
À Blois, un rassemblement devant la mairie pour défendre les institutions après les violences du week-end
- Nawel THABET
- 19 octobre 2026
- Société
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Deux jours après les dégradations commises contre plusieurs mairies en France, en marge de la manifestation du 17 octobre, des élus, des habitants, le préfet Joseph Zimet et des forces de l’ordre se sont rassemblés lundi 19 octobre à midi devant l’Hôtel de ville de Blois.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
À l’appel de l’Association des maires de France (AMF), ce rassemblement visait à dénoncer les violences contre les bâtiments publics et à rappeler l’importance des institutions locales. Le premier adjoint au maire, Nicolas Orgelet, a appelé à « reconstruire la confiance », tout en réclamant des réponses politiques aux revendications sociales exprimées ces dernières semaines.
L’appel a été suivi à Blois comme dans de nombreuses communes françaises. Lundi 19 octobre, à midi, des habitants et des élus se sont réunis devant l’hôtel de ville, deux jours après les dégradations commises contre plusieurs mairies et bâtiments publics, notamment à Limoges et à Marseille, en marge de la mobilisation du samedi 17 octobre.
À Blois, des dizaines de personnes ont répondu à cet appel national. En l’absence du maire, Nicolas Orgelet, premier adjoint, a pris la parole pour condamner les violences et rappeler le rôle central des mairies dans la vie quotidienne des habitants.
« Une mairie, c’est la maison commune. C’est là qu’on se marie, qu’on s’inscrit, qu’on fait valoir ses droits », a-t-il déclaré.
« Ces violences n’ont rien à voir avec ceux qui manifestent pacifiquement »
Dans son intervention, Nicolas Orgelet a exprimé sa solidarité envers les élus, les agents municipaux, les habitants et les commerçants touchés par les dégradations survenues dans plusieurs villes françaises.
« Quand elle brûle, ce sont les services publics, donc ceux qui en ont le plus besoin, qui sont frappés. Quand un commerce est pillé, c’est le travail et la vie d’une famille qui partent en fumée », a-t-il souligné.
Le premier adjoint a également tenu à distinguer les violences des manifestations pacifiques organisées pour exprimer des revendications sociales.
« Ces violences n’ont rien à voir avec ceux qui manifestent pacifiquement. Elles n’ont pas de revendication, elles n’ont aucune légitimité. Nous les condamnons sans réserve », a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs salué l’action des forces de l’ordre et des services de secours, mobilisés pour protéger les personnes et les biens et rétablir le calme.

À Blois, les violences du week-end ont aussi laissé des traces
La ville de Blois a elle-même été touchée par plusieurs épisodes de tensions durant le week-end. Après une manifestation qui s’était déroulée dans le calme samedi après-midi, des affrontements ont opposé des groupes de jeunes aux forces de l’ordre dans la nuit de samedi à dimanche, puis de nouveaux incidents ont été signalés dans les quartiers nord la nuit suivante.
Le bilan matériel comprend notamment des abribus dégradés, une voiture incendiée et des tirs de mortiers. Dans le quartier de la Quinière, le bureau de poste et un restaurant ont également été dégradés lors de la première nuit.
La Ville a indiqué que ses services étaient mobilisés pour remettre en état les lieux touchés. Elle a également rappelé que la liberté de manifester et d’exprimer des revendications ne devait pas être confondue avec les actes de violence et les dégradations.
« Les revendications méritent des réponses à la hauteur »
Au-delà de la condamnation des violences, Nicolas Orgelet a évoqué les difficultés sociales auxquelles les habitants sont confrontés. Il a notamment cité les effets des canicules sur les conditions d’apprentissage, la hausse du coût de la vie et les fragilités des services publics de l’éducation et de l’action sociale.
Pour le premier adjoint, les revendications exprimées ces dernières semaines — autour du pouvoir d’achat, de l’éducation et des moyens accordés aux services publics — doivent faire l’objet de réponses politiques.
La Ville de Blois appelle ainsi l’État à apporter des réponses adaptées aux demandes initiales, estimant que cette démarche contribuerait à apaiser la situation.
« Faisons corps pour reconstruire la confiance »
En conclusion de son intervention, Nicolas Orgelet a appelé au retour au calme et à l’ouverture d’un dialogue respectueux.
« La priorité, aujourd’hui, c’est le retour à l’ordre et l’ouverture d’un dialogue respectueux, constructif et apaisé, pour que les libertés de chacun et chacune puissent s’exercer », a-t-il déclaré.
Avant de conclure par un appel à l’unité : « Faisons corps pour reconstruire la confiance et porter ensemble notre attachement aux valeurs de liberté, égalité et fraternité. »
