Blois : des habitants et des jeunes des quartiers demandent un débat public sur Michel Bégon et l’héritage de l’esclavage

À l’issue de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage organisée ce vendredi 22 mai sur le parvis Jean-Jaurès à Blois, une délégation du collectif des habitants des quartiers de Blois a été reçue à la Préfecture par Naïma Ben Ahmed, directrice de cabinet, et Yoseph Goasdoue, délégué du préfet pour les quartiers  de la ville du Loir-et-Cher.

Par Nawel Thabet / Medianawplus 

Dans les salons de la Préfecture, un collectif d’associations, de jeunes des quartiers et de figures blésoises a porté une parole citoyenne autour d’un sujet sensible : la place de Michel Bégon dans l’espace public blésois. Cette rencontre citoyenne, s’inscrivait dans le prolongement direct de la journée nationale en hommage aux victimes de la traite négrière et de l’esclavage colonial.
Une question au cœur des échanges : Michel Bégon et le Code noir
Au centre des discussions : la figure emblématique de la Ville. Natif de Blois, Michel Bégon est présenté par le collectif comme co-rédacteur du Code noir de 1685, texte ayant légalisé l’esclavage dans les colonies françaises, et propriétaire d’esclaves en Martinique.
Aujourd’hui encore, plusieurs rues et bâtiments de la ville portent son nom, sans contextualisation historique particulière.
Pour les membres du collectif, cette mémoire mérite désormais un débat public ouvert et apaisé.
« Les jeunes ne demandent pas à réécrire l’histoire »
Durant cette rencontre, plusieurs jeunes des quartiers de Blois ont pris la parole pour exprimer leur ressenti face à cette histoire longtemps méconnue.
Selon le collectif, leurs interventions ont constitué l’un des moments forts de l’après-midi.
« Ils ne demandent pas à réécrire l’histoire. Ils demandent qu’on la leur raconte entièrement », ont souligné les membres du collectif des habitants des quartiers de Blois.
Les échanges se sont déroulés dans un climat qualifié de « calme, digne et sincère », avec la volonté commune d’ouvrir un dialogue sur les questions de mémoire, d’histoire coloniale et de transmission.
Une pétition citoyenne remise à la Préfecture
À l’issue de la rencontre, une pétition citoyenne initiée par Veralin Moumboulo a été officiellement remise aux représentants de l’État.
Signée par des habitants de Blois et de l’agglomération, elle demande l’organisation d’un débat public dans les quartiers autour de la présence du nom de Michel Bégon dans l’espace public.
Le collectif souhaite que ce débat associe habitants, jeunes, historiens et élus locaux.
Plusieurs élus présents à la rencontre
Plusieurs élus de la ville de Blois étaient présents, ont également participé à cette réunion, parmi lesquels Johann Elbory, maire adjoint à la mémoire, à la laïcité et à l’intégration républicaine, Amandine Lebrat, maire adjointe à la démocratie participative, à la politique de la ville, à la jeunesse et à la vie étudiante, Corinne Kibongui-Saminou-Oumba, maire adjointe à l’égalité femmes-hommes, aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations, ainsi que Malik Boufatah, maire adjoint à la vie associative.
La rencontre a également été marquée par la présence de Bariko Eprhem, figure connue des quartiers blésois, venu soutenir cette démarche citoyenne.
« Blois mérite ce débat »
Dans leur communiqué, les membres du collectif remercient la Préfecture et la Ville de Blois pour avoir ouvert cet espace de dialogue à l’occasion de la commémoration.
Mais ils appellent désormais les institutions à « franchir une nouvelle étape » en organisant un véritable débat citoyen sur la mémoire coloniale et l’histoire de Michel Bégon dans l’espace public blésois.
Pour le collectif, cette réflexion dépasse la simple question des noms de rues : elle touche à la transmission de l’histoire, à la reconnaissance des mémoires et à la place des jeunes générations dans le débat public.