Campus socialiste à Blois : François Hollande prend ses distances, ses affiches de 2017 réapparaissent dans le centre-ville

Présent à Blois à l’occasion du Campus socialiste, François Hollande a choisi de ne pas se rendre à la Halle aux Grains, où se tient l’université d’été du Parti socialiste. Après un passage à l’Hôtel de Ville auprès du maire Marc Gricourt, l’ancien président s’est rendu dans le centre-ville pour une table ronde. Pendant ce temps, ses sympathisants déployaient des affiches présentant son bilan de 2012 à 2017, qu’ils assument comme des affiches de pré-campagne pour 2027.

Par Nawel Thabet / Medianawplus 

François Hollande n’a pas souhaité se rendre à la Halle aux Grains, où se tient ce vendredi 28 et samedi 29 août le Campus socialiste du Parti socialiste.
L’ancien président de la République a préféré commencer sa visite à Blois par un passage à l’Hôtel de Ville, où il a été reçu par le maire, Marc Gricourt.
Il s’est ensuite dirigé vers le centre-ville pour participer à une table ronde, alors que, quelques centaines de mètres plus loin, le Campus socialiste réunissait les principales figures du PS et de la gauche en vue de la présidentielle de 2027.
Un choix qui illustre la distance prise par François Hollande avec la direction actuelle du Parti socialiste, alors même que son nom circule de nouveau dans les discussions autour de la présidentielle.
Des affiches de François Hollande qui intriguent
Pendant que l’ancien chef de l’État participait à sa table ronde, plusieurs de ses sympathisants étaient à l’extérieur en train de déballer des affiches à son effigie.
Interrogé sur la présence de ces affiches, François Hollande explique qu’il s’agit des affiches de 2017, destinées à remettre en perspective son bilan à l’Élysée entre 2012 et 2017.
Sur ces affiches, plusieurs slogans mettent en avant son action passée :
« Lui président a fait réduire le déficit public », « Lui président, la France a fait avancer la planète »,
ou encore « Lui président, la France pèse à l’international ».
Mais ses sympathisants donnent une autre lecture de cette opération. Ils assument la dimension de pré-campagne et présentent ces affiches comme celles d’un candidat potentiel à la prochaine présidentielle de 2027.
Pour l’heure, François Hollande ne s’est toutefois pas déclaré candidat. Il préfère attendre la fin de l’année.
Faure pousse Hollande à participer, Hollande refuse
La question de la primaire de la gauche a également été au cœur des échanges autour de l’ancien président.
Depuis le Campus socialiste, Olivier Faure a appelé François Hollande à participer au scrutin.
« Je souhaite qu’il participe à cette primaire », a déclaré le premier secrétaire du PS.
Olivier Faure a également rejeté l’idée que François Hollande puisse revenir comme un simple « recours ». Selon lui, son retour ne pourrait pas être fondé sur l’espoir de voir s’effondrer son propre camp.
François Hollande, qui se trouvait à Blois mais n’a pas rejoint le Campus de la Halle aux Grains, a de son côté réaffirmé son opposition au principe d’une primaire.
« Je n’ai jamais été favorable à cette procédure, même en 2011, parce qu’elle suscite plus de divisions qu’elle ne propose de rassemblement », a-t-il déclaré.
L’ancien président dit comprendre celles et ceux qui souhaitent organiser une primaire, mais estime que « sa place » n’est pas dans ce processus.
François Hollande mise sur un « moment de vérité » en décembre
Plutôt qu’une primaire, François Hollande appelle à attendre un « moment de vérité » en décembre.
Son idée : parvenir à construire une « union sacrée des démocrates », qui dépasserait les frontières traditionnelles des partis politiques.
Une position qui le place en décalage avec Olivier Faure, qui défend au contraire le principe d’une primaire pour départager les candidats et construire une candidature commune à gauche.
Faure et Hollande divisés aussi sur le budget 2027
Les divergences entre les deux hommes ne concernent pas uniquement la présidentielle.
Quelques heures après qu’Olivier Faure, aux côtés de Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, a annoncé que les socialistes censureraient le gouvernement si son projet de budget 2027 ne changeait pas, François Hollande a adopté une position différente.
« Non, on ne peut pas dire mécaniquement que le PS va censurer. Le Parti socialiste décidera », a-t-il déclaré.
L’ancien président estime que la situation financière du pays est particulièrement préoccupante, notamment en raison du niveau des taux d’intérêt.
Selon lui, le prochain budget sera probablement mauvais, mais il considère qu’il faut avant tout engager « une négociation et voir s’il y a des compromis possibles ».
Deux lignes qui se confrontent à Blois
En quelques heures, le Campus socialiste de Blois aura donc mis en lumière deux visions différentes de la gauche et de son avenir.
D’un côté, Olivier Faure défend une primaire et une stratégie d’union de la gauche et des écologistes. De l’autre, François Hollande refuse de s’inscrire dans cette primaire et appelle à dépasser les appareils politiques pour construire une alliance plus large.
Et tandis que l’ancien président affirme ne pas être candidat, ses soutiens, eux, continuent de faire vivre son bilan et d’entretenir le mystère autour d’une éventuelle candidature en 2027.
À Blois, les premiers signes de campagne présidentielle sont déjà bien visibles.