Mort de Brigitte Bardot : Emmanuel Macron salut “une immense actrice “

Dans un communiqué publié dimanche 28 décembre 2025, le Président de la République et son épouse ont salué en Brigitte Bardot « une immense actrice, une militante libre, une icône qui fit battre le cœur du monde et incarnait un rêve français », adressant leurs condoléances à sa famille et à tous ceux qui l’aimaient.

Par Nawel THABET / Medianawplus

Brigitte Bardot laisse derrière elle un mythe du cinéma français et une figure majeure de la cause animale, autant admirée que contestée.

Avec sa silhouette, sa modernité et sa danse pieds nus passée dans la légende, Brigitte Bardot a très vite connu une célébrité qui ne la quittera plus. Acclamée par certains comme un modèle d’émancipation, fustigée par d’autres pour son pouvoir de transgression, elle refusait les étiquettes : elle se voulait avant tout une femme libre.
Dès lors, les plus grands réalisateurs se l’arrachent : Claude Autant‑Lara (En cas de malheur, 1958), Julien Duvivier (La Femme et le Pantin, 1959), Henri‑Georges Clouzot (La Vérité, 1960), film dans lequel son jeu bouleverse public et critique. En 1963, Jean‑Luc Godard en fait son égérie dans Le Mépris, où ses échanges avec Michel Piccoli entrent au panthéon du cinéma. Elle tourne encore dans Viva Maria ! de Louis Malle ou L’Ours et la Poupée de Michel Deville.

Une icône populaire qui fuit la starisation

Brigitte Bardot n’aimait pourtant pas la star qu’elle était devenue. Menacée par l’OAS pendant la guerre d’Algérie et traquée sans relâche par les paparazzis, elle choisit très tôt de se retirer à Saint‑Tropez, dans une maison de pêcheur qu’elle baptise La Madrague, future adresse mythique qu’elle consacrera dans une chanson.
Suivie dans ses amours, ses mariages avec Jacques Charrier puis Gunter Sachs, et dans sa carrière musicale – notamment son duo avec Serge Gainsbourg –, Bardot s’ancre dans le cœur des Français. Ses initiales « BB » deviennent synonymes de mystère, de gloire et de distance. Elle prête son visage à Marianne, donne son prénom à des milliers de jeunes filles et garde dans le débat public une voix rebelle et sans filtre, exprimant ses idées sans souci de plaire.
Une figure libre, engagée… et controversée

Femme libre, Brigitte Bardot était aussi une femme d’engagement. En 1973, elle renonce définitivement au cinéma pour se consacrer à la protection des animaux, le grand combat de sa vie. En 1986, elle crée la Fondation Brigitte Bardot, financée notamment par la vente de ses biens, pour lutter contre l’importation des peaux de phoque – qu’elle contribuera à faire interdire –, les conditions d’élevage, les abandons, les chasses illégales, les expérimentations et les combats d’animaux.
Aimée et détestée à la fois, Bardot s’est aussi fait remarquer par des déclarations choc et des prises de position très dures sur certains sujets de société, qui lui ont valu plusieurs condamnations, notamment pour provocation à la haine. Cette dimension controversée n’a jamais effacé, pour des millions de sympathisants et de bénévoles, l’image d’une militante ayant incarné une cause de progrès pour la condition animale.

Un héritage durable dans l’imaginaire français

Entre mythe cinématographique, symbole d’émancipation, figure de Marianne et militante de terrain, Brigitte Bardot laisse une empreinte profonde dans la mémoire collective. Elle aura contribué à redéfinir la représentation de la femme à l’écran, tout en donnant à la cause animale une visibilité inédite.
L’hommage de l’Élysée entérine ce statut singulier : celui d’une icône française, à la fois lumineuse et dérangeante, dont la liberté de ton comme les combats continueront de nourrir débats et mémoires bien au‑delà de sa disparition.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.