Incendies en Loir-et-Cher : 38 habitations sauvées, les agriculteurs accompagnés et les feux d’artifice annulés

Après une journée hors norme marquée par près de 400 hectares partis en fumée, le préfet de Loir-et-Cher salue l’engagement des secours et annonce plusieurs mesures pour faire face à un risque d’incendie désormais appelé à durer.
Par Nawel Thabet / Medianawplus
Près de 400 hectares ravagés, 350 sapeurs-pompiers mobilisés, deux hélicoptères bombardiers d’eau, un Dash, 38 habitations sauvées, une école et une entreprise préservées. Le bilan présenté mercredi 9 juillet à Selles-sur-Cher illustre l’ampleur des incendies qui ont frappé simultanément Fresnes, Soings-en-Sologne/Chémery et Châtillon-sur-Cher.
Face aux flammes, les secours ont réussi à empêcher une catastrophe plus importante, même si six sapeurs-pompiers et un gendarme ont été légèrement blessés.
« Nous avons réussi à préserver 38 habitations, une école et une industrie. Le secteur de Châtillon-sur-Cher reste le plus complexe avec 160 sapeurs-pompiers engagés. C’est le défi que nous continuons de relever », a expliqué le colonel Mohamed Kharraz, directeur du SDIS41.
« Cette crise, c’est aujourd’hui »
Autour du préfet Joseph Zimet étaient réunis le sous-préfet de Romorantin-Lanthenay, la maire de Selles-sur-Cher, les responsables du SDIS41, de la gendarmerie, ainsi que les services de l’État.
Le représentant de l’État n’a pas caché son émotion face à cette journée exceptionnelle.
« Cette crise nous a projetés dans ce qui nous attend non pas demain, mais aujourd’hui. J’ai moi-même été surpris. »
Si les trois principaux foyers sont désormais maîtrisés, les autorités restent particulièrement vigilantes en raison des fortes chaleurs et des nombreux départs de feu qui continuent d’être signalés.
Les agriculteurs seront accompagnés
Au-delà du bilan humain et matériel, Joseph Zimet a annoncé un accompagnement spécifique des exploitants agricoles touchés.
Les services de l’État vont rapidement réunir les organisations professionnelles afin d’examiner les dispositifs d’indemnisation et les solutions de remboursement pouvant être mobilisés pour les agriculteurs ayant perdu des récoltes ou subi des dégâts.
Une réponse attendue par un monde agricole particulièrement éprouvé après plusieurs centaines d’hectares de cultures détruits.
Les feux d’artifice annulés pour préserver les sapeurs-pompiers
Conséquence directe de cette situation exceptionnelle, le préfet a décidé d’interdire les feux d’artifice dans tout le département à l’approche du 14 juillet.
Une décision prise autant pour limiter les risques que pour préserver les effectifs déjà fortement sollicités.
« On ne peut pas demander aux sapeurs-pompiers de faire des efforts et, de l’autre côté, les exposer à des risques d’incendie. Il faut que les Loir-et-Chériens comprennent cette décision d’annulation. »
Joseph Zimet a d’ailleurs tenu à saluer les nombreuses communes qui avaient déjà choisi de renoncer volontairement à leur spectacle pyrotechnique.
Une mobilisation exceptionnelle
Au plus fort de la crise, près de 350 sapeurs-pompiers, dont 150 renforts venus de plusieurs départements, ont été engagés.
Deux hélicoptères bombardiers d’eau Condor ont réalisé 130 largages, épaulés par un avion Dash.
Les forces de gendarmerie, les associations de sécurité civile, les collectivités et les agriculteurs ont également participé à cette mobilisation. À Selles-sur-Cher, le foyer rural a accueilli les habitants évacués tandis qu’à Châtillon-sur-Cher, un viticulteur a mis son exploitation à disposition pour installer le poste de commandement des secours.
Une enquête en cours
Concernant l’origine des incendies, aucune piste n’est privilégiée à ce stade.
« Aucune confirmation ne permet aujourd’hui d’établir un acte de malveillance », a indiqué le préfet.
Une enquête a été ouverte sous l’autorité du procureur afin de déterminer les causes exactes des différents départs de feu.