
Hantavirus Andes : Santé publique France alerte médecins et pharmaciens après un cas importé lié au navire MV Hondius
- Nawel THABET
- 11 mai 2026
- France, Santé
Syndrome respiratoire grave, quarantaine et surveillance renforcée, les autorités sanitaires mobilisées après la confirmation d’un cas importé en France suite à une épidémie sur un bateau de croisière MV Hondius dans l’Atlantique sud. Cinq ressortissants français rapatriés dimanche 10 mai ont été placés sous surveillance, dont un hospitalisé en isolement avec diagnostic PCR positif.
Les quatre autres, asymptomatiques, sont en quarantaine hospitalière, leurs premiers tests étant négatifs.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Dans un courrier adressé aux professionnels de santé, ce lundi 11 mai, médecins et pharmaciens, la Direction générale de Santé publique France appelle à la vigilance après l’identification en France d’un premier cas importé d’infection au hantavirus Andes (ANDV), survenu à la suite d’un foyer épidémique détecté à bord du navire de croisière MV Hondius dans l’Atlantique sud.
Le foyer infectieux, signalé le 2 mai, concerne plusieurs formes graves de syndromes infectieux respiratoires ayant entraîné des décès parmi les passagers du bateau battant pavillon néerlandais. Au total, 147 passagers de 23 nationalités se trouvaient à bord.
Les analyses biologiques ont confirmé la présence du hantavirus Andes, une souche rare endémique d’Amérique du Sud connue pour être le seul hantavirus capable de transmission interhumaine lors de contacts étroits et prolongés.
Un cas confirmé hospitalisé en France
Parmi les cinq ressortissants français présents sur le navire, rapatriés le 10 mai, une personne a développé des symptômes durant le vol retour. Les tests PCR réalisés se sont révélés positifs. Le patient est actuellement hospitalisé en isolement dans un établissement de référence REB (Risque Épidémique et Biologique).
Les quatre autres passagers français, asymptomatiques, ont été placés en quarantaine hospitalière préventive. Les premiers résultats PCR sont négatifs, mais une surveillance médicale renforcée reste maintenue jusqu’à 42 jours, correspondant à la durée maximale d’incubation connue de la maladie.
Contact tracing international et surveillance active
Santé publique France, en lien avec les Agences régionales de santé (ARS), a engagé d’importantes opérations de contact tracing sur plusieurs vols internationaux considérés à risque.
Deux trajets aériens sont particulièrement concernés :
un vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg le 25 avril ;
un vol entre Johannesburg et Amsterdam.
Au total, 22 personnes contacts ont été identifiées, dont plusieurs ressortissants français. Les cas contacts à haut risque font l’objet d’une surveillance active et d’une quarantaine stricte sous contrôle des autorités sanitaires.
Médecins et pharmaciens appelés à la vigilance
Dans son message adressé aux professionnels de santé, Santé publique France précise qu’aucune circulation communautaire du virus n’est actuellement identifiée sur le territoire national.
L’OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) considèrent à ce stade que : le risque est faible pour la population générale ;le risque est modéré pour les passagers exposés à bord du MV Hondius.
Les autorités sanitaires demandent néanmoins aux médecins et pharmaciens d’être particulièrement attentifs aux patients présentant : une exposition connue à un cas confirmé ou probable ; des symptômes pseudo-grippaux, digestifs ou respiratoires dans les six semaines suivant l’exposition.
Que faire en cas de symptômes ?
Les médecins et pharmaciens doivent rester vigilants. En cas de fièvre, symptômes grippaux, troubles digestifs ou respiratoires dans les 6 semaines suivant un contact avec un cas suspect,
En cas de suspicion, les professionnels sont invités à contacter immédiatement le SAMU-Centre 15 ainsi que l’ARS compétente.
Santé publique France recommande également :
l’isolement immédiat du patient ;
le port d’un masque FFP2 ;
l’anticipation de stocks de masques FFP2 dans les cabinets médicaux et officines.
Qu’est-ce que le hantavirus Andes ?
Le hantavirus Andes appartient à la famille des Hantaviridae. Il provoque des syndromes cardio-pulmonaires sévères pouvant évoluer vers une détresse respiratoire aiguë ou une atteinte rénale grave.
Le hantavirus Andes, transmis par des rongeurs en Amérique du Sud, débute généralement après une incubation de une à six semaines par :
de la fièvre ; des courbatures ; une fatigue intense ; des symptômes respiratoires ou digestifs.
Le diagnostic repose sur des tests RT-PCR ou des analyses sérologiques.
À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre cette infection. La prévention repose essentiellement sur la limitation des contacts à risque et la rupture des chaînes de transmission.
