À Blois, entre 2 500 et 3 000 manifestants dénoncent la vie chère et les conditions d’études

Lycéens, étudiants, Gilets jaunes et citoyens ont défilé samedi 17 octobre dans les rues de Blois. Entre 2 500 et 3 000 personnes ont réclamé de meilleures conditions de vie, davantage de moyens pour l’école et une réponse face à la hausse du coût de la vie.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Le cortège est parti de la place de la République avant de traverser le centre-ville, la rue du Commerce, la rue Denis-Papin et le pont Jacques-Gabriel. Les manifestants ont ensuite rejoint l’avenue Wilson, dans le quartier Vienne, avant de poursuivre vers la plaine de la Bouillie.
La mobilisation a réuni des profils variés : lycéens, étudiants, Gilets jaunes et autres habitants venus dénoncer la hausse des prix, les difficultés du quotidien et les moyens insuffisants accordés à l’éducation.
« La vie se dégrade » : taxes, pouvoir d’achat et conditions d’études au cœur des revendications
Dans le cortège, les revendications se croisent. Florian, Gilet jaune, explique manifester notamment contre la hausse des taxes et du prix des carburants. Il dénonce également les difficultés rencontrées par son petit frère, lycéen, dans son quotidien scolaire.
« Les taxes, quand nous, on a commencé à manifester, c’était à 1,50 euro. Maintenant, c’est 2,25 euros pour le gasoil et ça continue à augmenter. Après, il y a aussi les étudiants. Moi, j’ai un petit frère qui est au lycée. Des fois, il a des journées où il n’a que deux heures de cours, entre 8 heures et 18 heures. Ou alors, il a des journées en continu. »
Alexandre, qui précise n’être ni Gilet jaune ni étudiant aujourd’hui, exprime, lui, un sentiment plus général de dégradation des conditions de vie et de perte de moyens pour répondre aux besoins du quotidien.
« Maintenant, je considère juste que la vie se dégrade, qu’il n’y a plus les moyens qu’il faut pour pouvoir subvenir à nos besoins. Donc je suis là pour manifester, pour représenter ce qu’on a le droit d’avoir, nos droits. »
Il poursuit en dénonçant les choix politiques et les moyens accordés aux services publics : « Et puis, pousser un coup de gueule contre cet État qui mutile des jeunes, qui ferme des classes mais qui ouvre des prisons, qui arme les policiers mais qui empêche l’éducation de s’armer de savoir, de s’armer de ses professeurs. Donc je suis dans la rue avec les jeunes. »
Les lycéens dénoncent des journées à rallonge
Les conditions d’études occupent également une place centrale dans la mobilisation. Une lycéenne décrit des journées particulièrement longues, entre les cours, les trajets et les devoirs, qui laissent peu de temps à la vie familiale et au repos.
« Parce qu’on n’a pas assez de moyens. Les journées de 8 heures à 18 heures, puis les devoirs, c’est insupportable. On ne voit pas nos parents, on a trop de devoirs. Ça fait au moins deux heures de devoirs après 18 heures, du coup on termine à 20 heures. Après, on doit manger, puis aller se coucher, parce qu’on commence à 8 heures. Et on ne se lève pas à 8 heures : on se lève à 6 h 30. Pour certains, c’est 6 heures parce qu’ils prennent le train. Il y en a qui prennent le bus. »
La jeune manifestante dénonce aussi le manque de moyens et les conditions matérielles dans les établissements scolaires, qu’elle juge inadaptées aux besoins des élèves.
« Franchement, on en a marre. On n’a pas assez de moyens, on n’a pas assez d’argent. L’été, on a chaud, l’hiver, on a froid. On n’en peut plus, c’est horrible. On n’a pas les bonnes conditions pour travailler. »
Les étudiants affichent leur soutien aux lycéens
Les étudiants sont également présents dans le cortège pour soutenir les lycéens. Charlie rappelle que les difficultés dénoncées ne concernent pas uniquement l’enseignement secondaire, mais aussi l’enseignement supérieur, notamment en matière de conditions de vie et d’aides financières.
« On est là en soutien total pour les lycéens et aussi pour les étudiants, parce que ce n’est pas que l’Éducation nationale qui est en berne, c’est aussi l’enseignement supérieur. Donc on se bat pour nos droits, pour les APL, pour les bourses, pour les locaux insalubres, pour la jeunesse. »
Tout au long du défilé, les slogans ont exprimé la colère contre le manque de places et de moyens dans le système éducatif : « On veut plus de places au lycée pour ne pas finir policier, on veut plus de place à la fac pour ne pas finir à la BAC, plus de place au primaire pour ne pas finir militaire. »

Les Gilets jaunes, huit ans après

Avant de rejoindre le cortège blésois dans l’après-midi, les Gilets jaunes s’étaient retrouvés au rond-point de la Patte-d’Oie, à Saint-Gervais-la-Forêt, au sud de Blois.

Cette mobilisation du 17 octobre 2026 marquait les huit ans de la naissance du mouvement, dont les premières mobilisations avaient débuté en novembre 2018. Les participants ont célébré cet anniversaire avant de rejoindre les autres manifestants dans les rues de Blois.

Dans le centre-ville, le cortège a emprunté les rues piétonnes, modifiant son itinéraire habituel. Des commerçants sont sortis observer le passage des manifestants. L’un d’eux a commenté : « Nous, on a bien travaillé ce samedi, ils sont calmes, on n’a pas de problème. »

Lycéens, étudiants, Gilets jaunes et autres manifestants défilent dans les rues de Blois, samedi 17 octobre, pour exprimer leurs revendications sur le pouvoir d’achat, les services publics et les conditions d’études. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Les slogans ont continué à résonner dans les rues : « Nous, ce qu’on veut, c’est la grève générale » et « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ».

Après un sit-in accompagné d’un clapping, les manifestants ont poursuivi leur marche sur l’avenue Wilson jusqu’au rond-point du parc des expositions, avant de rejoindre la plaine de la Bouillie.

Tension à la plaine de la Bouillie

À la plaine de la Bouillie, les manifestants ont voulu rejoindre la voie rapide. Les forces de l’ordre leur ont barré le passage à l’aide de véhicules de police et de gendarmerie.

Alors qu’une partie de la foule cherchait à forcer le dispositif pour atteindre la voie rapide, des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour la disperser. Plusieurs manifestants ont contourné le barrage en passant par les champs, afin de rejoindre le pont Charles-de-Gaulle.

Après une quinzaine de minutes de tension, des échanges avec les forces de l’ordre ont permis de faire évoluer la situation. Les manifestants ont finalement pu rejoindre la voie rapide, conformément à leur objectif.

Des gaz lacrymogènes sont utilisés lorsque les forces de l’ordre bloquent l’accès à la voie rapide, samedi 17 octobre . Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Le passage du cortège a perturbé la circulation avant que les participants ne poursuivent leur parcours en direction de l’avenue Maunoury.

Après des tensions et des négociations avec les forces de l’ordre, une partie du cortège parvient à rejoindre la voie rapide, entraînant des perturbations temporaires de la circulation. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Fin de manifestation devant la préfecture

Le défilé s’est achevé vers 18 heures devant les grilles de la préfecture. Malgré cet épisode marqué par l’usage de gaz lacrymogènes, le calme est revenu rapidement. Aucun blessé ni heurt n’a été signalé.