Saint-Pierre-des-Corps : les élèves allophones du lycée Martin-Nadaud décrochent leur 1er stage en France

Du 19 au 31 janvier, les quinze élèves allophones de la classe UPE2A du lycée professionnel Martin-Nadaud, à Saint-Pierre-des-Corps près de Tours, ont effectué leur stage en entreprise.
Une étape importante dans leur parcours d’intégration et d’orientation professionnelle, malgré la difficulté de chercher un stage dans une langue encore en apprentissage. Grâce à leur persévérance et à l’accompagnement de leur professeure, Sophie Khellafi, onze d’entre eux ont réussi à décrocher une place dans des secteurs variés comme la mécanique, la plomberie, la pharmacie ou la restauration.
La classe UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) du lycée professionnel Martin-Nadaud accueille des élèves nouvellement arrivés en France. À Tours et dans son agglomération, ce dispositif permet aux jeunes allophones d’apprendre le français tout en préparant leur orientation et leur insertion professionnelle.
Pour ces élèves, la recherche de stage ne se limite pas à contacter des entreprises. Il faut aussi apprendre à se présenter, téléphoner, expliquer son projet et comprendre les réponses, parfois négatives.
Sur les quinze élèves de la classe, douze ont finalement trouvé un stage. Un résultat encourageant, obtenu après de nombreuses démarches. Plusieurs élèves ont essuyé des refus répétés, souvent liés à la barrière de la langue ou au manque d’expérience.
Fatima souhaitait effectuer son stage dans le domaine de la santé.
« Je voulais faire mon stage comme infirmière ou dans une pharmacie. J’ai contacté quatre pharmacies, mais je n’ai pas trouvé. Ensuite, j’ai essayé dans des supérettes, mais non plus. Je n’ai pas eu de chance », raconte-t-elle.
Fodé, lui, a obtenu un stage dans un restaurant libanais après plusieurs jours de recherche.
« Je suis content, ça fait plaisir. J’ai beaucoup marché pour demander dans des restaurants jusqu’à ce que je trouve celui-là », explique-t-il avec fierté.
Pour Mohamed Amine, la période de recherche a été particulièrement stressante.
« J’ai contacté quinze entreprises de plomberie, mais on me répondait toujours non. On m’a dit que j’avais commencé trop tard. J’étais découragé. Finalement, la veille du stage, j’ai trouvé une place dans un garage de mécanique », confie-t-il. Un soulagement de dernière minute après plusieurs semaines d’incertitude.
Mahamat a, pour sa part, été accepté en stage en mécanique grâce à l’accompagnement de sa professeure et à l’aide d’une traductrice.
« Le chef d’entreprise a dit qu’il n’y avait pas de barrière de langue et qu’on pouvait communiquer avec des gestes », explique-t-il. Une preuve que l’ouverture des employeurs joue un rôle essentiel.
Durant ces deux semaines, les professeurs de mathématiques et d’anglais, ainsi que Sophie Khellafi, ont rendu visite à chaque élève sur son lieu de stage afin de s’assurer que tout se passait bien et de renforcer le lien avec les entreprises. Cet accompagnement a permis de sécuriser le parcours des élèves et de valoriser leur implication.
Sur le terrain, les élèves ont découvert concrètement le monde du travail. En mécanique, ils ont appris à changer des pneus, effectuer une vidange ou remplacer un filtre à huile. En pharmacie, ils ont participé au rangement des médicaments et observé l’organisation de la chaîne logistique. En restauration, ils ont appris à dresser une table, faire le service, travailler en cuisine ou accueillir les clients. En plomberie, ils ont pu observer le remplacement de radiateurs et de tuyaux.
À l’issue du stage, les retours sont majoritairement positifs. Les élèves évoquent une expérience enrichissante qui leur a permis de progresser en français, de gagner en confiance et de mieux comprendre le fonctionnement du monde du travail en France.
Au-delà de la simple obligation scolaire, ce stage représente une étape importante dans leur parcours d’intégration. Il montre que la motivation des élèves, l’accompagnement pédagogique et l’ouverture de certaines entreprises peuvent faire la différence, malgré la barrière de la langue.

Article rédigé par les élèves de la classe UPE2A dans le cadre d’un atelier d’Éducation aux médias et à l’information (EMI), avec l’accompagnement d’une journaliste intervenante.
Les élèves : Aminat, Arsenii P, Arsenii U, Bachir, Fatima, Fodé, Hamza, Karamba, Mahamat, Mohamed Amine, Mustafa, Samira, Walid, Yakhouba, Branca et Aly Badara