
Campus socialiste à Blois : Glucksmann, Faure, Hollande… la primaire de 2027 au cœur des tensions à gauche
- Nawel Thabet
- 28 août 2026
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Le Campus socialiste 2026 s’est ouvert ce vendredi 28 août à Blois. Des centaines de militants et les principales figures de la gauche sont réunis jusqu’à samedi dans un contexte de préparation de la présidentielle de 2027. Entre la primaire de la gauche, la candidature de Raphaël Glucksmann, les ambitions d’Olivier Faure et les réserves de François Hollande, les débats s’annoncent animés.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Il s’est fait attendre et désirer. À 18 heures, Raphaël Glucksmann a finalement fait son apparition sur le parvis de la Halle aux Grains, à Blois, sous les yeux d’une nuée de journalistes et de plusieurs sympathisants venus à sa rencontre.
Le patron de Place publique était accompagné de deux de ses principaux soutiens, Boris Vallaud et Carole Delga. L’image de Raphaël Glucksmann devant la banderole « Bienvenue au Campus socialiste » n’est pas passée inaperçue.
Une arrivée particulièrement remarquée qui a même conduit Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, à s’inviter de manière impromptue au point presse du candidat déclaré de Place publique.
La primaire de la gauche au centre des discussions
Pour les socialistes, ce Campus 2026 constitue un temps fort de la rentrée politique. Réunis à Blois vendredi 28 et samedi 29 août, les militants doivent notamment débattre de la primaire de la gauche sociale-démocrate, destinée à désigner un candidat pour l’élection présidentielle de 2027.
Une primaire que Raphaël Glucksmann regarde avec attention, alors qu’il apparaît pour l’heure comme l’un des favoris de cette séquence.
Face à lui, Olivier Faure entretient encore le suspense sur sa propre participation.
Olivier Faure : « Il n’y aura pas de sang sur les murs »
À Blois, le premier secrétaire du Parti socialiste veut se montrer rassurant sur le déroulement de la primaire.
Olivier Faure a promis un « débat sérieux, passionné », tout en assurant qu’il n’y aura « pas de sang sur les murs ».
S’invitant dans le point presse de Raphaël Glucksmann, il a assuré vouloir « garantir » que cette primaire soit « un moment démocratique, un moment puissant ».
Quant à sa propre candidature, Olivier Faure reste prudent : « C’est pas encore fait, la primaire est en octobre »
Le premier secrétaire du PS dispose jusqu’au 15 septembre pour se déclarer. Son objectif serait notamment de défendre une ligne fondée sur l’union de la gauche et des écologistes.
Olivier Faure pousse François Hollande à participer
La question de la primaire s’est également invitée dans les échanges autour de François Hollande.
Olivier Faure a appelé l’ancien président de la République à participer au scrutin : « Je souhaite qu’il participe à cette primaire. »
Le premier secrétaire du PS a également rejeté l’idée d’un éventuel retour de François Hollande comme un « recours », estimant qu’on ne pouvait pas fonder ce retour sur l’espoir de l’effondrement de son propre camp.
Mais François Hollande, présent lui aussi à Blois, n’est pas favorable au principe de cette primaire et l’a fait savoir.
François Hollande prend ses distances avec la primaire
L’ancien président de la République s’est montré critique à l’égard de la procédure envisagée par le PS.
« Je n’ai jamais été favorable à cette procédure même en 2011 parce qu’elle suscite plus de divisions que ne propose de rassemblement », a-t-il déclaré.
François Hollande dit comprendre ceux qui souhaitent une primaire, mais ne croit pas que sa place soit dans ce processus.
Une position qui contraste donc directement avec celle d’Olivier Faure.
Hollande et Faure s’opposent aussi sur le budget 2027
Les divergences entre les deux hommes ne concernent pas uniquement la présidentielle.
Quelques heures après qu’Olivier Faure aux cotés de la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale , Cyrielle chatelain, a annoncé que le Parti socialiste censurerait le gouvernement si son projet de budget 2027 ne changeait pas, François Hollande a adopté une position différente.
« Non, on ne peut pas dire mécaniquement que le PS va censurer. Le Parti socialiste décidera », a-t-il déclaré.
L’ancien chef de l’État appelle à tenir compte de la situation financière du pays, qu’il juge particulièrement préoccupante, notamment en raison du niveau des taux d’intérêt.
Selon lui, le prochain budget sera probablement mauvais, mais il estime nécessaire d’engager « une négociation et voir s’il y a des compromis possibles ».
Olivier Faure critique la « surenchère permanente »
Le premier secrétaire du PS s’est également exprimé sur la compétition politique à l’approche de 2027.
Il a ironisé sur les candidats déjà positionnés, des extrêmes au bloc central, estimant qu’ils se livraient à une « surenchère permanente » dans laquelle chacun cherche à « se tirer la bourre ».
Olivier Faure a également dénoncé les « primaires sauvages » à droite et au centre, qu’il juge marquées par une « compétition surréaliste », faute de véritable vote permettant de départager les candidats.
Blois, ville désormais incontournable du Campus socialiste
Au-delà des enjeux nationaux, le Campus socialiste constitue désormais un rendez-vous bien installé dans le paysage blésois.
La présence de milliers de militants et de responsables politiques génère des retombées économiques directes et indirectes pour les commerçants de Blois.
Mais certains acteurs locaux s’interrogent déjà sur l’avenir de l’événement et craignent de voir cette grande rentrée politique socialiste quitter un jour la ville.
Pour cette édition 2026, une chose est en tout cas certaine : Blois est devenue, le temps d’un week-end, l’un des centres de gravité de la gauche française.
