. Elle demande que les financements publics soient davantage orientés vers les universités et les écoles publiques, afin de garantir des conditions d’études équitables sur l’ensemble du territoire.
Elle met également en garde contre les hausses des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur et défend le droit des jeunes à exprimer leurs revendications et à manifester.

