Sécurité routière en Loir-et-Cher : une campagne choc pour enrayer l’hécatombe sur les routes du département

Prévention, contrôle, sensibilisation : l’État, le Conseil départemental et le parquet unissent leurs forces pour lutter contre la hausse dramatique des accidents en Loir-et-Cher. Face à une année 2025 marquée par 30 décès sur les routes, une vaste campagne de sécurité routière est lancée pour changer durablement les comportements.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Le préfet Joseph Zimet, le président du Conseil départemental Philippe Gouet et le procureur de la République Stéphane Javet ont lancé lundi 27 avril à Blois une vaste campagne de sécurité routière en Loir-et-Cher. Face à une accidentalité jugée préoccupante, le trio mise sur une stratégie mêlant prévention, contrôles et sensibilisation pour tenter d’enrayer la hausse des comportements à risque.

Une mobilisation inédite pour faire reculer l’insécurité routière.C’est une alliance institutionnelle forte qui s’est affichée ce lundi 27 avril à la préfecture à l’occasion d’une conférence de presse consacrée à la sécurité routière en Loir-et-Cher. Autour d’une même table, le préfet Joseph Zimet, le président du Conseil départemental Philippe Gouet et le procureur de la République Stéphane Javet ont officiellement donné le coup d’envoi d’une campagne départementale d’envergure.

Réunis autour d’une même table ce lundi 27 avril, le préfet Joseph Zimet, le président du Conseil départemental Philippe Gouet et le procureur de la République Stéphane Javet ont officiellement lancé la campagne départementale de sécurité routière en Loir-et-Cher. crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Objectif : sensibiliser, apprendre et comprendre, afin de lutter contre une dégradation alarmante de l’accidentalité sur les routes du département.
« C’est vraiment une action en conscience que nous voulons mener pour toucher les esprits. C’est l’objectif », a affirmé le procureur Stéphane Javet.
Cette campagne repose sur une conviction simple : seule une action coordonnée entre institutions, forces de l’ordre, justice et acteurs locaux permettra d’inverser une tendance devenue “inacceptable”, selon le préfet.
2025, une année noire pour la sécurité routière en Loir-et-Cher
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, 30 personnes ont perdu la vie sur les routes du Loir-et-Cher, soit une hausse de 58 % par rapport aux années précédentes. À cela s’ajoutent 212 accidents corporels et 273 blessés.
Derrière ces statistiques, ce sont des drames humains, des familles brisées et des vies bouleversées.
« Nous avons connu une année mortifère en 2025 avec des chiffres alarmants », a rappelé Stéphane Javet.
Pour les autorités, cette situation impose une réaction immédiate.
Des comportements à risque au cœur du problème
Si l’état des infrastructures reste un enjeu important, les causes principales des accidents sont avant tout comportementales.
le président du Conseil départemental, Philippe Gouet a tenu à rappeler que le département mène un travail systématique après chaque accident :
« Après chaque accident, nous établissons un travail d’analyse pour détecter l’état des routes, la signalisation et s’assurer que les routes départementales ne sont pas la cause derrière ces accidents. »
Les conclusions sont sans appel : 77 % des accidents surviennent sur des lignes droites, preuve que l’infrastructure n’est pas toujours en cause.
Les facteurs les plus fréquents restent :la vitesse excessive, l’alcool au volant, la consommation de stupéfiants, l’usage du téléphone, le non-respect des règles de circulation.
« On ne peut pas conduire sous l’emprise de l’alcool et reprendre un comportement normal. Il fallait réagir.», martèle Philippe Gouet. Il a rappelé que le Département continue de consacrer un budget constant à l’entretien et à la sécurisation de ses 3 494 kilomètres de routes, même si, selon lui, les accidents trouvent dans l’immense majorité des cas leur origine dans les comportements des conducteurs.
Une campagne départementale sur mesure pour marquer les esprits
Pour répondre à l’urgence, les autorités ont choisi une approche inédite, construite autour de plusieurs leviers : prévention, contrôle, pédagogie et communication.
« Je suis convaincu qu’il faut faire du sur-mesure. Il faut s’adresser à la population là où elle est. Je crois à l’action de terrain, dans la proximité. C’est au quotidien qu’il faut agir », a souligné le préfet Joseph Zimet.
En seulement quelques semaines, les partenaires ont mis en place un programme ambitieux pour mobiliser l’ensemble du territoire.
« En 30 à 45 jours, nous avons conjugué un ensemble d’outils à notre disposition : des actions de prévention, de contrôle, de pédagogie et des actions de communication pour interpeller l’opinion publique. », a expliqué le préfet.
Refus d’obtempérer : une hausse jugée extrêmement préoccupante
Autre phénomène inquiétant : la progression constante des refus d’obtempérer.
« Les refus d’obtempérer sont en hausse constante. Les délinquants de la route n’ont plus peur, et tout cela est extrêmement préoccupant. », a détaillé le représentant des services de l’État.
Le directeur départemental de la police nationale, Éric Lortet, a livré un constat concret :
« Rien que la semaine dernière, nous avons eu cinq refus d’obtempérer et quatre personnes interpellées. La plupart ne s’arrêtent pas parce qu’ils sont en infraction : conduite sans permis, alcool au volant, refus de priorité… mais cela aggrave leur situation et peut les conduire à l’incarcération. ».
“Les contrôles vont donc se multiplier dans les prochaines semaines, avec des opérations ciblées sur : la vitesse, l’alcool, les stupéfiants, les deux-roues motorisés.”, a indiqué le Chef de la police départementale.
Une réponse judiciaire ferme
Du côté du parquet, la ligne est claire : tolérance zéro. « Depuis six à huit mois, la plus grande fermeté de poursuite est menée sur ces comportements dangereux. 45 personnes sont actuellement détenues à la prison de Blois pour des faits liés à des refus d’obtempérer. », a révélé le procureur Stéphane Javet.
Il a ajouté « L’action est déjà là. L’engagement que je prends, ma main ne va pas faiblir, et au cas de besoin elle s’accentuera. »
Gendarmerie et police pleinement mobilisées pendant les ponts de mai
Le mois de mai, marqué par cinq week-ends prolongés, sera un moment clé.
Le colonel Benoît Chevillard a annoncé une présence renforcée de la gendarmerie sur l’ensemble du territoire.
« La gendarmerie sera présente tout au long des cinq week-ends des ponts. »

