
À Blois, 700 manifestants dans la rue : pouvoir d’achat, école et lutte contre le racisme au cœur du rassemblement
- Nawel THABET
- 24 octobre 2026
- Société, Centre Val de Loire
- Blois, Loir-et-Cher, mobilisation 24 octobre, Préfet 41, slider
La mobilisation a rassemblé environ 700 personnes ce samedi 24 octobre à Blois, contre près de 2 500 la semaine précédente. Si une partie des manifestants a rejoint le rassemblement organisé à Orléans contre le Rassemblement national (RN), les revendications sont restées les mêmes dans les rues de Blois : dénoncer la vie chère, défendre le pouvoir d’achat et réclamer davantage de moyens pour l’Éducation nationale. Plusieurs manifestants ont également exprimé leur indignation après les faits survenus à Trappes.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Ils étaient environ 700 à défiler dans les rues de Blois, samedi après-midi, loin des quelque 2 500 manifestants réunis la semaine précédente. Une mobilisation moins importante, alors qu’une partie des participants s’était rendue à Orléans pour rejoindre les plus de 15 000 personnes mobilisées contre le Rassemblement national, selon les estimations évoquées pour ce rassemblement.
À Blois, le mot d’ordre n’a pas changé : dénoncer la vie chère, défendre le pouvoir d’achat et réclamer davantage de moyens pour l’Éducation nationale. Les manifestants ont également voulu apporter leur soutien à la mobilisation lycéenne, dans un contexte de contestation sociale qui dépasse les frontières du département.
Une manifestation rythmée par la musique
Malgré une mobilisation moins importante, le cortège a défilé dans une ambiance bon enfant et festive. Une formation musicale composée de jeunes étudiants tourangeaux, est venue de Tours pour accompagner les manifestants en musique.
Les rythmes se sont succédé tout au long du parcours, entre chants, danses et slogans. Une animation appréciée par de nombreux participants, heureux de retrouver un peu de légèreté dans un contexte social morose.
« Ça calme », « on danse », « ça apporte un peu de gaieté en ce contexte morose », confie une manifestante, conquise par l’ambiance musicale.
Un important dispositif des forces de l’ordre était déployé à proximité du rassemblement, à distance du cortège. La manifestation s’est déroulée dans le calme, sans incident signalé.

« Arrêtez de nous affamer et de gaver les riches »
Parmi les manifestants, les motivations restent diverses, mais les critiques contre les politiques gouvernementales et les inégalités sociales sont récurrentes.
Linda explique être venue défendre les libertés : « Je suis là parce que je milite, parce que je suis pour la liberté et non pas un régime de terreur. […] Arrêtez de nous taper sur les poumons, arrêtez de nous affamer et arrêtez de gaver les riches. »
Benoît, engagé dans le mouvement des Gilets jaunes depuis ses débuts, fait le lien avec les mobilisations de 2018 et 2019. « Pour essayer d’obtenir des droits, malheureusement, ça a été bafoué par le gouvernement », estime-t-il. Malgré les déceptions, il dit vouloir continuer à se mobiliser et à défendre la solidarité.
Momo, lui aussi Gilet jaune en Loir-et-Cher, affirme être présent avant tout pour soutenir la jeunesse. Il lui conseille toutefois de se méfier de la politisation des mouvements sociaux, qu’il considère comme l’un des facteurs ayant fragilisé le mouvement des Gilets jaunes.

Les lycéennes réclament davantage de moyens pour l’école
La défense de l’éducation figure également parmi les principales revendications. Jade, Salomé et Éden, toutes trois en terminale au lycée Dessaignes à Blois, sont venues faire entendre la voix des lycéens, même pendant les vacances scolaires.
« Nous, on est là pour revendiquer nos droits et pour se faire entendre. Pour défendre les droits des lycéens, même si on est en vacances, et pour montrer qu’on est là », expliquent-elles.
Les trois jeunes filles réclament davantage de moyens pour les lycées et l’Éducation nationale, ainsi qu’une réflexion sur les conditions d’apprentissage. Elles dénoncent le manque d’attention porté, selon elles, aux besoins des élèves et évoquent également Parcoursup.
Thomas, salarié, est lui aussi venu soutenir la mobilisation des jeunes. Il dit avoir été marqué par les images de dégradations et par les difficultés matérielles rapportées dans certains établissements scolaires, notamment des problèmes de bâtiments et des plafonds qui s’effondrent.
« On est là pour suivre le mouvement des lycéens, parce qu’on a tous vu les images dans les lycées, les rats, les plafonds qui s’effondrent », explique-t-il.
L’attentat de Trappes suscite colère et indignation
Les faits survenus à Trappes ont également nourri les échanges au sein du cortège. Plusieurs manifestants ont exprimé leur colère face au racisme et à la place accordée à ces violences dans le débat public.
Marie-José dénonce notamment les propos racistes qu’elle dit avoir lus sur les réseaux sociaux. Elle se dit choquée par les jeux de mots et les commentaires publiés à propos des faits de Trappes.
Maud exprime, elle aussi, une profonde indignation. Elle regrette l’absence, selon elle, d’une mobilisation nationale à la hauteur de la gravité des faits et dénonce ce qu’elle considère comme un attentat raciste. Elle évoque avec émotion la mort d’un homme et la situation critique d’une enfant blessée.
« On n’arrive pas à prendre la mesure de l’incident qui s’est passé », déplore-t-elle, estimant que la société devrait manifester davantage d’empathie face à ces violences. Ses propos traduisent une colère qui dépasse les revendications liées au pouvoir d’achat et à l’éducation, pour toucher à la lutte contre le racisme et à la défense de la dignité humaine.
Le préfet salue le travail des forces de sécurité
Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, a salué le déroulement des rassemblements organisés à Blois et à Vendôme, ainsi que le travail des forces de sécurité.
« Les manifestations organisées ce samedi, à Blois et à Vendôme, se sont déroulées dans le calme, sans dégradation ni débordement. Le préfet de Loir-et-Cher tient à saluer le travail de préparation, de coordination et de mobilisation des forces de sécurité.
À Blois, l’action conjointe de la police nationale, de la gendarmerie nationale et de la police municipale a permis d’assurer la sécurité du rassemblement et de prévenir les risques de troubles à l’ordre public. À Vendôme, la manifestation organisée dans la matinée s’est également déroulée dans le calme », a indiqué le préfet.

Une prochaine mobilisation déjà en discussion
À l’issue du rassemblement, la question des suites du mouvement était déjà au cœur des discussions. Quentin, manifestant, a appelé les participants à s’organiser pour le week-end suivant, en évoquant plusieurs possibilités : rester à Blois, rejoindre Tours ou coordonner les actions sur les réseaux sociaux.
Il a également remercié les musiciens venus accompagner le cortège, soulignant l’énergie et la joie qu’ils avaient apportées à la manifestation.
Reste désormais à savoir quelle forme prendra la prochaine mobilisation et si les manifestants de Blois parviendront à se retrouver à nouveau en nombre. Malgré une participation en baisse samedi, les revendications sociales, éducatives et antiracistes continuent de nourrir le mouvement.
