Mobilisation des lycéens à Blois : « personne ne nous écoute », la colère gronde toujours

Ce vendredi 2 octobre 2026, la mobilisation des lycéens s’est poursuivie à Blois pour une deuxième journée consécutive. Dans le calme, lycéennes lycéens et ont dénoncé leurs conditions d’études : établissements qu’ils jugent dégradés, journées à rallonge, heures de cours non remplacées, manque de professeurs, classes chargées et inquiétudes autour de Parcoursup. Avec un sentiment commun : « ne pas être écoutés ». Une nouvelle mobilisation est annoncée lundi.

Par Nawel Thabet / Medianawplus 

Deux points de rassemblement pour une mobilisation qui s’étend. Dès le début de la matinée, les lycéens se sont retrouvés devant plusieurs établissements de Blois. Un premier rassemblement s’est formé devant Sonia Delaunay et Dessaignes, tandis que d’autres élèves se sont réunis devant Camille-Claudel.
Les deux groupes ont ensuite pris des directions différentes. Les élèves de Camille-Claudel ont rejoint les abords de la préfecture de Loir-et-Cher, où ils ont pu faire entendre leurs revendications.
De leur côté, les élèves de Sonia Delaunay et Dessaignes ont défilé en direction du lycée Robert Badinter, avant de poursuivre leur parcours vers le lycée privé La Providence.
Un dispositif de policiers et de gendarmes a accompagné les différents déplacements. La mobilisation s’est déroulée dans le calme dans les différents cortèges observés.
« On n’est pas fatigués ! » 
Avant 8 heures, les élèves se sont rassemblés devant les grilles de leur établissement. Face au dispositif de sécurité, ils ont scandé  : « On n’est pas fatigués ! »
Dans le cortège, les pancartes résument les principales revendications des lycéens.

Les pancartes des lycéens résument leurs revendications : « Notre avenir ne se décide pas sans nous », « Plus d’heures de trous que de cours » ou encore « On n’a pas fini de se battre ». Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

« On n’a pas fini de se battre », « 35 degrés et 35 par classe, mais le problème c’est le téléphone », « Notre avenir ne se décide pas sans nous », « Plus d’heures de trous que de cours », « On ne veut pas de Parcoursup » ou encore « Avenir sur » figuraient parmi les messages brandis pendant la mobilisation.

Les pancartes des lycéens résument leurs revendications : « Notre avenir ne se décide pas sans nous », « Plus d’heures de trous que de cours » ou encore « On n’a pas fini de se battre ».Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Horaires, professeurs absents et établissements dégradés
Pour les lycéens rencontrés, le ras-le-bol porte d’abord sur leurs conditions quotidiennes.
Un lycéen dénonce des journées trop longues et le manque de temps consacré au travail personnel et à la vie quotidienne.
« Ce n’est pas normal de finir les cours aussi tard, étant donné qu’on est jeunes. Quand on rentre chez nous, il y a le bus, parfois une heure de trajet, puis les révisions, manger, prendre une douche… On n’a pas du tout le temps pour ça. »
Il pointe également les effectifs dans les classes et le manque d’enseignants. « On est trop dans une classe, il n’y a pas assez de professeurs. Ce n’est pas normal. Ça serait bien que ça change et que l’Éducation nationale et le ministre  fassent quelque chose. »
Une lycéenne dénonce, elle aussi, les journées à rallonge, « On en a marre des 8 heures-18 heures. Les profs ne sont jamais là, ils sont toujours absents, on a plein d’heures de trous. On fait des 8 heures-18 heures tous les jours. »
Elle évoque également l’état de l’établissement : « L’établissement est en mauvais état, il y a des dégradations. »
« Personne ne nous écoute »
Chez plusieurs lycéennes, le sentiment de ne pas être entendues revient comme un fil conducteur.
« Personne ne nous écoute. Donc ici, on est là pour revendiquer et j’espère qu’on sera écoutés par l’Éducation nationale. »
Les élèves dénoncent notamment le nombre d’heures de cours, les heures de permanence ou « heures de trous », mais aussi leurs inquiétudes concernant leur orientation et Parcoursup. « On en a marre d’avoir trop d’heures de cours, d’avoir à choisir notre métier futur et que Parcoursup prenne des élèves plus bas alors qu’on donne tout pour être meilleurs que les autres. »
La lycéenne poursuit : « On a énormément d’heures de trous qui pourraient être comblées par des heures de cours. Moi, je trouve ça inadmissible. J’espère vraiment qu’on sera écoutés. »
« Nous les jeunes, on ne nous écoute pas assez »
Une autre lycéenne estime que la mobilisation permet justement aux jeunes de faire entendre leur voix.
« La manifestation, c’est quelque chose de très bien parce que je trouve qu’on ne nous écoute pas assez, nous les jeunes qui voulons faire des études. »
Elle pointe une contradiction entre les besoins de recrutement dans certains métiers et les difficultés rencontrées par les jeunes pour accéder aux études.
« On nous dit qu’on manque d’effectifs dans certains métiers, mais on nous complique l’accès aux études. Du coup, je trouve que la manifestation est une bonne chose parce qu’on a des droits. »
Dans son témoignage, elle termine en entonnant « Aux armes, citoyens ! »,
De Robert Badinter à La Providence, un cortège dans le calme
Après leur rassemblement devant Sonia Delaunay et Dessaignes , les lycéens ont marché en direction du lycée Robert Badinter, anciennement Augustin Thierry.
Quelques tirs de mortier ont été entendus devant l’établissement au cours de la mobilisation. Les élèves ont ensuite poursuivi leur parcours.
Devant Robert Badinter  ont notamment entonné La Marseillaise. Le cortège a ensuite pris la direction du lycée privé  La Providence, où l’ambiance était plus festive. Des élèves ont dansé et chanté dans la rue.
Pendant ce temps, les élèves du lycée Camille-Claudel se sont rassemblés devant la préfecture de Loir-et-Cher.
Devant les grilles, le préfet Joseph Zimet a échangé avec les lycéens et écouté leurs revendications.
Cette séquence intervient alors qu’un important dispositif de sécurité accompagnait les différents rassemblements et déplacements de la matinée.

Le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, échange avec les lycéens de Camille-Claudel devant la préfecture. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Des soutiens syndicaux et politiques
La mobilisation des lycéens bénéficie également de soutiens extérieurs. Le Parti socialiste de Loir-et-Cher, la CGT 41, le NPA 41 et la FSU 41 ont apporté leur soutien au mouvement.
Au niveau national, plusieurs organisations lycéennes et étudiantes ont également appelé à poursuivre la mobilisation après leur rencontre, vendredi 2 octobre, avec le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, estimant ne pas avoir obtenu de « mesures concrètes ».
Rendez-vous lundi
Après cette deuxième journée de mobilisation, les lycéens blésois se sont donné rendez-vous lundi pour une nouvelle mobilisation.
À Blois comme ailleurs en France, leurs revendications portent principalement sur leurs conditions d’études, les moyens accordés aux établissements, les effectifs, les absences d’enseignants, les horaires et leurs inquiétudes concernant leur avenir scolaire et leur orientation.