
À Blois, la mémoire contre l’oubli : un hommage aux victimes des crimes racistes et aux Justes de France
- Nawel THABET
- 19 juillet 2026
- Société, Centre Val de Loire, France
Sous un soleil estival, la place de la République à Blois a accueilli ce dimanche 19 juillet la cérémonie nationale en mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et en hommage aux Justes de France. Un moment de recueillement, mais aussi de transmission, alors que les derniers témoins de la Shoah disparaissent et que la vigilance face aux discours de haine demeure plus que jamais d’actualité.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Dans le silence recueilli de la place de la République, les drapeaux se sont inclinés, les gerbes ont été déposées et les regards se sont tournés vers le mémorial des Déportés.
Ce dimanche 19 juillet, élus, représentants de l’État, associations mémorielles, porte-drapeaux et habitants se sont rassemblés à l’occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France. Une cérémonie sobre, mais chargée d’émotion, qui rappelle que le devoir de mémoire demeure un impératif républicain.
La cérémonie s’est ouverte par l’intervention de François Mercier, président de l’Association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation en Loir-et-Cher. Revenant sur les mécanismes de l’antisémitisme d’État instauré par le régime de Vichy dès 1940, il a rappelé comment les premières lois d’exclusion, le recensement des Juifs et le port de l’étoile jaune ont progressivement conduit à l’internement puis à la déportation. Un engrenage administratif et politique qui a précédé l’horreur des camps d’extermination.
Rappeler la responsabilité de l’État français
Le message de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, lu par Naïma Ben Ahmed, directrice de cabinet du préfet de Loir-et-Cher, a replongé l’assistance dans les journées tragiques des 16 et 17 juillet 1942. En quarante-huit heures, plus de 13 000 Juifs furent arrêtés à Paris et en proche banlieue par la police et la gendarmerie françaises avant d’être déportés vers les camps de la mort. Parmi eux, plus de 4 000 enfants qui ne reviendront jamais d’Auschwitz. Un rappel historique poignant qui souligne la responsabilité de l’État français dans cette page sombre de notre histoire.
Les Justes de France, le courage face à la barbarie
Mais cette journée est aussi celle de l’espérance. Celle des Justes de France, ces femmes et ces hommes ordinaires qui, au péril de leur liberté et souvent de leur vie, ont choisi de désobéir pour sauver des Juifs de la persécution. Instituteurs, religieux, agriculteurs, voisins ou policiers, ils ont incarné, dans l’ombre, les valeurs de solidarité et d’humanité que la barbarie voulait anéantir. Leur courage demeure aujourd’hui un exemple pour les générations futures.
Arlette Testyler, une voix de la mémoire saluée à Blois
L’hommage rendu à Arlette Testyler a constitué l’un des moments les plus émouvants de la matinée. Décédée cette année à l’âge de 93 ans, cette ancienne enfant cachée avait consacré sa vie à témoigner auprès des jeunes pour transmettre la mémoire de la Shoah. Son parcours rappelle combien les derniers témoins directs disparaissent progressivement, faisant de la transmission un enjeu essentiel.
Transmettre pour prévenir
Après les dépôts de gerbes, la sonnerie aux morts, la minute de silence et la Marseillaise ont conclu cette cérémonie empreinte de gravité. Plus qu’un hommage aux disparus, cette commémoration s’est voulue un appel à la vigilance. Face à la résurgence des discours de haine, de l’antisémitisme et du racisme, les intervenants ont rappelé que la mémoire ne consiste pas seulement à regarder le passé, mais à éclairer le présent.
À Blois, comme partout en France, cette cérémonie a réaffirmé une conviction simple : la mémoire n’est pas un devoir figé, elle est un engagement quotidien pour défendre les valeurs de la République et transmettre aux plus jeunes l’histoire de celles et ceux qui ont refusé l’indifférence.

