
« Vous êtes les acteurs de l’avenir » : à Blois, le devoir de mémoire transmis à la jeunesse lors des commémorations du 8 Mai 1945
- Nawel Thabet
- 8 mai 2026
- Centre Val de Loire
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Sous un ciel chargé d’émotion, Blois a commémoré ce vendredi 8 mai le 81e anniversaire de la Victoire de 1945. Une cérémonie marquée par un message fort : transmettre aux jeunes générations la mémoire de la Résistance, de la Déportation et des combats pour la liberté afin de préserver la démocratie face aux menaces contemporaines.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
À l’occasion du 81e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, la place de la République à Blois a accueilli une cérémonie empreinte de solennité, mais résolument tournée vers l’avenir. Autorités civiles et militaires, porte-drapeaux, élèves et associations patriotiques se sont réunis pour honorer les combattants, résistants et victimes de la Seconde Guerre mondiale, tout en affirmant une priorité : transmettre cette mémoire aux jeunes générations. La cérémonie organisée place de la République a pris une dimension particulière avec la présence exceptionnelle d’une délégation du SNLE Le Terrible dans le cadre des célébrations des 400 ans de la Marine nationale.
« La défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit »
Dans le message officiel lu par le préfet de Loir-et-Cher, Joseph Zimet, au nom de la ministre des Armées et des Anciens combattants, les mots ont rappelé la portée historique et morale du 8 mai 1945.
« Après des années d’épreuves, d’horreurs et de combats, l’Europe était libérée de l’emprise totalitaire et génocidaire nazie. »

Le discours a insisté sur le courage de celles et ceux qui refusèrent la résignation :
« Ceux qui continuèrent de croire à la France n’étaient pas des surhommes (…) mais des femmes et des hommes unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder. »
En citant l’historien résistant Marc Bloch, le texte rappelle aussi une phrase marquante :
« Avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit. »
La jeunesse au cœur du devoir de mémoire
À travers les différentes prises de parole, la transmission aux jeunes est apparue comme l’enjeu central de cette commémoration.
Le maire de Blois, Marc Gricourt, a directement interpellé les nouvelles générations :
« Vous êtes les héritiers de cette histoire, mais surtout les acteurs de l’avenir. Portez cette mémoire non comme un fardeau mais comme une lumière qui éclaire vos choix et guide vos engagements. »

Le maire a salué le travail des enseignants, des associations et des établissements scolaires engagés dans la transmission de l’histoire de la Résistance et de la Déportation.
Une attention particulière a été portée aux élèves récompensés dans le cadre du Concours national de la Résistance et de la Déportation, consacré cette année à « la fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi ».
Pierre Sudreau, Simone Veil, Brossolette : des figures pour éclairer l’avenir
Les discours ont multiplié les références aux grandes figures de la Résistance et de la mémoire française.
Pierre Sudreau, ancien déporté devenu maire de Blois, a été particulièrement mis à l’honneur pour son engagement auprès des jeunes. Son témoignage devant des collégiens blésois en 1976 a été rappelé :
« Je vais essayer de vous faire pénétrer dans un monde à part, un monde fou (…) l’univers concentrationnaire. »
Le message ministériel a également évoqué Simone Veil, présentée comme une figure de paix et de réconciliation européenne après les horreurs de la guerre.
Enfin, Pierre Brossolette a offert l’une des citations les plus marquantes de la cérémonie :
« Ce que demandent nos morts, ce n’est pas de les plaindre, mais de les continuer. »
« Beaucoup de similitudes avec les années 30 »
Au-delà du souvenir historique, les discours ont aussi pris une dimension résolument actuelle.
Marc Gricourt a alerté sur les fragilités démocratiques contemporaines :
« Beaucoup de tristes similitudes avec les années 30 nous obligent à agir pour préserver la démocratie face aux extrémismes, aux replis identitaires et aux discours de haine. »
Le maire a insisté sur la nécessité de défendre chaque jour les valeurs républicaines :
« Ces valeurs ne sont jamais acquises. Elles doivent être défendues quotidiennement par l’engagement de chacune et chacun d’entre nous. »
La Marine nationale et le lien Armée-Nation mis à l’honneur
Cette cérémonie 2026 s’inscrivait également dans les célébrations nationales des 400 ans de la Marine. Le message ministériel a rendu hommage aux marins engagés dans la Libération, notamment les commandos Kieffer, les sous-mariniers du Casabianca ou encore l’amiral Muselier.
À Blois, la présence du SNLE Le Terrible a symbolisé ce lien entre mémoire historique, Défense nationale et transmission aux jeunes générations.
Dépôts de gerbes, minute de silence, Marseillaise et remise de distinctions ont rythmé la matinée, avant une mise à l’honneur des élèves engagés dans le travail de mémoire.
La cérémonie s’est conclue par un hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, le ravivage de la flamme par le Général Beyer accompagné par une collégienne et la remise des prix du concours scolaire sur la Résistance et la Déportation.

