
Blois : 110 personnes mobilisées devant la préfecture pour réclamer une loi-cadre contre les violences sexistes et sexuelles
- Nawel THABET
- 4 juillet 2026
- Société, Centre Val de Loire
- #CGT 41, Blois, Collectif droits des femmes 41, collectifs féministes, FSU 41, loi-cadre intégrale, Lyhanna, marche blanche, NousToutes 41, Planning familial 41, Préfecture de Loir-et-Cher, slider, Vicinthe, Violences faites aux enfants, Violences faites aux femmes, violences sexistes et sexuelles
« Un.e enfant n’est jamais consentant.e », « La vérité sort de la bouche des enfants », « Justice pour Lyhanna », « Ceci n’est pas un fait divers », « On vous croit »… Ces slogans, inscrits sur des dizaines de pancartes brandies bien haut, ont donné le ton de la cinquième mobilisation organisée à Blois. Ce samedi 4 juillet, 110 personnes ont répondu à l’appel de la Coordination féministe départementale devant la préfecture de Loir-et-Cher.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Samedi 4 juillet, plus de 110 personnes se sont rassemblées devant la préfecture de Loir-et-Cher, à Blois, à l’appel de plusieurs collectifs féministes. Cette cinquième mobilisation visait à dénoncer les violences sexistes et sexuelles et à réclamer l’adoption d’une loi-cadre intégrale, accompagnée de moyens renforcés pour la prévention, la protection et l’accompagnement des victimes.
Réunissant notamment la CGT 41, le Collectif Droits des Femmes 41, NousToutes 41, la FSU, le Planning familial et Solidaires, les organisateurs souhaitent maintenir la pression sur le Gouvernement afin d’obtenir l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
Sous un soleil de plomb, les prises de parole se sont succédées devant les manifestants, portées par des représentantes du Collectif des droits des femmes 41, de la FSU 41, de Nous Toutes, de la CGT 41 et du Planning familial. Toutes ont insisté sur la nécessité de maintenir la pression sur le gouvernement.
Les représentantes des collectifs féministes et syndicaux se sont succédées au micro devant la préfecture de Loir-et-Cher, ce samedi 4 juillet, pour appeler à l’adoption d’une loi-cadre contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus
“Nous marchons pour Lyhanna, pour Vicinthe et pour toutes les victimes”
Au nom du Collectif Droits des Femmes 41, Marie-Anne Clément a rappelé les raisons de cette mobilisation nationale.
« Aujourd’hui, nous marchons déterminées pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Nous marchons en mémoire de Lyhanna, assassinée alors que le seul mis en cause avait déjà été dénoncé à la justice par plusieurs victimes, dont une enfant victime d’une cinquantaine de viols. »
Elle a également rendu hommage à Vicinthe, assassinée à Suèvres par son ex-conjoint dans la nuit du 11 au 12 juin dernier, ainsi qu’aux deux plaignantes ayant dénoncé le maire de Saint-Aignan-sur-Cher.
« Nous marchons en soutien à toutes les victimes, enfants comme adultes. Nous refusons l’impunité qui protège encore trop souvent les agresseurs. »
“Les violences sont systémiques, il faut changer de paradigme”
Pour Cristelle Béranger, représentante de la FSU 41, les réponses apportées jusqu’à présent restent largement insuffisantes.
« Il est temps de reconnaître le caractère systémique des violences faites aux femmes et aux enfants. Depuis les années 1970, les féministes réclament une véritable politique publique. Les gouvernements successifs n’ont répondu que par des mesures partielles dictées par l’actualité. Aujourd’hui, les citoyens demandent enfin des actes. »
Prévention, protection, justice et réparation
La représentante du Planning familial a insisté sur la nécessité d’une approche globale.
« La prévention et l’éducation, notamment grâce à l’EVARS à l’école, sont fondamentales. Mais il faut également renforcer l’accompagnement des victimes, leur prise en charge physique et psychologique, garantir un parcours judiciaire respectueux, lutter contre la récidive et assurer une véritable réparation. Sans oublier toutes les violences invisibles : au travail, dans la rue, chez le gynécologue ou encore les mutilations sexuelles. L’impunité doit cesser. »
Une loi-cadre élaborée par les associations
Au nom de NousToutes, Anaël Ramos est revenue sur le travail réalisé depuis plusieurs mois.
« Féministes et enfantistes ont élaboré ensemble une véritable loi-cadre intégrale qui prend en compte tous les aspects des violences. Une coalition parlementaire transpartisane l’a déposée à l’Assemblée nationale. Nous demandons désormais son inscription à l’ordre du jour ainsi que les moyens financiers nécessaires à son application, estimés à trois milliards d’euros par an. »
“Nous ne lâcherons pas”
Pour Anna Fernandes, de la CGT 41, la réponse ne peut pas être uniquement répressive.
« Les propositions de l’extrême droite ne protégeront ni les femmes ni les enfants. Castration chimique, perpétuité réelle ou peine de mort ne répondent pas aux besoins des victimes. Ce qu’il faut, c’est une loi-cadre intégrale qui agisse sur la prévention, la protection, la justice et la réparation. Nous marcherons partout en France aussi longtemps qu’il le faudra. Nous ne lâcherons pas. »
Les pancartes portées par les manifestants rappellent l’urgence d’agir contre les violences faites aux femmes et aux enfants et réclament une réponse politique à la hauteur de l’enjeu.Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus
Un appel à participer à la marche blanche en hommage à Vicinthe
À l’issue du rassemblement, les organisateurs ont appelé les participants à se mobiliser une nouvelle fois dès le lendemain, dimanche 5 juillet, pour la marche blanche en hommage à Vicinthe, victime d’un féminicide à Suèvres.
Le rendez-vous est fixé à 14 h 30, avec un départ mail Pierre-Charlot, à proximité du Centre hospitalier de Blois.
Organisée par les associations Espoir de Femmes de Blois et Sisters de Blois, avec le soutien de NousToutes 41, du Planning familial 41 et du Collectif Droits des Femmes 41, cette marche est ouverte à toutes et à tous.
Les participants sont invités à porter un vêtement blanc, symbole de recueillement, de solidarité et d’hommage à Vicinthe, mais aussi à toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles.