Le colonel de gendarmerie Benoît Chevillard a détaillé le dispositif renforcé mis en place durant les week-ends prolongés de mai, avec une présence accrue des forces sur l’ensemble du territoire. crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

La police nationale intensifiera également ses actions, notamment sur les excès de vitesse, l’alcool et les stupéfiants. Le directeur départemental de la police nationale, Éric Lortet, a évoqué une situation préoccupante avec cinq refus d’obtempérer la semaine dernière et plusieurs interpellations. Il a aussi indiqué que les contrôles des motocyclistes se multiplient à Blois et à Vendôme.Une mobilisation renforcée pour prévenir les excès liés à ces périodes traditionnellement sensibles.

Le directeur départemental de la police nationale a présenté les actions de contrôle et de répression qui seront intensifiées pour lutter contre les comportements dangereux sur les routes du Loir-et-Cher. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus                                                                                                                          

Une campagne de communication massive dans tout le département

Pour toucher largement la population, un vaste plan de communication sera déployé. Le dispositif sera visible dans l’espace public au mois de mai, avec 380 faces d’abribus, des affichages sur les grilles du Palais de justice, de la Préfecture et de l’Hôtel du département, ainsi que des publications numériques et un dossier dans le magazine départemental en juin.

Au programme :
380 affichages dans 254 abribus du département,
18 affichages sur les grilles du Palais de justice, de la Préfecture et de l’Hôtel du département,
campagnes digitales sur les réseaux sociaux,
publications print et vidéos de sensibilisation,
neuf visuels percutants illustrant les principales causes d’accidents.
Chaque visuel a été réalisé à partir de photographies prises sur les routes du Loir-et-Cher afin de renforcer l’identification locale.
Un impératif collectif pour sauver des vies
Au-delà des institutions, les responsables insistent sur la responsabilité individuelle de chaque usager. La sécurité routière ne dépend pas uniquement des infrastructures ou des contrôles. Elle repose avant tout sur des choix personnels au volant.
« Nous voulons changer les choses et renverser cette tendance que nous estimons inacceptable.», a précisé le Préfet.
La campagne se veut donc à la fois préventive, pédagogique et dissuasive.
Son ambition est claire : faire évoluer durablement les comportements pour sauver des vies sur les routes du Loir-et-Cher.