Procès de l’agression de Chloé à Blois : 15 ans de réclusion pour l’ex-compagnon, la requalification en violences volontaires maintenue
- Nawel THABET
- 17 janvier 2026
- Centre Val de Loire, Société
- Blois – Cour d’assises – violences conjugales – tentative de féminicide, slider, verdict
Après cinq heures de délibération et deux jours de procès, Marvin J. a été condamné, vendredi 16 janvier 2026, à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Loir-et-Cher. La peine est assortie d’une période de sûreté des deux tiers ainsi que d’un suivi socio-judiciaire de sept ans avec injonction de soins.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
La condamnation, prononcée vendredi soir à Blois, a provoqué une profonde consternation chez les proches de la victime. Jugé pour l’agression d’une extrême violence de son ex-compagne Chloé en 2022, l’accusé a été reconnu coupable de violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente, et non de tentative de meurtre, qualification pourtant requise par l’accusation.
La présidente de la cour d’assises du Loir-et-Cher, Audrey Debeugny, a énoncé le verdict peu avant minuit. La cour et les jurés ont répondu « non » à la question centrale du procès :
« Marvin J. est-il coupable d’avoir tenté de donner la mort à son ex-concubine ? »
Malgré la violence des faits — des coups de pied portés au crâne et au visage — et un pronostic vital longtemps engagé, la cour a estimé que le doute subsistait quant à l’intention homicide de l’accusé.
La cour suit la défense et requalifie les faits
Cette décision s’inscrit dans la ligne de la défense de Me Stéphane Rapin, qui avait plaidé, plusieurs heures plus tôt, la requalification des faits en violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente, estimant que l’intention de tuer n’était pas démontrée.
« Le doute doit toujours profiter à l’accusé. Il n’a jamais dit qu’il avait l’intention de la tuer », avait insisté l’avocat, rappelant ce principe fondamental du droit pénal.
La requalification a provoqué une onde de choc au sein de la partie civile. Tout au long du procès, Marvin J. a nié toute volonté de donner la mort à son ex-compagne.
Une survivante lourdement handicapée à vie
Aujourd’hui âgée de 27 ans, Chloé reste profondément marquée par cette agression. Survivante qualifiée de « miraculée », elle a perdu l’usage de son œil droit et souffre de lésions neurologiques irréversibles, conséquences notamment de deux mois passés dans le coma.
Un rappel des faits
En décembre 2022, Chloé, alors âgée de 24 ans, est retrouvée gisant au sol devant son immeuble à Blois, laissée pour morte après avoir été violemment agressée par son ex-compagnon, Marvin J.. Quelques heures auparavant, la jeune femme, terrorisée, avait tenté de déposer plainte au commissariat, sans que celle-ci ne soit prise.
Frappée à coups de pied au crâne et au visage, Chloé survit par miracle grâce à l’intervention d’un voisin. Plongée dans le coma pendant près de deux mois, elle garde aujourd’hui de lourdes séquelles irréversibles, notamment la perte de l’usage de son œil droit et des lésions neurologiques majeures.
Jugé devant la cour d’assises du Loir-et-Cher jeudi 15 janvier 2026, Marvin J. comparaissait pour tentative de meurtre sur son ex-compagne, des faits qualifiés de tentative de féminicide par l’accusation. Lors du procès, l’avocate générale a requis 22 ans de réclusion criminelle, estimant établie la volonté de tuer.
La partie civile a, de son côté, plaidé avec force le maintien de la qualification de tentative de meurtre, évoquant la violence extrême des coups, leur localisation vitale, l’absence de défense de la victime et un continuum de violences antérieures.
À l’inverse, la défense a contesté l’intention homicide et demandé la requalification des faits en violences volontaires.

