« Nos enfants ne sont pas des sardines » : plus de 120 manifestants contre les fermetures de classes en Loir-et-Cher

Ce mardi 31 mars, dès 17h30, plus de 120 personnes se sont rassemblées devant le siège de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) à Blois. Enseignants, parents d’élèves, élus, syndicats (FSU41, CGT41, Solidaires) et enfants ont fait entendre leur colère face au projet de fermetures de classes.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Plus de 120 personnes – enseignants, parents d’élèves, enfants, élus et syndicalistes – ont manifesté mardi 31 mars devant la DSDEN de Blois pour dénoncer la fermetures des classes.

Dans une ambiance déterminée, les slogans ont fusé :« Non aux fermetures à Thenay – Le Controis en Sologne et à Monthou-sur-Cher », « Sauvez notre RPI… nos enfants ne sont pas des sardines »,« Ne touche pas à mon école, RPI Thenay / Monthou: Nathan 6 ans », « On a dit oui à Jules Ferry, on dit non, non, non à Macron », ou encore « Stop à la fermeture à la maternelle Les Girards à Vineuil ».
Tous dénoncent la même chose : la suppression de postes et la dégradation des conditions d’apprentissage.


Des enseignants à bout
Pour Carole Heniault, enseignante à la maternelle Les Girards à Vineuil : « C’est la troisième fermeture que je subis dans ma carrière. Oui, il y a une baisse des effectifs, mais c’est justement le moment d’avoir des classes à petit effectif. On ne travaille plus avec les mêmes élèves qu’il y a 25 ans. »
Elle insiste sur une réalité de terrain :« En maternelle, on détecte de plus en plus d’enfants en difficulté. Les petits effectifs sont essentiels. »

Carole Heniault, enseignante à la maternelle Les Girards à Vineuil, dénonce ce mardi 31 mars, une troisième fermeture de classe dans sa carrière et alerte sur la nécessité de petits effectifs. crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Même constat pour Magalie Manseau-Julien, enseignante dans le primaire :
« La baisse démographique pourrait permettre de mieux répartir les moyens et d’accompagner chaque élève dans de bonnes conditions. »

Magalie Manseau-Julien souligne que la baisse démographique devrait permettre de réduire les effectifs par classe et d’améliorer l’accompagnement des élèves.Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Parents et élus mobilisés
Du côté des familles, l’inquiétude est palpable :
« Je suis parent d’élève du RPI Thenay – Monthou-sur-Cher. On est là pour défendre une classe menacée. On veut que tous nos enfants soient correctement encadrés », témoigne Aymeric parent d’élève.

Parents et enfants mobilisés, ce mardi 31 mars à Blois, brandissent des pancartes contre les fermetures : “Nos enfants ne sont pas des sardines”, un message fort pour défendre des conditions d’apprentissage dignes. Crédit photo nawel Thabet / Medianawplus

Les élus locaux alertent également sur l’ampleur des mesures.
Séverine Audiane, adjointe aux affaires scolaires au Controis-en-Sologne, déplore :
« Trois fermetures sur six écoles, soit 17 classes concernées : c’est énorme. », déplore Séverine Audiane, adjointe aux affaires scolaires au Controis-en-Sologne.
Même inquiétude pour Delphine Bardoux, maire déléguée de Thenay : « Une fermeture en RPI, c’est une hausse des effectifs et plus de difficultés pour les élèves. Cela complique le travail au quotidien. »

Des élues locales engagées aux côtés des familles et des enseignants, venues dénoncer l’impact des fermetures de classes sur les territoires ruraux. crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Pour Emmanuel Mercier, co-secrétaire départemental de la FSU41 : « La baisse démographique existe, mais elle ne justifie pas les suppressions de postes. »
Il dénonce une orientation budgétaire claire :« Le gouvernement n’a pour boussole que les économies. L’Éducation nationale doit rendre 1 891 postes. » Et insiste :« Il y a une réflexion purement comptable : moins d’élèves = moins de moyens. Mais il faudrait au contraire donner plus de moyens pour mieux accompagner les élèves».

Emmanuel Mercier, co-secrétaire FSU41, dénonce une “logique comptable” derrière les suppressions de postes et affirme que la baisse démographique ne justifie pas les fermetures de classes. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus.                                                                                                                                                                                         Les manifestants protestaient contre 26 fermetures de classes prévues (9 ouvertures seulement), malgré une baisse démographique. FSU41, CGT41, Solidaires appelaient à refuser les suppressions de postes et réclamer un budget 2027 avec créations d’emplois et revalorisation salariale.
Plus de 120 manifestants se sont rassemblés, ce mardi 31 mars, devant la DSDEN de Blois pour dénoncer les fermetures de classes et suppressions de postes dans le département. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus