1er mai à Blois : syndicats et manifestants en première ligne pour les salaires, la paix et le maintien du jour férié

Entre revendications salariales, inquiétudes sur l’avenir du 1er Mai chômé et dénonciation des inégalités sociales, plusieurs centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Blois ce vendredi 1er mai. Une mobilisation festive, mais traversée par une profonde inquiétude sociale.

Par Nawel Thabet / Medianawplus 

À Blois, un 1er Mai sous le signe de la résistance sociale.Ils étaient plusieurs centaines  à battre le pavé dans les rues de Blois ce vendredi 1er mai, dans une ambiance à la fois conviviale et revendicative. Après le défilé, les participants se sont retrouvés place de la République autour d’une plancha, symbole d’un moment de partage, mais aussi d’une mobilisation déterminée.
Un seul mot d’ordre dominait cette journée : défendre le 1er Mai comme journée chômée et payée, tout en exigeant la paix et une hausse générale des salaires.
Cette édition 2026 intervient dans un contexte particulier, marqué par le flou entretenu autour du statut du 1er Mai et l’ouverture exceptionnelle de nombreux commerces, notamment les boulangeries et fleuristes.

Une journée symbolique fragilisée

Le maintien du 1er mai comme jour férié a dominé les prises de parole, dans un climat jugé flou par les syndicats en raison des hésitations du gouvernement. À Blois comme ailleurs, plusieurs boulangers et fleuristes ont ouvert leurs portes, ce qui a alimenté les critiques des manifestants sur une possible remise en cause progressive de cette journée symbolique. Pour les manifestants, cette situation représente une remise en cause d’un acquis social historique.
« C’est la catastrophe. Ils veulent toucher à notre journée, c’est scandaleux, c’est notre droit », déplore Catherine, présente dans le cortège.
Cette inquiétude dépasse le simple symbole : pour beaucoup, il s’agit d’un premier pas vers une banalisation du travail les jours fériés.
Inflation et pouvoir d’achat : la colère monte
Au cœur des revendications, la question des salaires reste centrale.
« Il faut augmenter les salaires. L’inflation est beaucoup plus forte, avec la hausse du gazole, on n’arrive plus à joindre les deux bouts », témoigne Hervé.
Dans un contexte économique tendu, marqué par la hausse du coût de la vie, les manifestants dénoncent un décalage grandissant entre les revenus et les dépenses du quotidien.
Le pouvoir d’achat, la justice sociale et la reconnaissance du travail étaient omniprésents dans les discours.

CGT 41 : un 1er Mai ancré dans l’histoire des luttes
Les syndicats en ordre de bataille. Dans sa prise de parole, Didier Calvo pour la CGT 41 a rappelé l’histoire ouvrière du 1er Mai, né à Chicago autour de la revendication des huit heures de travail.
Il a insisté sur le caractère profondément militant de cette journée :
« Le 1er Mai n’est pas une fête folklorique, c’est une journée de lutte, de revendication et de solidarité internationale. »
La CGT a dénoncé les attaques contre les droits sociaux, la pression du patronat et l’affaiblissement de l’Inspection du travail. ” C’est au patronat et à ceux et celles qui le soutiennent de payer la casse sociale pas aux travailleuses et aux travailleurs.”
Le syndicat a également alerté sur les restructurations industrielles locales et les suppressions d’emplois, pointant les conséquences directes sur les salariés.

“Face à cette offensive réactionnaire les luttes se multiplient, les aides à domicile de l’ADMR 41 et au plan national ne veulent plus payer pour aller travailler ! les soignants et soignantes à l’hôpital, dans les Ehpad, à la Clinique de la Borde exigent des embauches et des moyens pour faire leur métier, ils et elles revendiquent par la grève des augmentations de salaire et disent: Nous soignons ! Payez-nous ! pour vivre de notre travail et pour financer par le salaire socialisé notre sécurité sociale, l’hôpital public et l’accès aux soins partout et pour toutes et tous !”, a détaillé Didier Calvo.
Solidaires 41 : préserver les acquis et combattre les reculs sociaux
Pour Solidaires 41, ce 1er Mai est avant tout un rappel : les droits des travailleurs n’ont jamais été offerts, ils ont été conquis collectivement.
Le syndicat a vivement critiqué les tentatives de remise en cause du 1er Mai chômé et rémunéré, ainsi que les réformes jugées favorables aux intérêts patronaux.
Parmi les revendications fortes :
l’abrogation de la réforme des retraites, une hausse de 300 euros nets pour tous, la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, l’interdiction des licenciements dans les entreprises profitables.
« Nous avons gagné nos droits dans la lutte collective », a martelé le syndicat.

“Depuis toujours, l’amélioration des conditions de travail et les droits des travailleuses et travailleurs a été conquise dans la rue et par la grève ! Nous n’avons jamais demandé leur avis aux patrons, nous avons gagné nos droits dans la lutte collective ! Et cette lutte collective est une condition de l’efficacité de la résistance à la néo-fascisation de la société !”, a martelé le syndicaliste des Solidaires 41.
FSU 41 : justice sociale, services publics et lutte contre l’extrême droite
Le secrétaire général de la FSU 41, Emmanuel Mercier, a replacé cette journée dans une perspective plus large. Il a rappelé que le 1er Mai est la journée des travailleurs du public comme du privé, mais aussi un temps fort pour défendre les services publics, les libertés fondamentales et la démocratie sociale.
« Rien n’est jamais acquis, tout se conquiert. »
Son intervention a insisté sur la nécessité d’un autre partage des richesses, d’une fiscalité plus juste et d’un investissement massif dans les services publics.
Il a également alerté sur la progression des idées d’extrême droite, nourries selon lui par les inégalités, la précarité et l’abandon de certains territoires.

“Pour faire barrage aux idées d’extrême droite, il est plus que jamais nécessaire de porter un modèle social plus juste et de défendre les droits de toutes et de tous.
Ainsi, il faut redonner du sens au travail, agir pour les salaires, les minimas sociaux et le pouvoir d’achat, protéger les plus précaires, investir dans les services publics, lutter contre les inégalités territoriales, accompagner les transitions industrielles et écologiques, renforcer la démocratie locale et sociale.”, a souligné Emmanuel Mercier.

Une mobilisation locale, un message national

Au-delà du 1er mai lui-même, les discours ont convergé sur la défense des salaires, la lutte contre la précarité et la dénonciation des profits jugés indécents des grandes entreprises. Les intervenants des syndicats (CGT41,  Solidaires41 et FSU41) ont également condamné les guerres en cours, évoquant leurs conséquences humaines, sociales et économiques, et ont insisté sur la solidarité internationale entre travailleurs et peuples opprimés.

La manifestation blésoise s’est ainsi inscrite dans la tradition d’un 1er mai à la fois revendicatif et symbolique, où les syndicats ont voulu rappeler que les droits sociaux ne sont jamais acquis définitivement.

Dans les rues de la ville, le message était clair : pas de recul sur les droits sociaux, pas de banalisation du 1er Mai, et une exigence forte de justice salariale et de paix.