
À Blois, un espace Jean-Goujon inauguré au parc de l’Arrou
- Nawel THABET
- 20 septembre 2026
- Centre Val de Loire
La Ville de Blois a inauguré, vendredi 18 septembre 2026, l’espace Jean-Goujon au parc de l’Arrou, face à la rue Paul-Mahoudeau. Cet ancien combattant de la guerre d’Algérie, grand blessé et figure de la FNACA de Loir-et-Cher, a consacré une grande partie de sa vie au monde combattant et au devoir de mémoire.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Vendredi 18 septembre, la Ville de Blois a rendu hommage à Jean Goujon en inaugurant un nouvel espace qui porte désormais son nom, au parc de l’Arrou, face à la rue Paul-Mahoudeau.
La cérémonie s’est déroulée en présence de Marc Gricourt, maire de Blois, de Johann Elbory, adjoint chargé de la mémoire, de la laïcité et de l’intégration républicaine, de Marcel Callu, premier vice-président de la FNACA de Loir-et-Cher, ainsi que de représentants des associations patriotiques et du monde combattant.
La cérémonie avait également une dimension particulièrement personnelle puisque Jean Goujon avait vécu avec son épouse Jacqueline, au 21 rue Paul-Mahoudeau, face à ce nouvel espace.
Une stèle pour honorer la mémoire de Jean Goujon
Pour rendre hommage à cet ancien combattant, la Ville de Blois, en partenariat avec la FNACA de Loir-et-Cher, a fait tailler une roche destinée à accueillir une stèle à sa mémoire.
Jean Goujon était une figure importante du monde combattant blésois. Ancien de la FNACA, il avait été grièvement blessé pendant la guerre d’Algérie et avait reçu plusieurs distinctions, dont la Médaille militaire, la Croix de la valeur militaire avec palme et, en 2016, le grade d’officier de la Légion d’honneur.
Pour Marc Gricourt, cet espace doit permettre de faire vivre cette mémoire au-delà de la génération des anciens combattants.
« Donner le nom de Jean Goujon à ce lieu […] raconte une histoire », a déclaré le maire de Blois, évoquant à la fois « un ancien combattant, grand blessé de la guerre d’Algérie », mais aussi « un homme, un Blésois, un camarade et une vie consacrée au service des autres ».
Grièvement blessé à 21 ans pendant la guerre d’Algérie
Né le 4 mai 1937 à Molineuf, au hameau de Bury, Jean Goujon a grandi dans une famille d’agriculteurs. Après sa scolarité, il travaille auprès de ses parents avant d’effectuer son service militaire.
Affecté en Algérie comme chauffeur d’une Jeep radio, il est grièvement blessé le 30 décembre 1958 par l’explosion d’un engin piégé placé sur une route.
La FNACA a rappelé, lors de la cérémonie, les circonstances de cette blessure à travers un extrait du décret du 30 mai 1959 portant notamment concession de la Médaille militaire et attribution de la Croix de la valeur militaire avec palme.
Cette blessure marquera durablement sa vie. Mais, comme l’a souligné Marc Gricourt, Jean Goujon n’a « jamais voulu se définir par son handicap ou par ses souffrances ».
De retour en France en 1959, il passe un concours pour accéder aux emplois réservés et devient comptable. Il exercera notamment à la coopérative Franciade jusqu’à sa retraite.
En 1961, il épouse Jacqueline. Le couple fera construire sa maison au 21 rue Paul-Mahoudeau, à Blois.
Un pilier de la FNACA à Blois et en Loir-et-Cher
Après son retour d’Algérie, Jean Goujon s’investit fortement dans le monde combattant et le bénévolat.
Il participe à la création du comité FNACA de Blois à la fin des années 1960 et en devient vice-président. Il prend ensuite la présidence du comité en 1981, fonction qu’il conservera pendant plus de quatre décennies, jusqu’à son décès en octobre 2023.
Lors de la cérémonie, les représentants de la FNACA ont décrit un homme très investi, présent lors des commémorations et disponible pour accompagner les anciens combattants.
« Il était une mémoire vivante », a notamment rappelé Marcel Callu dans son intervention.
Une mémoire vivante de la FNACA de Blois
Marcel Callu a également retracé le parcours de Jean Goujon au sein de la FNACA et son rôle dans le développement du comité blésois.
Selon les archives rappelées lors de la cérémonie, le comité de Blois, créé à la fin des années 1960, comptait déjà 200 adhérents en 1969. Lors de la prise de responsabilité de Jean Goujon en 1981, il dépassait les 300 adhérents.
Sous sa présidence, le comité poursuivra son développement, atteignant 600 adhérents à l’approche de l’an 2000 et jusqu’à 668 adhérents en 2007.
« Jean, malgré son handicap, dont il ne faisait jamais état, a su montrer l’exemple », a souligné Maurice Michan, qui lui a succédé à la présidence du comité FNACA de Blois en octobre 2023.
Il a également évoqué sa « mémoire peu courante », sa patience et son engagement, ainsi que son rôle dans la création et le développement de plusieurs comités FNACA du département.
« Une cérémonie aussi la vôtre », pour Jacqueline Goujon
Dans son discours, Marc Gricourt a également adressé un hommage particulier à Jacqueline Goujon.
« Chère Jacqueline, je veux aussi avoir un mot tout particulier pour vous car cette cérémonie est aussi la vôtre », a déclaré le maire de Blois.
La proximité de la stèle avec l’ancien domicile du couple donne une dimension particulière à cet hommage.
Pour la municipalité, l’espace Jean-Goujon doit ainsi être à la fois un lieu de mémoire et de recueillement, mais également un lieu de transmission destiné aux jeunes générations.
« Mesurer le prix de la paix »
Pour le maire de Blois, le nouvel espace doit également porter un message pour les générations futures.
« Se souvenir de la guerre, ce n’est pas célébrer la guerre. C’est mesurer le prix de la paix », a-t-il déclaré.
Avec cette stèle, le nom de Jean Goujon rejoint ainsi les lieux de mémoire de la ville de Blois.
Un hommage à un ancien combattant de la guerre d’Algérie, mais aussi à un bénévole engagé pendant plusieurs décennies auprès de la FNACA et des associations patriotiques du Loir-et-Cher.
« Grâce à eux, le nom de Jean Goujon restera gravé dans le marbre de notre ville et dans notre mémoire collective », a conclu Marc Gricourt.
