
« Non au permis de tuer » : plus de 150 personnes défilent à Blois contre le projet de loi sur la présomption de légitime défense
- Nawel THABET
- 20 septembre 2026
- Société
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Plus de 150 personnes se sont rassemblées dimanche 20 septembre 2026, place Lorjou à Blois, comme dans plusieurs villes en France, pour protester contre une proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Familles de victimes, syndicats, partis politiques et collectifs militants ont participé à la mobilisation, marquée par un défilé et plusieurs prises de parole.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Ils étaient plus de 150, selon les éléments communiqués par les organisateurs, à se retrouver dimanche 20 septembre 2026, place Lorjou à Blois. À l’appel de plusieurs organisations, les manifestants se sont mobilisés contre une proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense au bénéfice des forces de l’ordre, qualifiée de « permis de tuer » par ses opposants.
Des familles de victimes, des représentants de partis politiques, des syndicats, des collectifs blésois ainsi que des membres du collectif Orléans Riposte antifasciste ont participé au rassemblement.
Le slogan « Pas de justice, pas de paix » a été scandé tout au long de la manifestation. Les participants ont ensuite défilé dans les rues autour de la place Lorjou, à proximité du marché dominical, en scandant les prénoms de personnes tuées lors d’interventions des forces de l’ordre, notamment Adama, Nahel , Angelo et Zineb.
Des pancartes contre la proposition de loi
Le choix de la place Lorjou a été présenté comme volontaire par les organisateurs, qui souhaitent attirer l’attention sur les violences policières et les questions de justice dans les quartiers nord de Blois.
Plusieurs pancartes ont été brandies pendant le rassemblement, parmi lesquelles :
« Non au permis de tuer », « Quand le gouvernement ne contrôle pas la police, c’est la police qui contrôle le gouvernement », « Racisme, xénophobie et compagnie : stratégie pour diviser les peuples », « Ils ont menti sur Nahel », « N’allez pas dans la rue, regardez la télé… obéissez »
Aurélie Garand : « Une vie est une vie »
Aurélie Garand, sœur d’Angelo, a pris la parole au nom du Collectif Justice pour Angelo. Son frère avait été tué par des gendarmes du GIGN en 2017 à Seur, alors qu’il était recherché après ne pas être retourné en détention à l’issue d’une permission.
Même si la procédure judiciaire n’est plus en cours, la famille poursuit son engagement politique.
Dans son intervention, Aurélie Garand revient sur les éléments du dossier et conteste la manière dont les faits ont été établis. Elle dénonce notamment ce qu’elle considère comme une modification de la scène de crime et des contradictions dans les témoignages.
« Nous, la famille, les soutiens d’Angelo et tous ceux qui luttent pour le droit à la vie, on connaît la vérité. On a étudié le dossier. »
Elle poursuit son intervention en évoquant l’application de l’article L435-1 du Code de la sécurité intérieure dans l’affaire de son frère, avant de dénoncer la proposition de loi sur la présomption de légitime défense.
« Une vie est une vie. Et ce type de loi, c’est quoi ? […] Tout ce qu’on demande, c’est un peu de considération et que tout le monde comprenne que nous, nous n’avons plus rien à gagner maintenant. »
Pour Aurélie Garand, le combat des familles dépasse le cas individuel :
« Pourquoi on continue ? Parce que c’est la vie de tout le monde qui nous porte. C’est le combat. Il faut continuer de se battre quoi qu’il arrive. On doit rester ensemble. Pas de justice, pas de paix. »
Anne-Laure Mager : une proposition de loi contestée
Anne-Laure Mager, membre du groupe d’actions de La France insoumise à Blois, a également pris la parole. Elle dénonce une proposition de loi qui, selon elle, affaiblirait le contrôle de la justice sur l’usage des armes par les forces de l’ordre.
Elle affirme que le texte pourrait inverser la charge de la preuve et faire peser sur les familles des victimes la responsabilité de démontrer qu’un tir n’était pas justifié.
Elle rappelle également qu’une pétition contre cette proposition de loi a recueilli plus de 700 000 signatures, avant d’être écartée au début de l’été.
Anne-Laure Mager évoque également la loi de 2017 relative à l’usage des armes par les forces de l’ordre, ainsi que les difficultés rencontrées par les familles pour obtenir justice.
Elle conclut son intervention par un appel à la réforme des forces de l’ordre :
« Il faut réformer les forces de l’ordre de la cave au grenier, pour une police républicaine gardienne de la paix et non de l’ordre. »
Orléans Riposte antifasciste : « Notre droit de manifester ne se négocie pas »
Les membres du collectif Orléans Riposte antifasciste, ont salué la mobilisation blésoise.
Ils dénoncent une proposition de loi qui, selon eux, ferait peser sur les familles des victimes la responsabilité de démontrer qu’un décès n’était pas justifié.
Dans leur discours, ils évoquent également les violences policières, les discriminations et les difficultés rencontrées par certaines populations lors des contrôles et des manifestations.
« Nous devons refuser cette violence, refuser cette impunité et refuser qu’on nous fasse croire que la sécurité passe avant le droit de tuer. Notre liberté ne se négocie pas. Notre droit de manifester ne se négocie pas. »
Ils appellent enfin à poursuivre la mobilisation et annonce la tenue d’un rassemblement à Orléans les 24 et 25 octobre, contre le Rassemblement national.

