« C’est très compliqué pour les agents de vivre avec moins de 1 600 € par mois » : les salariés de la CPAM41 interpellent le directeur général Thomas Fatôme

Ce mercredi 8 juillet, à Blois, des agents de la CPAM de Loir-et-Cher se sont rassemblés devant leur caisse pour interpeller le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, en visite sur site. À travers une prise de parole très directe et une « boîte à revendications », ils dénoncent salaires stagnants, suppression de postes, pannes informatiques à répétition et dégradation du dialogue social, avec un message clair : « Sans nous, pas de Sécurité sociale ».

Par Nawel Thabet / Medianawplus

Sous un soleil de plomb et en pleine vigilance orange canicule, les militants et agents de la CPAM 41,  CSE CGT41, se sont regroupés sur l’esplanade devant l’entrée de la caisse primaire d’assurance maladie de Loir-et-Cher, CPAM41, à Blois. Profitant de la venue du directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, ils ont tenu à faire entendre leurs difficultés du quotidien et leur colère, affichée en toutes lettres sur une grande banderole : « Assez, ça suffit ! Colère, pas en silence ! ».

Une série de pancartes tapissait le mur de la CPAM41 : dénonciation du « manque de moyens », des « pannes informatiques », d’un « logiciel instable », demande de « valeur du point à 10 € », revendication de « salaires dignes » et d’une « classification » qui reconnaisse leurs compétences. Autant de mots d’ordre résumant le malaise d’agents qui se disent épuisés par le « toujours plus avec toujours moins ».

« Les agents demandent des actes »
Prenant la parole devant les manifestants, en s’adressant au directeur général, Noémie Alexandre, élue CSE CGT41 de la CPAM41 (CGT) et secrétaire de l’Union locale CGT de Blois, a dressé un constat particulièrement sévère.
« Votre présence aujourd’hui ne peut pas se résumer à une visite institutionnelle ou à une opération de communication. Nous souhaitons vous faire entendre ce que les indicateurs ne montrent pas : la réalité du travail des femmes et des hommes qui font vivre chaque jour l’Assurance maladie. »
Selon la représentante syndicale, les agents font face depuis plusieurs années à une accumulation de difficultés : suppressions de postes, départs non remplacés, réorganisations successives, nouvelles missions, objectifs toujours plus élevés et moyens toujours plus réduits.
Elle a également dénoncé les dysfonctionnements informatiques qui compliquent quotidiennement le travail des agents et alimentent le mécontentement des assurés.

« Vivre avec moins de 1 600 € devient très compliqué »

En marge de cette prise de parole, Noémie Alexandre et Marjolaine Boine ont détaillé leurs revendications. « Cela fait des années que la valeur du point n’a pas augmenté. Tout le monde sait que l’inflation est passée par là. Vivre avec plusieurs années d’ancienneté et moins de 1 500 à 1 600 euros nets par mois, ça devient très compliqué pour les agents. », confie Noémie Alexandre.
Elle évoque également les réductions d’effectifs annoncées, « il faut savoir que 1 700 postes doivent être supprimés dans les CPAM en France. On manque déjà de moyens dans les services. Les outils informatiques ne fonctionnent plus correctement et les pannes se succèdent tous les jours. »

Noémie Alexandre et Marjolaine Boine, élues CSE CGT de la CPAM41, ont porté les revendications des agents devant le directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, ce mercredi 8 juillet 2026. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

« Les premiers pénalisés sont les assurés »
À ses côtés, Marjolaine Boine, élue CSE CGT 41, à la  CPAM41, rappelle que les difficultés rencontrées par les salariés ont des conséquences directes sur les usagers, « cela a un impact direct sur les assurés, les professionnels de santé et les entreprises. », rappelle l’ agent d’accueil, qui décrit son quotidien.
« Tous les jours, je suis confrontée à ces problèmes. Les assurés attendent leurs remboursements, rencontrent des difficultés dans leurs démarches et, avec les pannes informatiques, nous ne pouvons pas toujours leur apporter les réponses attendues. »
Pour elle, la visite de Thomas Fatôme devait être l’occasion d’alerter la direction nationale. « Nous souhaitons attirer son attention sur des salaires qui n’évoluent plus et des conditions de travail qui se dégradent de jour en jour. »
Une boîte à revendications remise au directeur général
Tout au long du rassemblement, les militants ont invité les agents à déposer leurs revendications dans une boîte à revendications, destinée à être remise au directeur général lors d’une rencontre organisée en fin d’après-midi.

Les militants de la CGT rédigent leurs revendications avant de les déposer dans une boîte destinée à être remise au directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, lors de sa visite à la CPAM41, ce mercredi 8 juillet. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

Dans son intervention, Noémie Alexandre a également appelé à une revalorisation de la valeur du point, au remplacement des départs, à des effectifs adaptés aux missions, à un véritable dialogue social et à des conditions de travail dignes.
Elle a conclu en rappelant l’attachement des salariés à leur mission de service public.

« Assez, ça suffit ! » : les militants de la CGT ont affiché leurs revendications devant la CPAM41 avant de remettre une boîte à revendications au directeur général Thomas Fatôme. Crédit photo Nawel Thabet / Medianawplus

« Les agents ne demandent ni compassion ni compliments. Ils demandent des actes. La Sécurité sociale ne tient pas grâce aux indicateurs de performance. Elle tient grâce aux femmes et aux hommes qui accueillent, accompagnent, conseillent et protègent chaque jour les assurés. »