Université d’été du Parti socialiste à Blois : la gauche dévoile un contre-budget alternatif de 26,9 milliards d’euros pour l’après-Bayrou

À l’issue de son université d’été à Blois, ce samedi 30 août 2025, le Parti socialiste a détaillé un contre-budget ambitieux, affichant ses priorités pour une alternance « prête » à gouverner si François Bayrou tombe le 8 septembre.

Par Nawel THABET / Medianawplus

Dans un hémicycle de la Halle aux Grains rempli de militants et de figures socialistes, Boris Vallaud, président du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale, et son homologue, président du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain au Sénat, Patrick Kanner, ont introduit toute une série de mesures établies pour proposer un budget alternatif.
Un plan qui mise sur la justice sociale, la contribution des plus aisés, l’investissement dans les services publics et une gestion rigoureuse de la dette, tout en rejetant les méthodes et la politique du gouvernement actuel.

Une nouvelle méthode et un bilan critique du macronisme

Les parlementaires socialistes, réunis autour de Boris Vallaud et Patrick Kanner, dressent un bilan sévère de huit ans de macronisme : creusement du déficit public, inégalités accrues, services publics fragilisés et promesses non tenues, notamment sur la réforme des retraites.
Ils dénoncent une méthode gouvernementale faite de refus du compromis et de décisions imposées, et affirment que leur « budget justifie un vote contre la confiance le 8 septembre».

Des recettes nouvelles et des économies sans pénaliser les classes moyennes

Principale originalité du plan socialiste : 26,9 milliards d’euros de recettes supplémentaires, ciblant d’abord les grandes fortunes et les plus grandes entreprises – notamment grâce à une taxe dite « Zucman » sur les patrimoines au-delà de 100 millions d’euros, un prélèvement sur les très grandes successions, une lutte accrue contre la fraude et une fiscalité sur les GAFAM et la malbouffe.
Le plan socialiste s’inscrit dans une trajectoire pluriannuelle de maîtrise du déficit public à l’horizon 2032.
Il a été construit en cohérence avec la trajectoire proposée par l’OFCE, selon Estelle Mercier, députée de Meurthe-et-Moselle, et Jérôme Guedj, député de l’Essonne, qui ont présenté le chapitre des recettes (26,9 milliards d’euros).

26,9 milliards d’euros de recettes

Taxe « Zucman » de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros : 15 Md€
Refonte de la fiscalité sur les dividendes et les plus-values : 3,8 Md€
Lutte contre la fraude fiscale et sociale : 3,2 Md€
Reconfiguration des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises : 2,9 Md€
Prélèvement social de 1 % sur les très grandes successions : 1 Md€
Contribution GAFAM : 0,8 Md€
Taxe sur la malbouffe : 0,2 Md€
Le PS veut réaliser 14 milliards d’euros d’économies, notamment par la réduction de niches fiscales inefficaces, une meilleure gestion du train de vie de l’État, l’encadrement des indemnités de rupture et des dépenses de santé, sans toucher aux travailleurs ni aux services publics.

6 milliards d’euros de soutien au pouvoir d’achat des travailleuses et travailleur

Le plan vise une hausse du salaire net par la baisse de la CSG sur les revenus du travail jusqu’à 1 920 euros nets par mois.
Pour une mère célibataire qui gagne un SMIC par mois et qui a un enfant, cela représente un gain de pouvoir d’achat de 900 euros par an.
Pour un couple qui gagne 1 920 euros nets par mois par personne, avec deux enfants, cela représente un gain de 1 500 euros par an.

Des priorités : justice sociale, services publics, transition écologique

19,2 milliards d’euros d’investissements sont fléchés vers la suspension immédiate de la réforme des retraites (retour à 62 ans), un plan ambitieux pour l’hôpital, l’école, la transition écologique et le logement, ainsi que le soutien au pouvoir d’achat par la baisse de la CSG sur les revenus modestes.
Le tout s’inscrit dans une trajectoire crédible pour ramener le déficit sous 3 % du PIB à l’horizon 2032, démontrant qu’il « est possible de désendetter sans asphyxier l’économie ni sacrifier les classes populaires ».
Au total, ils étaient huit à présenter toute cette série de mesures :
Boris Vallaud, député des Landes, président du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale,
Patrick Kanner, sénateur du Nord, président du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain au Sénat,
Florence Blatrix-Contat, sénatrice de l’Ain, secrétaire nationale aux Comptes publics,
Philippe Brun, député de l’Eure, vice-président de la commission des finances à l’Assemblée,
Sandrine Runel, députée du Rhône,
Estelle Mercier, députée de Meurthe-et-Moselle,
Laurence Rossignol, sénatrice du Val-de-Marne,
Jérôme Guedj, député de l’Essonne.

Une gauche qui se veut force de responsabilité

Le PS plaide pour une autre méthode de gouvernement : refus du 49.3, volonté de compromis, de dialogue social et d’ouverture à d’autres forces progressistes hors La France insoumise, prêts à travailler « texte par texte ».
Les dirigeants socialistes doivent maintenant convaincre partenaires et électeurs qu’une alternative responsable, juste et écologiste est possible pour l’après-Bayrou.

Journaliste (Carte de Presse 143032)bilingue arabophone/francophone avec plus de 25 ans d’expérience, certifiée EMI Éducation aux médias et à l’information par la CPNEF de l'audiovisuel.Diplômée d’une licence professionnelle option Journalisme à l’EPJT.