Gaz hilarant : le préfet de Loir-et-Cher durcit les règles face aux dangers du protoxyde d’azote

Le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, a pris jeudi 7 mai un arrêté pour encadrer plus strictement la vente, la détention et l’usage du protoxyde d’azote sur le territoire. L’objectif est de freiner un usage détourné en hausse, notamment chez les jeunes, et de répondre aux risques sanitaires, routiers et de tranquillité publique.

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, a signé ce jeudi un arrêté préfectoral renforçant strictement l’encadrement de la vente, de la détention et de l’usage du protoxyde d’azote sur l’ensemble du département.
Face à la hausse inquiétante de l’utilisation détournée du « gaz hilarant » à des fins récréatives, notamment chez les jeunes, les autorités entendent répondre à un enjeu devenu majeur de santé publique et de sécurité routière.
Une consommation en forte hausse chez les jeunes
Initialement utilisé dans le domaine culinaire ou par certains professionnels, le protoxyde d’azote — plus connu sous le nom de « gaz hilarant » — fait aujourd’hui l’objet d’un usage détourné particulièrement préoccupant.
Son inhalation provoque des effets immédiats tels que des vertiges, une perte de vigilance, des troubles de la coordination ou encore une désorientation. Les autorités sanitaires alertent également sur des risques neurologiques sévères liés à l’inactivation de la vitamine B12, avec des conséquences parfois irréversibles.
Sécurité routière : des accidents mortels liés au gaz hilarant
La préfecture souligne également les dangers liés à la conduite sous protoxyde d’azote. L’altération des réflexes, de l’attention et de l’équilibre augmente fortement le risque d’accidents de la route.
L’actualité récente a mis en lumière plusieurs drames :
à Alès, en décembre 2025, où trois jeunes ont perdu la vie ;
à Sainte-Aulde, en mars 2026, où une collision frontale a fait trois morts.
Selon les chiffres rappelés par la préfecture, la mortalité routière a progressé de 2,1 % en 2025, atteignant 3 513 décès.
Ce que prévoit le nouvel arrêté préfectoral
Le nouvel arrêté signé par le préfet de Loir-et-Cher instaure plusieurs restrictions :
interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers, sauf pour les capsules de 8,6 grammes destinées aux siphons culinaires ;
limitation à 10 capsules maximum par transaction pour les personnes majeures ;
vente des grands contenants réservée exclusivement aux professionnels ;
interdiction de détention de protoxyde d’azote sur la voie publique ;
interdiction de consommation dans l’espace public ;
interdiction d’abandon des cartouches et contenants sur la voie publique.
Ces mesures permettront notamment aux forces de l’ordre de saisir les produits lors des contrôles et de sanctionner les infractions.
« Un phénomène loin d’être anodin »
À travers cet arrêté, la préfecture souhaite renforcer la prévention contre les comportements à risque, protéger la santé publique et limiter les nuisances dans l’espace public.
Le préfet rappelle  que le détournement du protoxyde d’azote à des fins récréatives représente un danger réel, loin de l’image parfois banalisée du « gaz hilarant ». Il appelle enfin chacun à la responsabilité face à un phénomène qui touche désormais plusieurs publics, dont les plus jeunes.